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Attaque contre chef de l'Etat guinéen: Qui en veut au président Condé?

Ça y est ! Kôrô Alpha va serrer les pinces du cousin Obama le 29 juillet prochain à la Maison Blanche. Mais avant de quitter cona-cris, le chef de l’Etat a un dossier (pourri )sur son bureau : qui est derrière l’attaque contre sa résidence privée ? Bien sûr, il s’agit d’un commando armé qui a voulu « assassiner » le président, mais au pays de l’oncle Sam, ce sujet qui fâche risque d’être abordé par le cousin Obama qui tient beaucoup au respect des droits de l’homme. Faut-il voir une « communauté » ou des leaders politiques derrière cette attaque ? Certains signes nous montrent qu’il faut plutôt tourner les regards vers nos casernes. Si aucune information n’est connue pour l’instant sur l’intention des assaillants, voici quelques « hypothèses » qui ne sont pas à exclure, pour comprendre ce qui s’est passé le 19 juillet au domicile présidentiel. Voyons de plus près…
Primo, au sein de notre armée, les esprits s’échauffent vite quand on veut supprimer certains privilèges. Peu avant l’organisation des élections présidentielles, le gouvernement américain avait promis 1 million de dollars pour former la future garde présidentielle guinéenne. 
A l’époque, le porte-parole de l'ambassade américaine à Conakry, Brett Bruen, avait affirmé que l'objectif de cette formation est « de s'assurer qu'il y a un garde professionnelle, capable, et impartiale pour protéger le président nouvellement élu de la Guinée." Pour le porte-parole de l'ambassade US à Conakry, "la protection du président est l'une des responsabilités les plus importantes d'un gouvernement" car selon lui, elle aide à garantir que « la volonté des électeurs n'est pas usurpée par les actions de ceux qui cherchent le changement politique par la force." Évidemment, c’est connu chez nous, personne ne veut perdre sa place. Alors faut-il voir du côté des gardes « remplacés » pour justifier cette attaque? Au lieu de prier, les guinéens doivent réclamer justice pour mettre fin à l’impunité dans le pays !
Secundo, en attendant la mise en place d’une armée républicaine, c’est un secret de polichinelle quand à l’amour de nos soldats pour le …le fric ! Depuis 2008 où les mutineries ont ébranlé le régime du vieux Lansana Conté, il faut dire que les grades et les salaires ont grimpé à une vitesse vertigineuse au sein de la grande muette. Évidemment, avec ce fardeau énorme que représente l’armée, le nouveau président guinéen était obligé de fermer les robinets. Lors d’une visite à Paris en mars dernier, Kôrô Alpha a été clair :"Nous allons mettre à la retraite 4200 militaires, avec des mesures d'accompagnement. L'armée, nous allons la faire participer à la vie économique. Elle va construire des routes, rénover des usines, et nous sommes en train de créer une brigade agricole. D'ici deux ans, l'armée sera complètement restructurée".D’ailleurs, Kôrô Alpha sait qu’il y a des mécontents au sein de l’armée : « Bien sûr, il y avait des officiers qui avaient l’habitude de prendre 200 ou 300 millions par mois [de francs CFA, NDLR] ; il y avait un fond bizarre de 10 milliards que j’ai annulé. Évidemment certains ne sont pas contents mais on ne peut plus tuer le pays » .Et c’est connu dans notre beau pays, la loyauté de nos soldats devient hypothétique si leur fric manque à l’appel. Alors est ce un problème de primes non payées ou plutôt une question de retraites anticipées qui fâchent ? Au lieu de prier, les guinéens doivent réclamer justice pour mettre fin à l’impunité dans le pays !

Tertio, une des pistes possible, c’est un « complot » dont la Guinée détient les secrets avec une longue expérience depuis 1958, date de son indépendance. Pour « couper des têtes » et éloigner « ceux qui gênent », une attaque contre le président est un pain béni. Peu de temps après l’attaque, Kôrô Alpha a fait un aveu plutôt surprenant :« Comme on avait arrêté des gens dans la journée (du lundi 18 juillet, ndlr) avec des armes et des tracts – il y a eu beaucoup d’arrestations - par précaution je n’ai pas dormi dans ma chambre. », a-t-il déclaré dans un entretien à RFI. Plus loin, Kôrô Alpha signale la présence d’un invité de marque plutôt étrange à son domicile : « Mais les deux principaux dirigeants ont été arrêtés. L’un a été arrêté très rapidement. L’autre était caché ici, mais il a finalement été reconnu. Il y a eu des échanges de tirs pendant que l’ambassadeur de France était présent, et il a même été contraint de se coucher à terre pour ne pas être atteint par les balles » SIC ! Alors y a-t-il une main « invisible » derrière cette attaque ? Toujours est-il que la communauté internationale et l’opinion nationale ont condamné unanimement cette attaque de la résidence de Kôrô Alpha qui a failli compromettre la fragile transition démocratique dans le pays. Autre énigme, comment comprendre le "retard" des renforts du camp alpha yaya diallo, situé à une dizaine de minutes de la résidence présidentielle? Est-ce qu’on connaîtra ce qui s’est passé ? Pas si sûr, car la crainte d’une chasse aux sorcières fait de gros dégâts. D’ailleurs plusieurs de nos opposants-opposés sont loin de Conakry .Prudence ou hasard?(Cellou à Dakar, Sidya à Abidjan, …). Au lieu de prier, les guinéens doivent réclamer justice pour mettre fin à l’impunité dans le pays !
En définitive, Kôrô Alpha a hérité d’un cadeau empoisonné de la transition : la gestion d’une armée habituée aux petits privilèges alors que les populations civiles sont écrasées par le fardeau de la pauvreté.Hélas, avec cette attaque, le chef de l’Etat devra sans doute faire le grand ménage au sein de la grande muette pour éviter le pire. Mais ses efforts pour forger une armée républicaine au service de l’Etat risquent d’être sapés par le zèle de son entourage, plus soucieux de « régler des comptes » que de rendre justice conformément à la loi. Cependant pour renforcer son image de démocrate, le président Condé devra éviter la loi du talion et faire confiance à la justice. D'ailleurs, le tableau n’est pas entièrement sombre dans nos casernes, car désormais nos soldats ont compris l’évidence : Aucun coup de force ne sera toléré par la communauté internationale. Le chef d’état major général des armées, Général Souleymane Kéléfa Diallo a d’ailleurs mis les points sur les « i » vendredi dernier au camp Alpha Yaya Diallo : "On ne peut pas être dans l’armée et faire de la politique. Celui qui le fait répondra devant la justice. On nous a toujours dit que le militaire est subordonné à la politique. Nous sommes l’instrument du politique". Si la thèse d’un coup d’état semble peu probable, la priorité absolue désormais, c'est la protection physique du président, car les sauts d’humeur de nos soldats sont imprévisibles.Avec le temps, les esprits vont changer dans nos casernes, mais la justice demeure comme étant le seul remède contre l’impunité qui ronge notre pays. Alors, au moment où certains opposants-opposés craignent un présumé « commando de la mort », le gouvernement a rassuré que "Les enquêtes sont en cours et se feront dans les conditions régulières requises conformément à la loi. ».Qui faut-il croire? En attendant, le fil du dialogue semble rompu entre le gouvernement et nos opposants-opposés, alors que les élections législatives pointent à l'horizon.Espérons que le mois de carême qui s'annonce va affaiblir les esprits sataniques des uns et des autres.Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine!
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 25-Jul-2011 ŕ 14:58:53  Partager:   :  |
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