Cyberespace et libertés d’expression: Le Garde des Sceaux appelle à “réguler sans censurer”, mais…
CONAKRY- À l’ouverture de la 12ᵉ Assemblée générale de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée), la question de la gouvernance du numérique s’est invitée au cœur des débats. Prenant la parole ce lundi devant les régulateurs de la région, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a dressé un constat sans concession sur les opportunités et les dérives de l’écosystème numérique actuel.
Opportunités citoyennes et menaces pour la stabilité
D’un côté, la démocratisation des outils de communication a transformé l’accès au savoir et la participation politique. De l’autre, elle expose les sociétés à de nouveaux risques d’une ampleur inédite. C’est ce constat qu’a dressé le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme.
« Les réseaux sociaux ont élargi l’accès à l’information, favorisé l’expression citoyenne et ouvert de nouvelles possibilités à notre jeunesse. Mais ils sont aussi devenus des vecteurs de désinformation, de discours de haine, de manipulation et de cybercriminalité », a déclaré Ibrahima Sory II Tounkara.
L’intelligence artificielle et le défi de la souveraineté
Le garde des Sceaux a pointé un autre défi: L’émergence de technologies avancées comme l’intelligence artificielle et les hypertrucages (deepfakes). Selon lui, cette technologie accentue la vulnérabilité des États et des institutions. Pour le ministre, la désinformation n’est plus un simple trouble de surface, mais une menace stratégique pour la paix.
“Avec l’intelligence artificielle et les hypertrucages (deepfakes), une fausse information peut désormais fragiliser la confiance publique, attiser les tensions et menacer la stabilité d’un pays. La cybersécurité n’est donc plus seulement une question technique. Elle est un enjeu de souveraineté, de protection des droits et de cohésion sociale”, a souligné le Garde des Sceaux.
Protéger sans étouffer
Face aux instances de régulation réunies au sein de la PRA-UEMOA-Guinée, le ministre a insisté sur la nécessité d’adopter un cadre réglementaire mesuré, évitant les écueils du laissez-faire comme de la dérive autoritaire. « Protéger sans étouffer, réguler sans censurer, et sanctionner les abus sans affaiblir la liberté d’expression. Cette liberté demeure fondamentale, mais elle ne saurait justifier l’appel à la violence, la manipulation organisée ou l’atteinte à la dignité humaine », a martelé Ibrahima Sory II Tounkara
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 31 août 2026 17:30Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes:









