Yenga, son passé militaire, différends frontaliers: Les révélations du ministre Ibrahima Kalil Condé…

GUÉCKÉDOU – Dans un contexte de tensions persistantes autour du tracé frontalier, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Général à la retraite Ibrahima Kalil Condé, s’est rendu dimanche dernier en Guinée Forestière. Cette rencontre stratégique entre les autorités guinéennes et libériennes vise à désamorcer la crise frontalière et rétablir un climat de confiance entre les deux pays.

Ancien commandant de zone et fin connaisseur de la géographie militaire de la région, il a rappelé avec fermeté l’engagement de la Guinée pour la paix. Entre souvenirs de ses campagnes militaires passées et impératifs actuels, il a prôné le respect des frontières héritées et le renforcement des liens séculaires qui unissent les peuples de l’espace Mano River. Il prévient que la Guinée qui a pris part à de nombreuses missions de « pacification » préservera son territoire…. « au prix de notre sang ». Africaguinee.com vous propose ci-dessous un extrait de son discours empreint de révélations.

« En 2012, j’étais le commandant du bataillon autonome de Guéckédou. Nous avions fait face à une provocation à Yenga. À l’époque, j’y avais déployé une section renforcée, équipée de chars. En 1994, alors que j’étais lieutenant, nous étions entrés à Freetown. Notre progression était partie de Nongoa vers Koindou, puis Kailahun, Pendembu et enfin Daru. C’est à Daru que se trouvait l’unique camp militaire de la Sierra Leone. Nous avons rallié Kenema en affrontant de multiples embuscades tout au long de la route. Je connais la Sierra Leone aussi bien que la Guinée.

Ces trois pays — la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia — sont des nations sœurs. Lors des attaques des années 1994, 1995 et 1996, je commandais les unités blindées. Partout où nos troupes rencontraient des obstacles, nous rendions compte de la situation. Lorsque j’ai positionné mes troupes à Yenga, cela a nécessité une réunion des trois chefs d’État (guinéen, sierra-léonais et libérien) à Conakry.

Le bruit courait que la Guinée s’apprêtait à attaquer la Sierra Leone. Un matin, à 5 heures, j’ai reçu un appel du Général Boundouka, alors Chef d’État-major de l’Armée de Terre, mandaté par le Général Kéléfa Diallo. Il m’a transmis l’ordre du Président de la République de replier toute la troupe sur Guéckédou. J’avais alors répondu que je pouvais faire rentrer les hommes, mais que le passage des chars posait problème. C’est à la suite de ces événements que j’ai été nommé commandant de la deuxième région militaire de Labé.

(…). Le Président (actuel) nous demande de pacifier la région et de renforcer la cohésion ainsi que les liens séculaires entre nos trois pays.  (…) Il faut préserver la frontière telle que nous en avons hérité, en rétablissant le drapeau à sa position initiale. La Guinée a participé à de nombreux conflits. Au sein de l’ECOMOG, elle a contribué pour préserver l’intégrité territoriale du Liberia et de la Sierra Leone.

La Guinée n’occupe pas les terres d’autrui, mais nous défendons notre territoire au prix de notre sang (…). Que Dieu continue de renforcer l’amitié entre nos nations. »

Nous y reviendrons!

Africaguinee.com

Créé le 12 mars 2026 12:32

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