Guinée : Formation, diplômes, parcours… Qui est Mamadi Doumbouya, désormais élu président de la République ?
CONAKRY – Il est désormais président de la République de Guinée ! Le 4 janvier 2026, la Cour suprême l’a officiellement proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Mamadi Doumbouya entame ainsi un mandat de sept (7) ans à la tête du pays, après avoir remporté le scrutin avec 86,72 % des suffrages. Mais qui est cet homme au parcours singulier ? Africaguinee.com dresse son portrait.
Des origines à Kankan
Le chef de l’État élu est né le 5 décembre 1984 à Bananköröda, dans la préfecture de Kankan. Il est marié à Lauriane Darboux Doumbouya, ancienne gendarme française, avec qui il a quatre enfants. « Il a passé une bonne partie de son enfance en Guinée. Il est très ancré dans les valeurs traditionnelles ancestrales… C’est un fin connaisseur des réalités culturelles, sociales, économiques et politiques de ce pays », expliquait son directeur adjoint de campagne, le mois dernier.

Un parcours militaire international
Après une expérience en Europe dans les années 2000, notamment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, il rejoint la France et s’engage dans la Légion étrangère. Intégré au 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI) à Nîmes, il participe à des missions en Afghanistan. Sur le plan académique, l’homme fort de la Guinée est titulaire d’un Master 2 en « Défense et Dynamiques industrielles » à l’Université Panthéon-Assas (Paris II), selon la BBC. En 2011, il rentre au pays pour intégrer l’armée guinéenne et devient instructeur. Sur son dossier de candidature pour la présidentielle qu’il a remporté avec “brio”, il se présente comme “expert” en Sécurité.

Formations d’élite et ascension
En 2015, à la suite de l’attentat terroriste de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, le président Alpha Condé lui confie la mission de créer une unité d’élite capable de faire face à la menace terroriste : le Groupement des Forces Spéciales (GFS).
Mamadi Doumbouya multiplie alors les formations à l’étranger. Il achève son cursus à l’École de guerre de Paris en 2017 et prend officiellement le commandement du GFS en 2018. Carrure imposante, les guinéens le découvre le 02 octobre de la même année à l’occasion du défilé de la fête nationale.
« Le commandant Mamadi Doumbouya a brillamment accompli la formation de spécialiste en protection opérationnelle à l’Académie de sécurité internationale (Israël), le cours de formation des commandants d’unité à l’École d’application de l’infanterie (EAI – Sénégal), la formation d’officier d’État-major (EEML – Libreville) ainsi que l’École de guerre de Paris », détaillait Aladji Cellou Camara, alors directeur de l’information et des relations publiques de l’armée (DIRPA).
Le 5 septembre 2021, la prise du pouvoir
Le 5 septembre 2021, à la tête des Forces spéciales, le colonel Mamadi Doumbouya dépose Alpha Condé, alors que ce dernier entamait un troisième mandat hautement controversé. Devenu chef de l’État, il promet une rupture avec les pratiques du passé, affirmant que « la justice sera la boussole » qui devra guider chaque citoyen. Il institue la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) et accélère la tenue du procès du massacre du 28 septembre 2009.

Bien que peu présent dans les médias, il annonce en décembre 2021 qu’aucun membre du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), du gouvernement ou du Conseil national de la transition (CNT) ne sera candidat aux futures élections, une disposition inscrite dans la Charte de la transition. Cependant, l’évolution du contexte national et les impératifs de développement ont conduit à un changement de cap, justifié par son Premier ministre : « C’est vrai, cela a été dit. Mais dans la gestion d’un pays, les exigences des intérêts supérieurs de la nation priment parfois sur les volontés individuelles. »
Réformes, grands projets et Simandou
Pour le chef du gouvernement, la préservation des acquis nécessitait cette continuité : « Le travail n’est pas encore consolidé. D’où la nécessité, pour préserver les intérêts du pays, d’assurer la pérennité de ce qui a été engagé. »

Élevé au rang de général en 2024, puis général d’armée en décembre de la même année, Mamadi Doumbouya s’attelle à la finalisation de chantiers majeurs, tels que la route nationale Coyah-Dabola. Il parvient surtout à relancer le méga-projet minier de Simandou en fédérant les intérêts de Rio Tinto, du Winning Consortium et de Baowu. La première exportation de minerai est symboliquement lancée le 11 septembre 2025 à Morebaya.
Sur le plan institutionnel, il dote la Guinée d’une nouvelle Constitution, adoptée par référendum le 21 septembre 2025 avec 89,38 % de « oui », faisant intégrer le pays 0 la Vème République.
Après avoir fixé la présidentielle au 28 décembre 2025, Mamadi Doumbouya se présente à la dernière minute comme candidat indépendant sous la bannière du Mouvement Génération pour la Modernité et le Développement (GMD). Face à huit adversaires, il est déclaré élu dès le premier tour. Confirmé par la Cour suprême le 4 janvier 2026, il devient le sixième président de la République de Guinée. Son investiture est prévue le 17 janvier prochain au stade de Nongo.
« En quatre années à la tête de l’État, il s’est révélé comme un véritable leader. En se livrant à la réalisation de grandes œuvres, il a réussi à restaurer l’autorité de l’État et à rassembler les Guinéens », conclut Faya François Bourouno, qui défendait son programme en décembre dernier.
Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 8 janvier 2026 15:15Nous vous proposons aussi
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