Mali : comment Abdoulaye Diallo a été tué à Yembering après la Tabaski
MALI – Abdoulaye Diallo, 19 ans, élève en classe de 10e et résident à Labé, a été mortellement poignardé au lendemain de la fête de Tabaski à Yembering, dans la préfecture de Mali, où il s’était rendu pour célébrer l’événement avec des proches et des amis. Selon les premiers éléments recueillis, le jeune homme a été impliqué dans une altercation survenue à l’issue d’une soirée dansante et a succombé à plusieurs coups de couteau. Au moins six personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête, tandis qu’un principal suspect reste recherché. Sa mère, inconsolable, réclame que toute la lumière soit faite sur ce drame.
« Mon fils Abdoulaye Diallo était venu à Yembering pour la fête et a fini par être tué »

Djeinabou Diallo est une mère meurtrie. Inconsolable, elle peine à accepter la disparition tragique de son fils, Abdoulaye Diallo, arraché à son affection dans des circonstances dramatiques.
« Mon fils s’appelait Abdoulaye Diallo. Il avait 19 ans et était élève en 10e année au collège de Maleya, à Labé. Nous vivons à Labé, mais nous sommes originaires de Yembering. Il m’avait demandé l’autorisation de se rendre au village à l’occasion de la fête et j’avais donné mon accord.
Tout s’était bien passé jusque-là. Il m’a même appelée pour me souhaiter bonne fête. Mais dans la nuit du vendredi au samedi, vers 5 heures du matin, j’ai reçu un appel m’informant qu’Abdoulaye avait été poignardé. J’ai immédiatement demandé s’il était encore en vie. On m’a répondu par l’affirmative. Quelques minutes plus tard, un autre appel m’annonçait qu’il avait succombé à ses blessures.
La famille s’est mobilisée en urgence pour se rendre sur place. À mon arrivée, j’ai appris que mon fils avait été agressé et poignardé par un groupe de jeunes. Il a reçu un coup à la poitrine, au niveau des côtes, ainsi que deux autres coups aux hanches.
J’ai trouvé une population révoltée par l’insécurité et la délinquance. Tout le monde recherchait les jeunes soupçonnés d’être impliqués dans ce meurtre. J’ai appris que certains d’entre eux avaient été interpellés. Les autorités nous ont demandé de nous rendre à Mali pour suivre l’évolution du dossier.
J’ai peur que justice ne soit pas rendue à mon fils. Pour lui, c’est terminé. Mais mon combat aujourd’hui est de faire en sorte qu’aucun autre enfant ne subisse le même sort. Je demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Pour moi, il s’agit d’un acte prémédité. S’ils avaient seulement voulu le blesser, un seul coup aurait pu suffire. Mais le poignarder à plusieurs reprises démontre clairement qu’ils voulaient sa mort », explique en larmes Djeinabou Diallo, mère du défunt Abdoulaye Diallo.
« Nous avons entendu deux versions des faits, mais elles se rejoignent sur plusieurs points »

« Concernant les circonstances du drame, nous avons recueilli deux versions des faits, car nous n’étions pas présents sur les lieux au moment où ils se sont produits.
Selon les informations qui nous sont parvenues, à proximité de la boîte de nuit se trouve un petit bâtiment. La victime et ses amis se seraient trouvés dans l’espace plein air, tandis qu’un groupe de jeunes se battait un peu plus bas. Abdoulaye serait alors descendu pour tenter de les séparer. Au cours de l’altercation, l’un des protagonistes aurait proféré des insultes visant sa mère. Abdoulaye aurait réagi en affirmant qu’il n’avait jamais toléré de telles injures à son encontre. Alors qu’il demandait des explications, un membre du groupe lui aurait asséné un coup de couteau à la poitrine, avant de lui porter deux autres coups au niveau des hanches. C’est la première version.
La seconde version fait état d’un téléphone portable appartenant à l’un des compagnons de la victime qui aurait été pris par les jeunes soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire. Abdoulaye, étant originaire de la localité, leur aurait alors demandé de restituer l’appareil à son ami, en précisant que ce dernier était étranger à la zone. C’est dans ce contexte que des insultes auraient été proférées contre ses parents, provoquant une altercation au cours de laquelle il aurait été poignardé.
À ce stade, il est difficile de déterminer laquelle de ces deux versions est la plus crédible. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’un jeune homme a perdu la vie dans notre sous-préfecture. C’est un drame que nous déplorons profondément », a déclaré le délégué sous-préfectoral de la jeunesse de Yembering.
Plusieurs suspects interpellés, d’autres toujours en fuite
Depuis les premières heures qui ont suivi le drame, les autorités locales ont multiplié les opérations pour retrouver les auteurs présumés du meurtre d’Abdoulaye Diallo. Aux côtés des forces de sécurité et des familles, Moustapha Diallo, délégué sous-préfectoral de la jeunesse de Yembering, suit de près l’évolution du dossier.
« Le jeudi, lendemain de la fête, plusieurs activités étaient programmées dans la sous-préfecture, notamment des rencontres de football et une soirée dansante. Yembering était alors noire de monde, avec des ressortissants venus de différentes localités pour célébrer l’événement.
Après le match de football, la soirée dansante a eu lieu. Tout se déroulait normalement jusqu’aux environs de 5 heures du matin. À 5 h 08 précisément, mon adjoint m’a informé qu’un drame venait de se produire. Je me suis immédiatement rendu à l’hôpital, où l’on m’a annoncé le décès du jeune homme.
Le sous-préfet et le commandant de la gendarmerie étaient déjà mobilisés sur le terrain. Ensemble, nous nous sommes rendus dans un endroit réputé pour être fréquenté par des délinquants. Deux personnes y ont été interpellées. Dans une maison close, trois autres jeunes ont ensuite été arrêtés. Ces derniers ont permis d’orienter les enquêteurs vers un autre suspect qui a également été appréhendé.

Vers 17 heures, d’autres jeunes soupçonnés d’être liés au groupe ont été aperçus à moto en direction de Mali-centre. Des alertes ont aussitôt été lancées. À 18 heures, les habitants de Fougou ont indiqué qu’ils n’étaient pas encore passés par leur localité. Même constat à Samantan. Les suspects ont vraisemblablement compris qu’ils étaient recherchés et ont quitté la route principale pour emprunter la brousse.
Malheureusement pour eux, leur moto est tombée en panne d’essence. Ils l’ont abandonnée avant de poursuivre leur fuite. Le samedi matin, vers 6 heures, des habitants de Goumba ont découvert l’engin. À proximité se trouvaient des mégots de cigarettes et plusieurs indices attestant d’un récent passage. L’information a été relayée aux autorités et, grâce à la collaboration des populations, les fugitifs ont finalement été arrêtés.
Ces derniers temps, notre zone est confrontée à une forte consommation d’alcool, de drogues et même de comprimés psychotropes. Cette situation contribue à encourager certains jeunes à adopter des comportements violents et à commettre des actes criminels.
Cependant, le principal suspect, celui sur lequel pèsent les plus lourdes accusations, demeure introuvable. Les amis de la victime, qui ne sont pas originaires de Yembering, ont fourni son signalement. Dès qu’ils l’ont décrit, plusieurs habitants ont affirmé reconnaître la personne en question. Il est bien connu dans la localité et figure parmi les délinquants régulièrement cités dans la zone. À ce jour, il est toujours en fuite.
Ces derniers jours, des rumeurs faisant état d’une possible libération de certains suspects interpellés ont commencé à circuler. Cela a provoqué une vive inquiétude au sein de la population de Yembering.
Nous nous rendons à Mali pour obtenir des informations précises sur la situation. Peut-être qu’il ne s’agit que de simples rumeurs. Mais si ces personnes revenaient ici alors que la colère reste très vive au sein de la population, cela pourrait créer une situation dangereuse. Pour l’instant, nous considérons ces informations avec prudence et attendons une communication officielle des autorités compétentes », a expliqué Moustapha Diallo.
« Le principal suspect est toujours en cavale », confie une source judiciaire
Joint par Africaguinee.com, une source judiciaire a indiqué que le dossier devrait être transmis à la justice entre ce jeudi et vendredi. En attendant, les personnes interpellées restent à la disposition des services d’enquête.

Selon notre interlocuteur, le principal suspect demeure toujours en fuite.
« Cinq à six jeunes ont été interpellés par la population après le drame. Ils ont d’abord été placés au commissariat de Yembering avant d’être transférés à Mali-centre. Les habitants étaient très remontés et la police de Yembering a fait preuve de prudence en procédant à leur transfert afin d’éviter tout débordement.
Les personnes interpellées ont été entendues par les enquêteurs et confrontées à l’ami de la victime, qui était présent au moment des faits. La suite de la procédure sera déterminée lorsque le dossier sera officiellement transmis à la justice.
Pour le moment, le principal suspect est toujours en cavale. Toutefois, nous disposons d’une description précise et toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour le retrouver.
Il est vrai que le traitement du dossier a connu un léger retard, notamment parce que les magistrats étaient fortement mobilisés par le contentieux électoral. Le drame est d’ailleurs survenu à la veille des élections. Mais les investigations se poursuivent normalement. Tous les éléments recueillis seront compilés puis transmis à la hiérarchie compétente.
Nous invitons toutes les parties au calme. La justice travaille sur la base de preuves. C’est un principe fondamental que chacun doit comprendre. Toutes les personnes interpellées sont actuellement à la disposition des enquêteurs dans le cadre de la phase préliminaire de l’enquête. Elles seront maintenues à la disposition de la justice jusqu’à ce qu’une décision soit prise.
C’est le jugement qui permettra de déterminer les responsabilités. Pour l’heure, il convient de respecter la présomption d’innocence. Ce n’est pas parce qu’une personne est suspectée qu’elle est automatiquement coupable. La justice se fonde sur des preuves matérielles, des témoignages crédibles et des éléments objectifs. Elle ne va pas toujours aussi vite que certains le souhaiteraient, mais la justice sera rendue », a assuré notre source judiciaire.
Aux dernières nouvelles, la famille de la victime a été reçue par le juge de paix de Mali afin d’être informée de l’évolution du dossier. Selon un proche du défunt, aucune éventuelle remise en liberté des suspects n’a été évoquée au cours de cette rencontre.
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Alpha Ousmane Bah
Pour africaguinee.com
Tel. (+224) 664 93 45 45
Créé le 12 juin 2026 10:35Nous vous proposons aussi
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