Simandou, construction du chemin de fer TransGuinéen : Chris Aitchison, Directeur Général de Rio Tinto Simfer dit tout… « Interview »
CONAKRY-Une nouvelle étape clef vient d’être franchie dans le développement du chemin de fer du TransGuinéen, infrastructure essentielle dans l’acheminement du minerai de fer issu de la valorisation du mégaprojet Simandou. Rio Tinto Simfer a achevé le pont 2, qui passe au-dessus de la rivière Milo et relie sa mine à Beyla au chemin de fer à Kérouané. Dans la même dynamique, 50 % des piliers des ponts de l’embranchement ferroviaire reliant la mine de Beyla à la ligne TransGuinéen à Kérouané, ont été achevés. Ce n’est pas tout. La compagnie a en outre, accompli 100 % des pieux des cinq ponts le long de la voie ferrée, excavé de plus de 600 mètres le tunnel et atteint plus de 50 % des travaux de terrassement.
Chris Aitchison, Directeur Général de Rio Tinto Simfer parle de ces dernières évolutions majeures liées aux travaux de construction du chemin de fer TransGuinéen. Dans cet entretien, il évoque aussi les autres travaux de construction en cours liés à l’embranchement ferroviaire. Entretien!
AFRICAGUINEE.COM : Que célébrons-nous aujourd’hui ?
Chris Aitchison : Nous marquons aujourd’hui une étape clé dans le développement du chemin de fer TransGuinéen avec l’achèvement du pont 2, qui passe au-dessus de la rivière Milo et relie notre mine à Beyla au chemin de fer à Kérouané. Ce pont est un élément essentiel de l’embranchement ferroviaire de SimFer, qui rejoint la voie ferrée principale. Nos équipes ont construit 47 pieux, soit un total de 807 mètres, avant les délais fixés. Nous sommes très fiers de cet accomplissement qui témoigne du dévouement, de la résilience et de l’efficacité de nos employés et de nos sous-traitants, qui ont consacré plus de 117 000 heures de travail à la réalisation de cette infrastructure capitale, une étape clé dans le projet Simandou.

Pouvez-vous nous donner une idée de l’ampleur de la réalisation ?
Bien sûr. La longueur des pieux du pont est à peine inférieure à celle du Burj Khalifa à Dubaï, qui est le plus haut bâtiment du monde avec une hauteur de 828 m. Nos équipes ont utilisé plus de 4 000 mètres cubes de béton pour achever ce travail en un temps record. Un accomplissement impressionnant !

Rio Tinto est responsable de la construction de l’embranchement ferroviaire de Simandou qui raccordera les concessions minières du SimFer à la ligne principale du chemin de fer TransGuinéen. Pouvez-vous nous en dire plus sur les autres travaux de construction en cours liés à l’embranchement ferroviaire ?
Après des mois de progrès soutenus sur les infrastructures de l’embranchement ferroviaire, nous avons achevé 50 % des piliers des ponts de l’embranchement ferroviaire reliant la mine de Beyla à la ligne TransGuinéen à Kérouané. En outre, nous avons achevé 100 % des pieux des cinq ponts le long de la voie ferrée, excavé de plus de 600 mètres le tunnel et atteint plus de 50 % des travaux de terrassement. Nous sommes fiers des progrès significatifs réalisés dans la construction de l’embranchement ferroviaire, car nos équipes ont fait preuve d’une efficacité remarquable. Le fait d’avoir atteint ces étapes clés bien avant l’échéance prévue, en particulier pendant la saison des pluies, témoigne de la résilience et du dévouement de SimFer et de nos sous-traitants.
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Quelles sont les priorités actuelles ?
Actuellement, nous avons commencé à poser les rails de l’embranchement ferroviaire au point de raccordement avec la ligne ferroviaire du TransGuinéen. Une fois achevé, l’embranchement ferroviaire permettra de transporter 60 millions de tonnes des blocs miniers 3 et 4 vers la ligne ferroviaire principale du TransGuinéen, où elles seront ensuite transportées vers le port de Morebaya.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le rôle que l’infrastructure de la CTG joue dans l’ensemble du projet Simandou ?
Le chemin de fer de la CTG – et l’embranchement ferroviaire que Simfer est en train de construire – fait partie intégrante du projet Simandou et joue un rôle essentiel dans l’acheminement du minerai de fer. L’embranchement ferroviaire de 78 km transportera le minerai de fer des blocs miniers 3 et 4 à Beyla, exploités par SimFer – une coentreprise entre le gouvernement guinéen, Rio Tinto et China Iro Ore Holdings (CIOH) – jusqu’à la voie ferrée principale du TransGuinéen menant au port de Morebaya. Dans son ensemble, le chemin de fer du TransGuinéen permettra à la Guinée d’exporter jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai de fer par an, contribuant ainsi de manière significative à l’économie du pays.
L’infrastructure de la CTG semble avoir le potentiel d’avoir un impact significatif sur l’ensemble du pays.
En effet, comme vous pouvez le constater, ce réseau ferroviaire est plus qu’une simple infrastructure, il est aussi idéalement placé pour stimuler la mobilité et le commerce à travers le pays, en reliant les quatre régions de la Guinée. Cette nouvelle connectivité devrait stimuler les entreprises locales et les moyens de subsistance des communautés. Le chemin de fer de la CTG sera « multi-usage », ce qui signifie qu’il peut contribuer de manière significative au développement socio-économique de la Guinée en facilitant l’accès au marché pour les entreprises, les commerçants et les artisans travaillant dans des zones reculées. Nous étudions actuellement les moyens d’amorcer la croissance des industries à fort potentiel par le biais de programmes de soutien ciblés tout le long de ce corridor.
En outre, le projet Simandou dans son ensemble, dont l’infrastructure ferroviaire est un élément crucial, a le potentiel de transformer la position de la Guinée sur le marché mondial du minerai de fer. Avec une demande croissante de minerai de fer de haute qualité – en particulier dans le contexte global d’une demande d’acier plus vert – le minerai de fer de Simandou a le potentiel pour positionner la Guinée au centre de la transition énergétique mondiale.
Vous avez mentionné que les progrès impressionnants sur l’embranchement ferroviaire ont été réalisés malgré la saison des pluies, ce qui a été un défi. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur la manière dont les équipes se sont adaptées à ce défi ?
La saison des pluies a représenté un défi pour la construction de l’embranchement ferroviaire, mais notre équipe d’experts a su s’adapter en toute sécurité et efficacité. Une communication claire et constante entre les équipes nous a permis de nous regrouper et de mettre en place des stratégies pour maintenir le projet sur la bonne voie malgré des conditions défavorables. Tout au long de cette période, nous avons donné la priorité à la santé et à la sécurité de nos employés et sous-traitants. Atteindre ces étapes clés dans de telles conditions, avec les contraintes imposées par les fortes pluies, met en lumière l’engagement, l’ingéniosité et la persévérance de nos équipes, marquant ainsi un moment de fierté pour Rio Tinto Simfer.
Quelles sont les priorités pour les mois à venir ?
Nos équipes se concentrent sur la réalisation des autres étapes clés de la construction avec le même niveau d’efficacité et de qualité que celui dont elles ont fait preuve jusqu’à présent sur l’ensemble de nos opérations. La santé et la sécurité restent nos principales priorités alors que nous nous efforçons d’atteindre et de dépasser les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés. À l’approche de 2025, nous nous concentrerons sur notre approche « End in Mind », en veillant à traiter de manière proactive les derniers détails de la construction, afin d’être prêts pour la montée en puissance de la production à partir de 2025.
Merci beaucoup pour votre temps et bonne chance dans la progression de ce projet important.
Je vous en prie !
Boubacar 1 DIALLO
Pour Africaguinee.com
Créé le 26 octobre 2024 15:51









