« Abdoulaye Yéro Baldé n’a pas fui » : Le leader FRONDEG s’exprime sur le nouveau gouvernement, le sort de leur candidat et les futures élections

CONAKRY – Après la défaite de son candidat, Abdoulaye Yéro Baldé, arrivé deuxième avec 6,59 % des suffrages à la présidentielle du 28 décembre, le Front démocratique de Guinée (FRONDEG) entend se remobiliser pour les prochaines échéances électorales. Dans cet entretien exclusif accordé à Africaguinee.com ce vendredi 6 février, son président, Thierno Moussa Baro, revient sur l’actualité politique, la nouvelle équipe gouvernementale et les défis à venir pour son parti.

AFRICAGUINEE.COM : Le FRONDEG se fait discret ces derniers temps, alors que la Guinée amorce un nouveau départ à la suite de l’élection présidentielle qui a vu l’accession de Mamadi à la magistrature suprême. Cette semaine, nous avons assisté à la nomination des membres du gouvernement. Quelle appréciation en faites-vous ?

THIERNO MOUSSA BARO : Nous n’avons pas d’appréciation particulière à faire, si ce n’est dire que le gouvernement doit faire ses preuves en termes de résultats et défendre l’intérêt supérieur de tout le peuple de Guinée. C’est notre souhait le plus ardent. En dehors de cela, nous n’avons pas d’autres observations à formuler.

Vous n’avez donc aucune observation à faire concernant la reconduction quasi intégrale des membres du gouvernement démissionnaire ?

Non, je n’ai aucune observation à faire. C’est un pouvoir discrétionnaire du chef de l’État de nommer les personnes qu’il juge aptes. Le parti n’a donc pas d’observation particulière à formuler à ce sujet.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cette première équipe gouvernementale de la Ve République ?

Nous souhaiterions que la nouvelle équipe soit meilleure que l’ancienne et qu’elle tienne compte des aspirations profondes du peuple de Guinée. C’est le souhait le plus ardent du FRONDEG.

En faisant quoi, selon vous ?

D’abord, il faut de la rigueur. Il faut lutter contre la corruption et assurer une gestion plus rigoureuse et transparente des ressources de l’État. C’est là le principal problème de ce pays. Lorsque la gestion est rigoureuse et transparente, le peuple en tire forcément profit.

S’il y a, par exemple, une route ou une autoroute entre Conakry et Bamako, ou entre Conakry et Nzérékoré, c’est tout le peuple qui en bénéficie, et non une partie seulement. C’est pourquoi nous souhaitons ardemment une gestion plus rigoureuse des ressources publiques. Le pays est très riche, pourtant nous faisons partie des pays les plus pauvres du monde. Il faut que cette réalité change. C’est dans l’intérêt de tout le monde.

Après la présidentielle, comment êtes-vous en train de préparer les législatives et les autres élections qui pointent à l’horizon ?

Nous sommes en train de nous préparer. D’abord à l’interne. Nous avons la volonté de participer aux élections législatives et communales.

Malgré la défaite “cuisante” à la présidentielle, croyez-vous encore à vos chances ?

Quand vous parlez de défaite cuisante, il ne faut quand même pas oublier qu’il y avait neuf candidats, dont sept portés par des partis politiques. Permettez-moi de considérer que les candidats indépendants sont aussi des partis. Il y avait donc neuf partis en compétition. Si nous sommes arrivés en deuxième position, pour une première participation à une élection présidentielle, je ne pense pas que ce soit une défaite aussi cuisante.

Quelque part, nous faisions face à un adversaire soutenu par l’État, avec des ministres et leurs cadres. Il y avait l’État devant nous. Malgré cela, parmi les sept autres candidats, le nôtre est arrivé en tête. Pour moi, ce n’est donc pas une défaite cuisante, c’est déjà une victoire.

Le FRONDEG a participé. C’est la troisième élection à laquelle notre parti prend part. Nous avons participé aux élections législatives de 2013, aux communales de 2018, et cette présidentielle était notre première expérience à ce niveau. Nous sommes en train d’en tirer les leçons.

Nous nous félicitons de cette position. Bien sûr, nous voulions être premiers, mais tout le monde ne peut pas l’être. Nous espérons obtenir de meilleurs résultats à l’avenir, à la lumière des enseignements tirés de cette élection présidentielle.

Vous gardez donc l’espoir de prendre votre revanche lors des élections législatives, communales et sénatoriales ?

Inch’Allah, si Dieu le veut. Nous nous préparons dans ce sens.

Se préparer, en faisant quoi concrètement ?

D’abord, il faut remobiliser l’équipe. Il faut continuer à sensibiliser nos militants. Le porte-à-porte va se poursuivre. Vous savez, on a peut-être perdu une bataille, mais pas la guerre. L’élection présidentielle n’est pas une fin en soi. Le combat continue avec les législatives, les communales, et il y aura encore une présidentielle après ce premier mandat de sept ans. Nous avons une équipe jeune, nous avons confiance et nous gardons un grand espoir, franchement

Votre candidat, Abdoulaye Yéro Baldé, comment se porte-t-il ?

Il se porte très bien. Il est en bonne santé et dispose d’un mental solide. On ne peut peut-être pas parler d’une santé de diamant, mais, bref, il se porte bien.

Des rumeurs ont circulé, affirmant qu’il aurait fui le pays. Pouvez-vous le confirmer ?

Fui ? Pourquoi aurait-il fui ? Il n’a pas fui. Depuis la proclamation des résultats, il est en Guinée, il n’est pas sorti du pays. Je peux vous l’assurer. Il n’a rien à se reprocher, il a les mains propres. Pourquoi fuirait-il ? Non, il est bel et bien là. Vous avez d’ailleurs bien fait de vérifier ce genre d’informations. Il est en Guinée, il vit ici avec ses proches. C’est même l’un des rares membres de l’ancienne équipe qui est resté au pays depuis le départ du président Alpha Condé.

Certaines informations faisaient également état de sa possible nomination au poste de Premier ministre de la Ve République. Même si cela ne s’est pas concrétisé, certains évoquent des négociations qui n’auraient pas abouti. En savez-vous quelque chose ?

Des négociations ? Je n’en ai pas connaissance. Pour dire qu’elles ont échoué ou non, je ne suis au courant d’aucune négociation entre notre candidat et le gouvernement. Je ne suis pas informé de cela.

Entretien réalisé par Siddy Koundara Diallo

Pour Africaguinee.com

Créé le 9 février 2026 07:42

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