Dar-Es-Salam : indemnisation, sort des disparus…Ce que les victimes demandent à l’État

CONAKRY- Alors que le sort de la décharge Dar Es Salam et des habitations environnantes est déjà scellé, les familles sinistrées font face à l’Etat. Elles invitent le Gouvernement de concrétiser les engagements annoncés après la catastrophe, qui a fait une trentaine de morts.

La première revendication concerne le dédommagement des personnes dont les habitations ont été démolies dans le cadre des opérations engagées après l’éboulement. Les victimes demandent que les personnes concernées soient recensées, afin de bénéficier d’une indemnisation qu’elles souhaitent « juste et transparente ».

« Derrière chaque maison, il y a des années de sacrifices, d’économies et de travail », selon Mouctar Bah, porte-parole des sinistrés.

Plongées dans le dénuement total, ces familles demandent également à l’État une prise en charge complète. Elles souhaitent notamment bénéficier d’un toit, de nourriture, de soins ainsi que d’un accompagnement social et psychologique. Pour Mouctar Bah, il ne s’agit pas simplement d’apporter une aide pendant quelques jours.

« Nous ne voulons pas d’une aide ponctuelle qui disparaît après quelques jours. Nous demandons un accompagnement à la hauteur de l’ampleur de cette catastrophe », a-t-il souligné.

Sort des disparus

Autre préoccupation exprimée par les victimes : la gestion des dépouilles et l’organisation d’une éventuelle cérémonie ou inhumation collective. Les familles des personnes décédées demandent à être associées aux décisions concernant leurs proches disparus. « Ces morts ne sont pas anonymes. Derrière chaque victime, il y a une famille », a insisté Mouctar Bah.

Les victimes souhaitent être informées et consultées pour chaque étape afin que leurs proches puissent recevoir un dernier hommage dans la dignité. « Nous avons déjà perdu les nôtres. Nous ne voulons pas être privés de notre droit légitime de leur rendre un dernier hommage », a-t-il ajouté.

Un comité pour suivre les engagements de l’État

Les victimes annoncent également la création, à Dar-Es-Salam, d’un Comité d’accompagnement, de suivi et de veille citoyenne. Cette structure doit suivre la mise en œuvre des engagements pris par les autorités, accompagner les actions de prise en charge des victimes et veiller à ce que les personnes affectées par le déguerpissement ne soient pas oubliées.

Ledit comité regroupe des représentants des victimes, des citoyens ainsi que des élus locaux des quartiers riverains de la décharge. « Dar-Es-Salam demande la justice, la solidarité et le respect des engagements de l’État », résumeMouctar Bah.

La position du Gouvernement

Lors du passage du chef de l’Etat samedi dernier sur le site de l’éboulement où plus de 30 personnes ont péri, le porte-parole de la présidence a annoncé que le dépotoir de Dar Es Salam sera transformé en parc urbain. Le Général Amara Camara a aussi précisé que les déguerpissements en cours ne seront pas stoppés. Quant au sort des disparu, le Secrétaire Général de la Présidence annonce qu’une communication va être faite sur leur inhumation. Il a aussi rappelé que le site sinistré a déjà fait l’objet de mises en demeure et d’indemnisations répétées avant que la catastrophe ne survienne

Mamadou Yaya Bah 

Pour Africaguinee.com 

Créé le 1 septembre 2026 07:41

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