
CONAKRY- Malgré les menaces hier du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation l’engagement de l’opposition à descendre dans la rue ne semble pas faiblir en Guinée, a constaté Africaguinee.com.
Cet engagement de l’opposition a été réaffirmé ce vendredi par le président du parti Nouvelles Forces Démocratiques de Guinée lors d’une conférence de presse qu’il a animé avec son vice président Etienne Soropogui. «S’il le faut on descendra dans la rue parce que nous ne permettrons pas que les acquis démocratiques soient bafoués. Nous n’allons pas descendre dans la rue pour gâter quoi que ça soit mais nous exigerons à ce que la loi soit respectée. Nous avons constaté qu’il est prêt à tuer pour empêcher une quelconque manifestation. La preuve c’est le cas de feu Zakariaou Diallo. C’est pour cela que nous avons dit qu’il n’a qu’a préparer les hôpitaux, les cimetières parce que nous n’allons pas reculer. La loi nous donne l’autorisation de manifester et nous allons le faire. C’est que peut être il pourra nous tuer, nous blesser mais lui-même ne sortira pas victorieux de ce monde et il sera condamné par l’histoire » a indiqué Mamadou Mouctar Diallo.
Dans la même lancée, l’ancien ministre de l’élevage fera un aveu tout à fait particulier sur les douloureux évènements du 28 septembre 2009 « Le président Alpha Condé a toujours fait descendre ses militants dans la rue à chaque fois qu’il n’était pas d’accord. Il voulait même faire descendre les femmes dans la rue au lendemain des évènements du 28 septembre. Il avait dit que si les autres femmes des partis politiques n’acceptaient pas qu’il allait demander aux femmes de son parti de le faire. Et les autres leaders avaient même pitié de leurs militants » a révélé le jeune leader Mouctar Diallo.
S’agissant de la réconciliation nationale le numéro un du parti NFD lancera un appel au président de la république afin qu’il se mette au dessus de tout clivage et en prenant la hauteur pour impulser la dynamique de la réconciliation nationale. Il demandera ensuite aux responsables des quatre coordinations régionales de s’impliquer activement dans la démarche commune de réconciliation nationale. Mais selon lui il ne saurait y avoir de réconciliation nationale sans la justice « La réconciliation nationale ne veut pas dire gouvernement d’union nationale. L’opposition doit être dans l’opposition. Pour nous la réconciliation c’est l’application de la justice, c’est la bonne gouvernance. Il y a certains cas qu’on peut pardonner mais d’autres il faut qu’ils soient traduits en justice » soulignera le président Mouctar.
Pour sa part le vice président du parti abordera dans le même sens que son prédécesseur en estimant qu’il faudrait que les guinéens revisitent un peu leur passé pour mieux construire l’avenir « Si nous ne revisitons pas notre passé ça ne sera pas bien. Il est important qu’on se dise la vérité. Il ya certains crimes qu’on peut pardonner mais d’autres doivent être traduits devant la justice ».
Sur la question de la reprise du recensement général de la population le numéro 2 du parti dira « : La question du recensement est contraire au respect de nos valeurs. Que tu sois malinké, peulh ou guerzé nous avons des valeurs communes qu’il faut respecter et ces valeurs se retrouvent dans la constitution » rajoutera t-il.
A noter que la semaine dernière le parti de Mouctar Diallo a remis un mémorandum au gouvernement dans le cadre de la réconciliation nationale.
Jeudi, le ministre de l'administration du territoire, Alhassane Condé a mis en garde les leaders de l'opposition contre toute anarchie dans le pays.
"Quiconque veut semer l'anarchie dan ce pays trouvera l’Etat devant lui. On ne peut pas laisser des gens semer la pagaille dans le pays. C'est égoïste de leur part, personne d’entre eux n’a son enfant ici, ils sont tous à Dakar ou ailleurs, au lieu de faire sortir les enfants des autres il faut qu'ils sortent eux même", a prévenu le ministre Alhassane Condé lors d'une conférence de presse.Interpellant le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le ministre Alhassane Condé n'a pas mâché ses mots:"Si Cellou dit à ses militants de sortir, il prendra les responsabilités".
Nous y reviendrons.
SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM |
  Rubrique: Politique  date: 01-Jul-2011 ŕ 16:43:58  Partager:   :  |