Labé : Le récit “glaçant” de D.C.D, la collégienne victime de bastonnade collective filmée
LABÉ – C’est un témoignage qui fait froid dans le dos. D.C.D, la jeune collégienne victime d’une bastonnade collective perpétrée par ses propres camarades d’école a brisé le silence. Rencontrée ce matin dans les locaux de l’OPROGEM, où elle est venue expliquer les circonstances de cette agression, la jeune fille confie que tout est parti d’une conversation enregistrée à son insu.
Selon son récit, une amie commune, de passage chez elle, a lancé une discussion sur leurs camarades, la poussant à faire des critiques alors qu’elle enregistrait discrètement la scène avec son téléphone. C’est cet enregistrement, écouté par le groupe, qui a servi de prétexte pour attirer D.C.D. dans la forêt de Tata, près de l’aéroport, sous couvert d’une simple sortie entre amies.
Sur place, le piège se referme : l’enregistrement est diffusé et la bagarre éclate. Après avoir réussi à s’échapper pour rentrer chez elle, la victime a été poursuivie par le groupe jusque dans la chambre de sa mère, où elle a subi une seconde agression, filmée par ses assaillantes. Elle dénonce un guet-apens orchestré. Témoignage
Le piège de l’enregistrement
« C’est une de nos copines qui est venue à la maison et a lancé le débat sur d’autres filles. Je ne savais pas qu’elle enregistrait notre échange. Elle a commencé à parler des autres, et c’est ensuite qu’elle est partie leur dire que j’avais parlé d’elles. Hier jeudi, nous sommes venues à l’école. À 8 heures, nous devions réciter des leçons, mais comme nous n’avions pas mémorisé la leçon, elles ont proposé d’aller passer du temps aux sapins de Tata et de revenir à 10 heures pour éviter des problèmes avec le professeur. Au départ j’étais réticentes, car les autorités veillent sur cette forêt pour lutter contre les élèves qui font l’école buissionière, mais elles ont fini par me convaincre », a-t-elle entamé.

L’agression dans la forêt de Tata
« Une fois aux sapins, elles ont activé l’audio pour que tout le monde écoute. Je ne savais pas que c’était un piège. Elles ont commencé à me questionner, j’ai répliqué, mais elles ont continué. Entre-temps, elles ont appelé Rama au téléphone. Quand elle est arrivée, dès qu’elle est descendue de la moto, elle m’a insultée. Elle m’a agressée directement et les autres l’ont aidée. Elles étaient sept contre moi », a-t-elle témoigné.
Poursuivie et battue jusque dans la chambre de sa mère
« D’autres élèves nous ont séparées et on m’a trouvé un taxi pour rentrer. Mais elles m’ont suivie jusqu’à la maison. Elles m’ont frappée à nouveau, cette fois dans la chambre de ma mère, qui était absente, partie au village. Ce sont pourtant des amies ; nous sommes six dans la même classe, on mange même ensemble à la récréation. La septième, Rama, vient de Hoggo Mbouro. Nous nous entendions bien l’an dernier quand j’habitais ce quartier avant de déménager. Elle est candidate libre cette année », a-t-elle enchainé.

Une préméditation dénoncée
« C’est Fatouma Oury Sow qui m’a enregistrée ; c’est elle qui est venue me tirer les vers du nez. Elle m’a poussée à parler des autres : tantôt je ne répondais pas, tantôt je répondais. C’est elle qui est allée dire aux autres que j’avais sali leur nom. Au début de l’année scolaire, elles disaient que j’étais devenue arrogante parce que je m’intéressais aux cours sans trop parler. C’est vers la fin que l’amitié avait repris entre nous.

L’humiliation filmée
Quand elles m’ont suivie à la maison, mes sœurs étaient dehors. Elles les ont laissées passer parce que ce sont mes amies, personne ne pouvait soupçonner qu’elles venaient pour me battre. Je n’ai pas résisté, c’est vrai, car elles étaient sept contre moi. Habituellement, on attend les cours de l’après-midi ensemble à la maison avant de retourner à l’école, car mon domicile est proche. Tout le monde en famille a pensé que c’était une visite habituelle, alors que j’étais en train d’être frappée. Elles ont fermé la porte derrière moi pour me battre. Elles m’ont dit que si je criais, j’aurais affaire à elles. J’ai expliqué tout cela à mes sœurs après. On me frappe et on me filme aussi. »
Alpha Ousmane Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 6 février 2026 14:00Nous vous proposons aussi
TAGS
étiquettes: Labé









