CRIEF : Charles Wright veut la comparution d’une ancienne ministre
CONAKRY – Le procès de l’ancien directeur général du Centre national de formation sociale Jean Paul II, poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics et autres infractions, a connu un nouveau tournant ce lundi 4 mai 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
À l’audience, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a annoncé qu’il sollicitera la comparution de l’ancienne ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Charlotte Daffé, ainsi que d’autres responsables cités dans le dossier, en vue de la manifestation de la vérité.
Poursuivi pour « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écriture publique, enrichissement illicite et complicité », Soriba Soumah, administrateur civil et ancien directeur du Centre Jean Paul II, a comparu devant la chambre de jugement. À la barre, il a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés.
Une subvention de plus de 12 milliards au cœur du dossier
L’affaire porte sur l’utilisation d’une subvention spéciale de 12 milliards 400 millions de francs guinéens, allouée au centre pour l’achat d’équipements et de médicaments.
Devant les juges, le prévenu a expliqué qu’un contrat avait été signé avec le ministère de l’Économie et des Finances de l’époque pour la rénovation et l’extension de l’établissement. Selon lui, seulement 30 % du montant, soit un peu plus de 3 milliards GNF, ont été décaissés et remis à un fournisseur d’équipements.
Il affirme que le reste des fonds se trouve toujours sur un compte du Trésor public, précisant que les équipements commandés sont attendus entre le 9 mai et le 4 juin prochains.
Nommé à la tête du centre le 21 janvier 2022, Soriba Soumah a également mis en avant son bilan, évoquant notamment la rénovation de plusieurs salles, l’équipement de deux blocs opératoires, l’installation de climatiseurs et l’amélioration des conditions de travail du personnel.
« Le début de mon calvaire »
Revenant sur l’origine de ses ennuis judiciaires, l’ancien directeur a pointé du doigt une sanction administrative prise à son encontre.
« Le 4 novembre 2025, j’ai été sanctionné par la ministre Charlotte Daffé pour manque de transparence dans la gestion du dossier Jean Paul II, avant d’être convoqué à l’ORDEF. Pourtant, je n’ai utilisé que 30 % des fonds pour le fournisseur. Le reste est au Trésor public », a-t-il déclaré.
Il ajoute que les six milliards de francs guinéens de subventions ont été utilisés pour le paiement des salaires et des primes du personnel.
Un ex-comptable en fuite pointé du doigt
Soriba Soumah a également mis en cause Mohamed Sangaré, ex-comptable du centre, actuellement en fuite. Il l’accuse d’avoir falsifié sa signature pour effectuer des retraits frauduleux.
« Il m’avait informé qu’il partait au Canada pour une formation de deux semaines. Mais il a falsifié ma signature pour retirer plus de 2 milliards GNF. Plusieurs opérations ont été effectuées en quelques jours, avec des montants allant de 5 millions à plus d’un milliard », a-t-il affirmé.
Selon lui, ces retraits seraient à l’origine des soupçons ayant conduit à sa mise en cause.
Vers une comparution de Charlotte Daffé
Face aux éléments évoqués à la barre, le ministère public a estimé nécessaire d’entendre certaines personnalités citées dans le dossier.
« Si la ministre Charlotte Daffé doit comparaître, elle viendra. Nous demandons également la comparution de l’ancienne directrice du Trésor et de toute personne citée, pour la manifestation de la vérité », a déclaré le procureur spécial Alphonse Charles Wright.
L’audience se poursuit.
Nous y reviendrons.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
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