Bah Oury aux nouveaux maires: « Il faut gérer les collectivités au service des citoyens »
CONAKRY- L’installation récente des exécutifs communaux, élus le 31 mai dernier, marque la fin d’un important chapitre électoral en Guinée. Si cette étape dote le pays de nouvelles institutions à la base, le Premier ministre Amadou Oury Bah avertit qu’une architecture démocratique ne suffit pas. Il appelle les nouveaux conseillers à donner un « contenu positif » à leurs fonctions pour consolider durablement la paix
Pour le chef du gouvernement, la rupture décisive avec les pratiques du passé s’est opérée le 5 septembre 2021. « La détermination a été forte pour changer totalement de paradigme. Cela a permis d’accélérer les processus qui avaient déjà été tentés par le passé, qu’il s’agisse de la question de la réconciliation nationale, de la consolidation de la réforme du secteur des forces de défense et de sécurité, de l’engagement public vers l’équité et vers la promotion du droit, ou encore de la lutte contre l’impunité. Ces orientations ont été essentiellement des faits politiques portés par le président de la République, le général Mamadi Doumbouya. Cela a également permis de réconcilier la société avec beaucoup d’acteurs étatiques », a-t-il déclaré ce mercredi 8 juillet.

Selon Bah Oury, le pays a considérablement évolué, passant de l’époque des simples forums civilo-militaires à une maturité démocratique mieux ancrée.
« Cette étape est franchie avec l’implication de tous. La gestion du processus électoral, avec le référendum, la présidentielle et les différentes élections qui se sont passées dans la paix, le calme et la cohésion, montre que la Guinée a franchi un cap qualitatif majeur. C’est l’occasion de remercier toutes celles et tous ceux qui ont été les acteurs de cette dynamique positive pour la République de Guinée », a-t-il souligné.
Donner un contenu positif aux institutions
Poursuivant son allocution, le chef du gouvernement a insisté sur le fait que la Guinée s’engage désormais dans une nouvelle phase de son histoire. « Après avoir posé les fondations nécessaires, il faut donner un contenu positif à nos institutions. Ce n’est pas parce que nous avons l’architecture institutionnelle que nous sommes nécessairement vaccinés contre un retour en arrière — nous voyons bien ce qui se passe un peu partout à travers le monde. Un travail encore plus approfondi et exigeant est nécessaire », a-t-il averti.
Alors que les exécutifs communaux ont officiellement été installés dans leurs fonctions début juillet, Amadou Oury Bah soulève une série d’interrogations cruciales quant à leur future gestion.

« Nous avons des conseils communaux qui viennent d’être élus, mais sauront-ils, avec opiniâtreté, détermination et un engagement total, servir la cause publique ? C’est un véritable défi, car il faut veiller à ce que les réflexes du passé ne reviennent pas. Il faut gérer les collectivités au service des citoyens, non pas pour se servir, mais pour servir. C’est à cette condition que la consolidation de la paix sera effective dans la durée », a-t-il martelé.
Le défi de la croissance et du partage des richesses
Pour le Premier ministre, la Guinée se trouve à un tournant historique qui exige la vigilance et l’implication de chaque citoyen.
« Notre société est en progression, avec des taux de croissance à deux chiffres qui, avec l’aide de Dieu, vont s’inscrire dans la durée. Cela signifie qu’il faut veiller à ce que la répartition de la richesse soit telle qu’il n’y ait pas de déséquilibre ni une société à deux vitesses », a-t-il prévenu.
À cet égard, le mégaprojet Simandou 2040 incarne un formidable vecteur d’espoir pour le pays. Toutefois, le chef du gouvernement insiste sur la nécessité d’une gouvernance irréprochable.

« C’est un programme qui nécessite d’être très vigilant sur l’équité et sur la répartition de cette richesse à travers les différentes composantes sociales et à travers les générations. Nous faisons face à un enjeu majeur. Les années à venir seront des années où il faudra être très attentif à des aspects qui nécessitent un contrôle rigoureux, en mettant en avant l’indispensable nécessité du suivi et de la performance publique, dans le cadre des objectifs que nous nous sommes assignés. Nous allons veiller à cela, car c’est ainsi que les vœux et les rêves du président de la République se réaliseront. Nous avons deux, trois ou quatre années majeures devant nous, où il faudra être extrêmement attentifs pour que la Guinée consolide de manière durable les moyens d’asseoir la paix, la stabilité, la réconciliation et le progrès », a déclaré le premier ministre alors qu’il présidait les travaux d’ouverture de la première Semaine annuelle des Nations Unies pour la consolidation de la paix.
Cet événement coïncide avec le 20ᵉ anniversaire du Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) et de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies, instituée par les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.
Nous y reviendrons !
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 8 juillet 2026 13:41









