Emprunt obligataire de 2 500 milliards GNF : « Les fonds levés iront à des projets précis déjà identifiés », précise la ministre de l’Économie
CONAKRY– Le gouvernement guinéen a lancé un emprunt obligataire d’un montant de 2 500 milliards de francs guinéens (GNF) rémunéré au taux de 11 % sur cinq ans. Suite à ce coup d’envoi par appel public à l’épargne, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a réuni ce mercredi 7 octobre 2026 les dirigeants des banques, des compagnies d’assurances et des investisseurs institutionnels. Objectif, sceller un partenariat stratégique pour la souscription de cette opération.
Cette démarche s’inscrit dans la vision portée par le gouvernement pour transformer le potentiel économique national et soutenir le programme de développement socio-économique Simandou 2040.
Mariama Ciré Sylla : « Financer notre développement par nos ressources locales »
Devant les décideurs du secteur financier, la cheffe du département de l’Économie, des Finances et du Budget a rappelé le rôle central que doivent jouer les institutions locales dans le financement des projets structurants.

« Les banques et compagnies d’assurance ne sont pas de simples intermédiaires financiers, mais des partenaires stratégiques de la transformation de la Guinée », a déclaré Mariama Ciré Sylla. « Les 2 500 milliards de GNF que nous levons iront à des projets précis, déjà identifiés dans la loi de finances, notamment dans les secteurs de l’énergie, des routes, des écoles et des centres de santé. Nous avons choisi de les financer en monnaie nationale parce qu’il s’agit d’une ressource sûre et que les intérêts générés resteront dans notre économie », a-t-elle ajouté.
S’exprimant sur la garantie des investissements, la ministre s’est voulue rassurante : « Depuis la première émission de titres d’État, chaque échéance a été honorée à la date prévue, sans aucun incident. Les remboursements et le paiement des intérêts constituent des dépenses obligatoires inscrites en priorité dans la loi de finances. De plus, les titres sont totalement exonérés d’impôts et de taxes », a précisé Mariama Ciré Sylla.

Le secteur bancaire confirme la sur-souscription et salue la signature de l’État
Au nom de la profession, Diawadou Bah, directeur général d’Ecobank et président de l’Association Professionnelle des Banques (APB), a souligné la solidité financière croissante du secteur financier guinéen.
« Entre fin 2021 et août 2024, le total bilan des banques est passé de 4,2 milliards à 14,2 milliards de dollars, avec une hausse des ressources clientèle qui atteignent 10,2 milliards de dollars. Les fonds alloués à l’État pour soutenir ses titres publics s’élèvent déjà à 3,6 milliards de dollars », a expliqué le président de l’APB, avant de préciser que « la souscription des 2 500 milliards GNF sera atteinte sans difficulté et sera probablement sursouscrite ».

Pour Diawadou Bah, le défi futur sera d’élargir l’assiette en sensibilisant davantage « les ménages et les particuliers pour diversifier leur épargne vers ces titres crédibles ».
Abondant dans le même sens, Guy Laurent Fondjo, administrateur directeur général d’Afriland First Bank Guinée et coordinateur de l’opération, a rappelé la maturité du marché financier local :
« En 2015, nous étions sur des demandes de 500 milliards GNF. L’année dernière, l’objectif de 1 500 milliards a été dépassé pour atteindre 1 800 milliards. Aujourd’hui, les 2 500 milliards sont déjà acquis et nous réfléchissons à la manière de doubler ce montant. Comparé aux 88 000 milliards GNF de dépôts bancaires, ce montant reste modeste. Cela montre que la dynamique de financement domestique est en marche et que la confiance dans la signature de l’État est totale. »

Il a rappelé que le syndicat de placement réunit sept institutions : Afriland First Bank, Ecobank, VistaGui, BCI, Orabank, FBNBank et Skybank. Selon lui, la période de souscription, ouverte depuis le 25 septembre, s’achèvera le 23 octobre 2026.
La Banque Centrale et les Assureurs pleinement engagés
Le gouverneur de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, a insisté sur l’absence de risque pour les épargnants et a tenu à dissiper toute confusion avec les opérations monétaires passées :
« Les souscriptions à ces obligations constituent un investissement sans risque. L’État guinéen bénéficie de notations solides (B+ avec perspective positive) et a toujours honoré ses engagements. Les opérations d’emprunt n’ont aucun lien avec les variations de liquidité fiduciaire. Avec une valeur nominale accessible à partir de 5 millions GNF, chaque citoyen peut participer directement au développement des infrastructures de son pays. »

Les représentants du secteur de l’assurance ont également salué cette initiative, à l’image de Maïmouna Barry, directrice générale de NSIA Assurances Vie Guinée, pour qui cet emprunt offre une réelle opportunité d’adosser leurs engagements sur des actifs à long terme :
« Pour nous qui récoltons des ressources à long terme afin de garantir les prestations d’assurance du quotidien, c’est l’occasion d’effectuer des placements sur des actifs longs en monnaie locale. C’est aussi l’opportunité de montrer à nos épargnants qu’il existe d’autres véhicules de placement performants sur le marché, au-delà de la rémunération classique des dépôts à terme (DAT). »
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 7 octobre 2026 18:08Nous vous proposons aussi
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