Rapatriement des restes de Bocar Biro et du coran de Samory Touré : Conakry exige de Paris “un calendrier clair et précis”
CONAKRY-Le gouvernement guinéen a réitéré ce mardi 29 septembre 2026 sa volonté de voir revenir sur son sol les biens culturels et les restes humains de figures historiques de la résistance anticoloniale.
S’exprimant lors de l’ouverture du panel intitulé « Le retour des ancêtres : Mémoire, dignité, transmission », le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Moussa Moïse Sylla, a appelé la France à établir un échéancier clair pour la concrétisation des restitutions demandées.

En présence de représentants diplomatiques, dont Jean-Luc Martinez, ambassadeur français pour la coopération internationale dans le domaine du patrimoine, le ministre guinéen a rappelé que deux requêtes officielles avaient été formulées par Conakry : la première concerne les objets appartenant à l’Almamy Samory Touré, et la seconde vise les dépouilles de l’Almamy Bocar Biro ainsi que de ses compagnons tombés lors de la bataille de Porédaka.
Une exigence mémorielle et de souveraineté
Pour les autorités guinéennes, ces démarches dépassent le cadre purement administratif et s’inscrivent dans une démarche de réhabilitation historique.
« Il s’agit d’un port vital de notre patrimoine national. C’est l’exigence sacrée d’un retour de la dignité de nos ancêtres. Ramener ces reliques et ces dépouilles sur la terre qui les a vus naître, c’est réparer une amputation mémorielle. C’est permettre à la Guinée d’être enfin entière », a déclaré Moussa Moïse Sylla.
Selon lui, cette dynamique s’insère dans la politique culturelle portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, qui place, dit-il, la culture parmi les leviers stratégiques du développement national et du programme Simandou 2040.
Un appel à un calendrier resserré et à la co-construction

Le ministre a insisté sur la volonté de la Guinée de mener ce processus dans un esprit de concertation et de dialogue apaisé avec les partenaires français.
« La République de Guinée attend aujourd’hui l’établissement d’un calendrier clair, précis […] qui doit être surtout resserré pour l’aboutissement de cette demande de restitution. Nous ne voulons pas d’un processus qui s’enlise dans les méandres de la bureaucratie », a-t-il précisé.

Moussa Moise Sylla a toutefois cadré l’esprit de cette requête, affirmant que la Guinée n’inscrivait pas sa démarche « dans une dynamique de rancœur, ni dans des querelles belliqueuses héritées de la période coloniale », mais plutôt dans une approche de « co-construction, de justice historique et de réhabilitation respectueuse ».
Saluant les initiatives antérieures de la France en matière de restitution du patrimoine africain, le ministre s’est dit confiant quant à l’aboutissement positif des discussions, qualifiant ce projet d’« acte de haute civilisation » visant à permettre à ces figures historiques de réintégrer la mémoire collective nationale.
Nous y reviendrons!
Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 29 septembre 2026 13:24Nous vous proposons aussi
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