Grâce accordée à Aliou Bah : le député Faya Millimouno réagit
CONAKRY- Le député et président d’honneur du Bloc Libéral (BL) a réagi au décret présidentiel accordant une remise totale de peine à Aliou Bah, leader du MoDeL, qui purgeait une peine de deux ans de prison ferme pour “offense et diffamation” envers le chef de l’État.
Interrogé par Africaguinee.com, le Dr Faya Lansana Millimouno s’est réjoui de voir son ancien compagnon de lutte recouvrer la liberté après près de 22 mois passés en détention.
« Je crois que chacun sait toute l’importance de jouir de sa liberté. Et donc, quelle que soit la raison, lorsqu’à un moment donné la liberté a été privée à quelqu’un, il faut se réjouir lorsqu’il la retrouve. J’ai donc été très content d’apprendre qu’Aliou Bah et 216 autres compatriotes ont bénéficié de leur liberté et de la grâce présidentielle hier », a-t-il déclaré ce samedi 3 octobre 2026.
Pour le député de la 10ème législature, c’est un acte qu’il faut saluer, même si, concernant Aliou Bah, il aurait pu intervenir plus tôt pour deux raisons fondamentales.
« D’abord, parce que la procédure qui a mené à la condamnation a été simplement un acte politique. On voulait faire taire une voix critique, parce que jusqu’à la fin, si peut-être d’autres ont été convaincus de sa culpabilité, je ne l’ai pas été », a-t-il argumenté.
La deuxième raison pour laquelle il aurait fallu que cet acte présidentiel soit pris plus tôt, selon Faya Millimouno, réside dans le fait que le délit reproché, à supposer qu’il ait été commis, est aujourd’hui obsolète : « C’est des choses dépassées ailleurs, complètement dépassées ailleurs. Je ne sais pas pourquoi il faille revenir à cela, parce que même dans les pays que nous faisons semblant de copier, l’offense au chef de l’État comme infraction ou délit s’apparente à une façon de limiter la liberté d’expression des citoyens ».
« Donc, pour ces deux raisons, l’acte qui a été posé hier aurait dû l’être depuis longtemps. On a attendu presque jusqu’à la fin, parce que, tard ou pas, Aliou Bah aurait recouvré sa liberté le mois prochain », a ajouté le parlementaire, tout en réaffirmant sa joie de le revoir libre.
Si la grâce présidentielle permet aux 217 condamnés de retrouver la liberté, le décret du général Mamadi Doumbouya précise en son article 2 que son bénéfice est subordonné à l’accomplissement d’un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion d’une durée de 45 jours. Les modalités de ce stage doivent être fixées par arrêté conjoint du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme et du ministre de la Défense nationale.
Interrogé sur cette condition particulière, le député Faya Lansana Millimouno a indiqué ne pas être suffisamment outillé sur le plan juridique pour en faire une analyse approfondie.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 3 octobre 2026 12:23Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Aliou Bah, députés, Dr Faya, Faya Millimono, Faya Millimouno, grâce présidentielle, Mamadi Doumbouya, MoDel









