OGP : Le bilan XXL d’Aladji Cellou Camara et un limogeage qui interroge…

Le limogeage d’Aladji Cellou Camara à la tête de l’Office Guinéen de Publicité (OGP) continue de soulever des vagues d’interrogations. Propulsé le 20 décembre 2024 à la direction d’une institution alors synonyme de corruption, de népotisme et de déliquescence financière, l’ancien journaliste a réussi l’impensable : redresser la barre en un temps record d’un an et demi. Pourtant, au moment où l’office affichait des perspectives historiques, son directeur a été brutalement évincé. Une décision perçue par de nombreux observateurs comme une injustice flagrante, sacrifiant un bâtisseur sur l’autel de manœuvres et d’intrigues politiciennes.

Les chiffres du miracle financier

Pour mesurer la performance d’Aladji Cellou Camara, il faut rappeler l’état de ruine de l’OGP à sa prise de fonction. L’institution croulait sous une dette colossale de 80 milliards de GNF, incluant six mois d’arriérés de salaires et des comptes désespérément vides.

En 18 mois d’une gouvernance vertueuse et rigoureuse, les indicateurs financiers ont été spectaculairement inversés. Au soir du 30 juin 2026, au lendemain du décret de limogeage, les comptes d’une entreprise au capital social initial de 2 milliards affichaient un solde positif de 13 milliards de GNF.

Ce n’est pas tout. Sous sa direction, l’OGP a reversé 14 milliards de GNF de taxes à l’État, sans contracter la moindre nouvelle dette. Les salaires ont été intégralement versés à hauteur de 35 milliards de GNF. Mieux encore, aucun licenciement ni aucune baisse de salaire n’ont été enregistrés, et l’ensemble des loyers de la direction et des agences ont été soldés.

Au-delà de l’orthodoxie financière, Aladji Cellou Camara a piloté la modernisation structurelle de l’institution. Pour la première fois depuis la création de l’OGP en 1986, une opération de recensement, de géolocalisation et de digitalisation de l’ensemble des panneaux publicitaires a été menée sur le territoire national. Pour optimiser le recouvrement sur le terrain, les agences ont été dotées d’une cinquantaine de motos.

Ce leadership protecteur et visionnaire avait d’ailleurs été salué par les employés eux-mêmes, en fin janvier dernier. Heureux de l’instauration d’un 13ème mois de salaire, les travailleurs lui avaient décerné un trophée de reconnaissance.

Le piège Coumbassa 

Comment la République récompense-t-elle une telle excellence ? Par un limogeage conjoint, renvoyant dos à dos le gestionnaire modèle et son Directeur général adjoint Jean-Marie Soriba Coumbassa. Les sources internes décrivent une altercation finale provoquée à dessein par le sieur Coumbassa pour souiller l’image d’un directeur réputé pacifique.

Mais ce dernier acte n’est que le point d’orgue d’un comportement jugé conflictuel et instable par ses collaborateurs. Suspendu en début d’année pour « manquement grave à ses obligations », M. Coumbassa avait vu sa sanction levée un mois plus tard avec interdiction stricte de s’épancher sur les réseaux sociaux. Une consigne qu’il a violée à maintes reprises en totale impunité. Selon des indiscrétions, cette apparente immunité aurait été alimentée par de solides parrainages au sein des sphères de l’État. Mais ceci est une autre histoire qui fera l’objet d’un autre article.

Aujourd’hui, alors que Jean-Marie Soriba Coumbassa médite son sort à la Maison centrale de Conakry en attendant les suites de la procédure judiciaire engagée contre lui, le départ d’Aladji Cellou Camara laisse un goût amer. En limogeant un cadre intègre pour une crise qu’il n’a pas cherchée, l’exécutif envoie un signal inquiétant sur la reconnaissance du mérite et de la bonne gouvernance en Guinée.

Focus Africaguinee.com

Créé le 7 juillet 2026 08:09

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