Dar-es-Salam: Les Forces Sociales réclament des mesures à la “hauteur du drame”

CONAKRY- L’effondrement meurtrier survenu dans la nuit du 22 au 23 août 2026 à la décharge de Dar-es-Salam (commune de Gbessia), continue de susciter des réactions en Guinée. Alors que le Gouvernement a engagé une vaste opération de déguerpissement, certaines organisations de la société civile demandent une enquête indépendante pour situer les responsabilités sur ce drame. C’est le cas du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG).

Une tragédie prévisible et une coïncidence troublante

Pour ce bloc de la société civile, les pluies torrentielles ne sauraient servir d’unique explication. Selon la plateforme, les risques pesant sur ce site étaient connus et documentés depuis de nombreuses années par les riverains.

« Ce drame constitue une tragédie humaine qui ne saurait être réduite aux seules circonstances météorologiques. Plusieurs années durant, les populations riveraines et les jeunes de Dar-es-Salam n’ont cessé d’alerter sur les risques liés à la décharge », pointe le forum des forces sociales.

L’organisation rappelle que la catastrophe s’est produite le jour même où le site devait cesser d’absorber les ordures de la capitale : « La fermeture définitive du site avait, par ailleurs, été annoncée pour le dimanche 23 août 2026, jour même où le massif d’ordures s’est effondré sur des habitations. Un danger identifié, documenté, annoncé publiquement […] Cette concomitance soulève des questions graves qui exigent des réponses ».

Un appel à une enquête indépendante

Le FFSG exige l’ouverture “d’investigations poussées et impartiales” pour déterminer l’historique des alertes, l’impact d’éventuels travaux récents sur la structure du massif et les responsabilités administratives.

« Le FFSG demande notamment qu’une enquête indépendante établisse les circonstances exactes du drame […] Il ne s’agit pas de préjuger des responsabilités, mais de faire toute la lumière sur les faits, établir les responsabilités qui en découlerient, identifier de manière exhaustive des victimes et apporter des réparations appropriées », précise ce bloc de la socitété civile.

Au-delà du drame initial, les démarches d’urgence entreprises par le gouvernement suscite l’inquiétude. Les opérations de déguerpissement, menées en pleine saison des pluies et dans la précipitation, risquent d’aggraver la précarité des rescapés, alertent les forces sociales.

Pour elles, »la nature et la méthode des opérations de déguerpissement conduites par l’Etat […] dans ce contexte de deuil, de pauvreté accrue et de période de fortes pluies, soulèvent des inquiétudes et de l’indignation. »

Regrettant ce qu’il qualifie de “mise à l’écart des familles touchées dans le suivi des démarches logistiques et humanitaires”, le forum des forces sociales souhaite que la sécurisation du périmètre « ne se transforme pas en une nouvelle épreuve pour des populations déjà vulnérables. »

Recommandations

Pour répondre à l’urgence environnementale et humaine, le FFSG recommande : le respect de la dignité humaine pour toute relocalisation, la prise en charge intégrale des soins, le soutien aux personnes endeuillées et un relogement durable, la transparencesur les résultats des enquêtes et sur l’avancement des projets alternatifs de gestion des déchets, et la mise en place d’un plan national de prévention des risques sur les sites vulnérables du Grand Conakry.

« Une nation responsable ne se contente pas de compter ses morts après une catastrophe : elle cherche à comprendre pourquoi ils sont morts, établit les responsabilités, accompagne les victimes et prend les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise jamais. »

Africaguinee.com

Créé le 31 août 2026 11:34

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