« S’il s’effondre, nous n’aurons plus de sel et de riz » : A Madinaoula, un pont vital au bord de l’affaissement

KINDIA — Dans le district de Kolakhouré (sous-préfecture de Madinaoula), les habitants vivent sous la menace constante de l’isolement. Entre le délabrement avancé du pont de Kora — ouvrage stratégique datant de 1958 — et la dégradation de la mosquée locale, les populations tirent la sonnette d’alarme et interpellent d’urgence les autorités du pays.

« S’il s’effondre, nous n’aurons plus de sel et de riz. » C’est le cri du coeur des habitants dans le Haut Tamisso, face à la vétusté du pont de Kora. Une situation qui menace de couper du reste du pays neuf districts dépendants de cet axe.

Pour Ibrahima Sory Bangoura, président du conseil de district de Kolakhouré, l’état du pont est devenu préoccupant.  « Nous sommes sur le pont de Kora. Cet ouvrage relie Tamisso à Sanou. D’après nos parents, il date de 1958. Ce pont est d’une grande utilité pour nous. Derrière ce pont, il y a neuf districts de plusieurs secteurs avec une population dense » explique-t-il.

« Les citoyens de Sanou, Souguéta, Linsan, Mamou ou Kindia passent tous par ce pont pour aller à Tamisso. S’il s’effondrait, nous n’aurions plus de sel et de riz. D’ailleurs nous ne pourrions rien faire. Même l’évacuation, à Kindia d’une femme sur le point d’accoucher est un sérieux problème » témoigne-t-il.

Ibrahima Sory Bangoura lance un appel aux autorités : « Nous demandons au président de la République Mamadi Doumbouya de construire ce pont vital pour nous sinon nous risquons d’être coupés de Kindia.  Si ce pont s’effondrait, nous allons nous retrouver dans une obscurité totale.  C’est une route nationale, donc c’est un pont vital pour la Guinée » prévient-il. 

Une mosquée infréquentable pendant la saison des pluies.

La dégradation de la mosquée est une autre préoccupation pour la population de Haut Tamisso.  Le lieu de culte du village construit au temps de feu général Lansana Conté ne tient plus, selon le premier imam. Arafan Seydou Camara explique : 

« Cette mosquée a été construite au temps de feu général Lansana Conté. Elle est vieille et les rebelles l’avaient détruite. C’est avec les moyens rudimentaires que nous l’avons reconstruite » confie-t-il.

L’imam soutient que les fidèles éprouvent d’énormes difficultés à y accomplir leurs prières, pendant la saison des pluies.   « Quand il pleut, nous pouvons faire deux jours sans prier dans la mosquée.  Après la pluie, ce sont nos femmes qui viennent évacuer les eaux et étaler les nattes au soleil, parce que l’eau rentre partout » déplore-t-il.

Les responsables religieux et les habitants de Haut Tamisso Kolakhouré sollicitent l’appui des autorités et ou des personnes de bonne volonté pour la reconstruction de la mosquée.

« La mosquée ne répond plus aux critères d’un lieu de culte. Nous demandons aux autorités compétentes et aux personnes de bonne volonté de nous venir en aide afin que nous puissions bénéficier d’une mosquée digne de ce nom », lance l’imam ratib.

Pour ces deux préoccupations, les habitants de Kolakhouré Haut Tamisso espèrent une intervention rapide des autorités afin de sauver la mobilité des populations et améliorer leurs conditions de vie.

De retour de Kolakhouré, Chérif Kéita 

Correspondant pour Africaguinee.com à Kindia  

Créé le 31 août 2026 08:11

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