Interdiction d’exporter l’or brut : comment réagit l’Union des orpailleurs de Guinée ?
CONAKRY – En juin dernier, le président Mamadi Doumbouya a annoncé l’interdiction formelle et définitive de l’exportation de l’or brut extrait en Guinée. Désormais, toutes les productions aurifères, qu’elles soient industrielles ou artisanales, devront être fondues, raffinées et certifiées sur le territoire national avant toute expédition vers les marchés internationaux.
Cette décision implique notamment le développement des capacités nationales de raffinage. Comment est-elle accueillie par les acteurs du secteur ? Ce jeudi 16 juillet, Africaguinee.com a recueilli la réaction d’Elhadj Karifa Condé, secrétaire général de l’Union des orpailleurs de Guinée.
« Nous accueillons cette décision avec enthousiasme. Lorsqu’on regarde autour de la Guinée, au Mali ou encore au Burkina Faso, tous ces pays disposent de raffineries. La Guinée ne peut donc pas rester en marge. Il faut que notre pays dispose de sa propre raffinerie afin que les orpailleurs puissent raffiner leur or avant de l’exporter vers Dubaï ou la Suisse. C’est tout à fait normal. Cette décision ne change rien à l’activité des comptoirs en Guinée », explique-t-il.
Ravitailler la raffinerie
La Guinée dispose déjà de la Nimba Gold Refinery, implantée à la Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia. Selon les autorités, cette infrastructure possède une capacité minimale de raffinage de plus de 2 300 kilogrammes d’or par jour, extensible à plus de 500 tonnes par an.
Pour Elhadj Karifa Condé, les opérateurs du secteur sont déterminés à alimenter cette raffinerie.
« Nous avons décidé, à l’unanimité, d’orienter vers cette raffinerie tout l’or brut que nous achetons à l’intérieur du pays. Cette infrastructure a été réalisée pour les orpailleurs. Si nous continuons à envoyer notre or dans d’autres pays pour le faire raffiner, cela n’aurait pas de sens alors que le président a pris l’initiative de faciliter cette opération chez nous. Nous avons donc pris l’engagement d’approvisionner régulièrement la raffinerie », annonce le secrétaire général de l’Union des orpailleurs de Guinée.
Selon lui, cette orientation profitera à la fois à l’État guinéen et aux acteurs de la filière.
« Lorsque l’or est raffiné en Guinée, la raffinerie perçoit des frais de traitement, paie des taxes et des impôts à l’État et crée des emplois. Tout cela génère de la valeur ajoutée pour l’économie nationale. C’est une initiative que nous saluons. L’installation d’une grande raffinerie en Guinée constitue une première et contribuera, selon nous, au développement de l’économie du pays. »
Quels avantages pour les orpailleurs ?

Le responsable de l’Union des orpailleurs estime également que cette réforme présente des bénéfices directs pour les exploitants artisanaux.
« Au lieu d’envoyer toute notre production d’or brut à l’étranger, nous allons désormais la raffiner ici. Le processus de raffinage permettra également de récupérer d’autres métaux, notamment l’argent. C’est un avantage pour les orpailleurs », souligne Elhadj Karifa Condé.
En conclusion, il lance un appel aux acteurs de la filière :
« J’invite tous les orpailleurs à adhérer à cette initiative. Une fois la raffinerie pleinement opérationnelle, chacun devra y acheminer son or afin de contribuer à son approvisionnement régulier. »
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 18 juillet 2026 11:09Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Mamadi Doumbouya, Or, orpaillage









