Cas Aliou Bah et l’arrêt de la Cour de la CEDEAO : L’heure de la grandeur d’État (opinion)

La décision rendue par la Cour de Justice de la CEDEAO dans l’affaire opposant Monsieur Mamadou Aliou Bah à l’État guinéen ouvre une nouvelle page. Elle ne devrait être ni un motif de triomphalisme pour les uns, ni une source d’amertume pour les autres.

Elhadj Abdoulaye Amie Soumah

Elle offre plutôt à notre pays une occasion de démontrer sa maturité institutionnelle et son attachement à l’État de droit.

La Guinée n’est pas un simple membre de la CEDEAO. Elle en est l’un des États fondateurs. Depuis la création de notre organisation communautaire, notre pays a toujours contribué à son rayonnement et à son renforcement. Les décisions de ses institutions ne sont donc pas celles d’une organisation étrangère : elles émanent d’une juridiction que la Guinée a librement contribué à créer, à reconnaître et à renforcer.

Dans cet esprit, l’exécution de cet arrêt ne devrait pas être perçue comme une contrainte imposée à l’État guinéen, mais comme l’expression du respect des engagements internationaux auxquels notre pays a souverainement souscrit.

Au-delà de l’aspect juridique, une mise en œuvre diligente de cette décision constituerait un signal fort en faveur de l’apaisement national. Notre peuple aspire aujourd’hui à davantage de confiance, de dialogue et de sérénité. Chaque geste qui rapproche les Guinéens mérite d’être encouragé.

La libération de Monsieur Mamadou Aliou Bah, conformément à l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO, représenterait un acte de responsabilité politique, de respect des institutions communautaires et de confiance dans la force de notre État.

À l’échelle internationale, elle renforcerait également l’image d’une Guinée fidèle à ses engagements, respectueuse du droit communautaire et attachée aux principes de justice qui fondent les organisations auxquelles elle appartient.

Les grandes nations ne s’illustrent pas uniquement par leur capacité à prendre des décisions difficiles. Elles se distinguent aussi par leur volonté de respecter les institutions qu’elles ont elles-mêmes bâties.

Aujourd’hui, la Guinée a l’occasion d’envoyer un message fort : celui d’un État qui fait prévaloir le droit, qui respecte ses engagements et qui place l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des divergences politiques.

L’histoire retient toujours les peuples et les dirigeants qui savent transformer les moments de tension en opportunités de rassemblement.

Puissions-nous saisir cette occasion pour écrire ensemble une nouvelle page d’apaisement, de responsabilité et d’espérance pour notre chère Guinée.

Le droit a parlé. A présent, la sagesse peut ouvrir la voie à la réconciliation.

Elhadj Abdoulaye Amie Soumah

Vice-président du MoDel

Créé le 6 juillet 2026 06:35

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