Boké-Fatoumata Barry « expulsée » de son domicile avec ses enfants: la détresse d’une veuve désemparée
BOKÉ- Dans la commune urbaine de Boké, une scène “bouleversante” s’est produite au quartier Koulifanya ce vendredi 10 avril 2026. Dame Fatoumata Barry, mère de quatre enfants dont trois en vie, affirme avoir été “expulsée de son domicile par sa belle-famille”, sur la base d’une décision judiciaire. Depuis, elle se retrouve sans abri, livrée à elle-même avec ses enfants.
Selon son témoignage, le litige remonte au décès de son époux, feu Amara Diassy, qu’elle présente comme le principal constructeur de la maison qu’elle occupe. Après sa disparition, son beau-frère, aurait entrepris des démarches pour récupérer le logement, revendiquant sa propriété.

La veuve explique qu’un premier jugement rendu par le Tribunal de Première Instance de Boké avait tranché en faveur de sa belle-famille, une décision qu’elle affirme avoir contestée sans succès. Elle évoque également un second jugement, dont elle dit ne pas maîtriser les contours, qui aurait confirmé cette décision depuis Conakry.
Elle raconte les circonstances de son expulsion : « Ce sont les parents de mon défunt mari qui nous ont mis dehors. Ils sont venus à l’aube, alors que j’étais encore couchée avec les enfants, et ont commencé à démonter les portes et les fenêtres. Il s’agit d’une maison de trois pièces avec salon. Depuis la mort de mon mari, aucun d’entre eux ne m’a aidée à élever nos enfants, et aujourd’hui, ils nous mettent dehors. Ils sont derrière cette affaire depuis plus de 12 ans. Chaque jour, je me lève tôt pour aller revendre au marché afin de subvenir aux besoins de ma famille, sans aucun soutien de ma belle-famille, qui cherche aujourd’hui à s’approprier l’héritage de mes enfants. »

Ce vendredi, la situation a pris une tournure d’envergure. Des agents de sécurité ont procédé à son expulsion, sortant l’ensemble de ses effets personnels hors de la maison, sous le regard impuissant de ses enfants.
« J’ai eu tous mes enfants sous ce toit, devant ma belle-mère, du vivant de mon mari. C’est après son décès qu’ils ont commencé à dire que la maison leur appartient. Je ne sais pas où aller avec mes enfants. Je demande à l’État, en tant que dernier recours, de m’aider. »

Aujourd’hui sans toit, Fatoumata Barry vit dans l’angoisse de passer la nuit à la belle étoile. Désemparée, elle lance un appel pressant à l’aide aux autorités, aux organisations humanitaires et à toute personne de bonne volonté afin de trouver un abri pour elle et ses enfants.
Version de la Famille
Joint au téléphone par notre correspondant régional basé à Boké, Monsieur Diassy, benjamin de la famille, explique :
« Je vous informe que cette femme était l’épouse de mon défunt frère. Moi, je suis le benjamin de la famille. Cette concession est une maison familiale, appartenant à notre mère qui est toujours en vie. Le terrain a été acheté par notre mère alors que je n’étais pas encore né.
Ma mère était commerçante après le décès de mon père. La construction de cette maison a commencé lorsque son mari était encore élève. Nous sommes une famille de six enfants, et notre aîné, qui avait terminé ses études et était enseignant, a été le premier à initier les travaux de construction. Mais à chaque tentative, les murs du bâtiment s’effondraient.
Par la suite, nous nous sommes tous mobilisés. J’étais moi-même étudiant à l’université. Chacun apportait sa contribution jusqu’à l’achèvement de la maison. Notre mère a alors quitté la location pour s’y installer. Quelques années plus tard, notre frère est décédé.
Après son décès, nous lui avons proposé de se remarier ailleurs, puisqu’aucun membre de la famille ne souhaitait la prendre en mariage, comme le veut la tradition. Ce jour-là, elle a commencé à nous insulter et a affirmé qu’elle ne quitterait pas la maison. Nous lui avons expliqué qu’il ne s’agissait pas de la chasser, mais de lui permettre de refaire sa vie ailleurs, si elle le souhaitait.
C’est elle qui a saisi la justice. Le jugement a été rendu en lui demandant de quitter la maison. Elle a reconnu devant la justice qu’il s’agit d’une maison familiale et que le terrain appartient à notre mère. Elle a alors sollicité un délai de trois mois pour libérer les lieux.
Par la suite, elle a fait appel devant la Cour d’appel de Conakry. Là encore, la décision a été confirmée en notre faveur. Malgré tout, nous avons fait preuve de patience pendant tout ce temps.
L’année dernière, j’ai même accueilli mes neveux à Conakry pendant les vacances. Je lui ai parlé en lui rappelant que c’est elle qui a porté l’affaire en justice et qu’elle devait maintenant accepter les conséquences. Je lui ai proposé de chercher un logement, en lui offrant même de l’aider à payer la location.
Aujourd’hui, elle s’est remariée avec un autre homme. Imaginez qu’elle ait des enfants avec lui . Ces derniers pourraient revendiquer cette maison comme étant celle de leur mère. C’est pourquoi nous estimons que c’est le moment de clarifier définitivement la situation », déclaré le porte-parole de la famille.
Oumar Sory Camara
Correspondant régional d’Africaguinee.com
À Boké
Créé le 11 avril 2026 09:02Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Boké









