Conakry : Après Dar es Salam, l’État cible la zone de Kakimbo, la peur s’empare des familles
CONAKRY– Les opérations de déguerpissements engagées par les autorités s’intensifient à Conakry. Après les sites situés aux abords de la décharge de Dar es Salam où un éboulement a fait une trentaine de morts, il y a deux semaines, le Gouvernement cible la zone de Kakimbo, dans la commune de Ratoma Centre.
Depuis plusieurs jours, des concessions sont marquées par des services de l’État. Une situation qui suscite de nombreuses interrogations chez les habitants, qui craignent de se retrouver à la rue en pleine saison des pluies.
Ce mercredi 2 septembre 2026, la tension est perceptible dans le quartier. Des familles installées depuis plusieurs années disent ne pas savoir ce qui les attend. Rencontrée, Aminata Cissé, 30 ans, confie que les habitants ne cherchent pas à s’opposer aux décisions des autorités. Ils demandent surtout du temps et un accompagnement. « Nous ne pouvons pas défier les autorités si on nous demande de partir. Mais nous demandons un délai jusqu’à la fin de l’hivernage. »

Elle souhaite également que les familles concernées soient aidées à trouver un autre endroit où vivre. « C’est difficile de quitter un endroit où on est né et où on a grandi. Nous avons des enfants et nous ne savons pas où aller », explique-t-elle.

« Nous n’avons jamais reçu d’avertissement »
Même inquiétude chez Mariama Ciré Camara, qui affirme que les habitants n’ont pas été suffisamment informés avant le marquage des concessions. « Nous demandons l’aide des autorités. Nous n’avons jamais reçu d’avertissement nous demandant de quitter les lieux. Ils sont simplement venus marquer nos concessions », déplore-t-elle. Pour les habitants, le manque d’informations alimente davantage la peur. Beaucoup disent vivre dans l’incertitude depuis plusieurs jours.
« Nous sommes aussi des citoyens guinéens »

À Kakimbo Plateau, Pascal Bavogui appelle, lui aussi, les autorités à privilégier le dialogue avec les familles concernées. Selon lui, plusieurs maisons sont déjà marquées, ce qui provoque une forte inquiétude dans le quartier.
« Nous sommes ici depuis des années. Nous ne refusons pas l’autorité de l’État, mais nous demandons qu’on vienne discuter avec nous », plaide-t-il. Il souhaite notamment que les autorités expliquent aux habitants ce qui est prévu après leur éventuel départ. « Si nous devons partir, il faut nous dire où nous allons partir. Nous sommes tous des citoyens guinéens », insiste-t-il.

Des familles dans l’attente
Pascal Bavogui affirme que les habitants auraient reçu un délai de 72 heures, qui serait déjà arrivé à expiration. « Cela fait des semaines qu’ils sont venus. Ils nous avaient donné 72 heures et ce délai est déjà dépassé », affirme-t-il. Cette situation, poursuit-il, crée une véritable psychose au sein des familles. « Même pour aller au travail, nous sommes inquiets. Nous ne savons pas s’ils vont venir démolir les maisons », témoigne-t-il.
Face à cette situation, les habitants demandent notamment un recensement des familles concernées et davantage d’informations sur la procédure envisagée. Ils souhaitent également que la question d’un éventuel dédommagement soit clarifiée. « Nous n’avons pas encore vu de commission venir pour nous dédommager. Nous demandons simplement qu’on discute avec nous », plaide Pascal Bavogui.

Dossier à suivre!
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 3 septembre 2026 12:49Nous vous proposons aussi
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