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Libye : la CPI lance un mandat d'arrĂȘt contre Mouammar Kadhafi

LA HAYE- La Cour pĂ©nale internationale ( CPI) a annoncĂ© lundi la dĂ©livrance d'un mandat d'arrĂȘt pour crimes contre l'humanitĂ© contre le colonel Mouammar Kadhafi, le second chef d'Etat poursuivi par la CPI, aprĂšs le prĂ©sident soudanais Omar el-BĂ©chir.
"Il y a des motifs raisonnables de croire que (...) Mouammar Kadhafi, en coordination avec son cercle rapproché, a conçu et orchestré un plan destiné à réprimer et à décourager la population qui manifestait contre le régime et ceux considérés comme dissidents au régime", a déclaré la juge Sanji Mmasenono Monageng, lors d'une audience publique à La Haye.
Les juges ont Ă©galement lancĂ© des mandats d'arrĂȘt pour crimes contre l'humanitĂ© contre le fils du colonel Kadhafi, Seif Al-Islam, et le chef des services de renseignements libyens, Abdallah Al-Senoussi, comme l'avait demandĂ© le procureur Luis Moreno-Ocampo dans une requĂȘte dĂ©posĂ©e le 16 mai.
"Pour Ă©viter qu'ils ne continuent de dissimuler les crimes qui continuent d'ĂȘtre commis et qu'ils n'en commettent de nouveaux, ils doivent ĂȘtre arrĂȘtĂ©s. C'est lĂ la seule maniĂšre de protĂ©ger les civils en Libye", a rĂ©agi M. Moreno-Ocampo dans un communiquĂ©.
L'annonce des mandats d'arrĂȘt intervient au moment oĂč la campagne de bombardements des pays membres de l'Otan pour aider les rebelles libyens dure depuis cent jours et oĂč le conflit s'enlise, le colonel Kadhafi Ă©tant toujours au pouvoir.
Le ministre britannique des Affaires étrangÚres William Hague a pressé lundi l'entourage du colonel Mouammar Kadhafi à "le lùcher" ou "à rendre des comptes" alors que le ministÚre italien des Affaires étrangÚres exprimait sa "satisfaction".
"Le mandat d'arrĂȘt d'aujourd'hui Ă l'encontre d'un chef d'Etat qui se croit au-dessus des lois envoie un message dĂ©stabilisateur aux dictateurs et offre aux victimes une chance de justice", a de son cĂŽtĂ© commentĂ© Richard Dicker, de l'ONG Human Rights Watch, dans un communiquĂ©.
Selon les juges, il y a des motifs raisonnables de croire que les trois hommes sont responsables, "en tant qu'auteurs indirects", de meurtres et persécutions, constitutifs de crimes contre l'humanité, commis par les forces de sécurité libyennes.
Mouammar Kadhafi, 69 ans, et son fils Saif Al-Islam, 39 ans, pourraient ĂȘtre responsables de crimes commis par les forces de sĂ©curitĂ©s libyennes notamment Ă Tripoli, Benghazi et Misrata, "du 15 fĂ©vrier au moins jusqu'au 28 fĂ©vrier", selon les juges.
M. Kadhafi exerce un contrÎle "absolu et indiscuté sur l'appareil du pouvoir libyen, dont les forces de sécurité", tandis que son fils est "la personne la plus influente de son cercle rapproché" et "Premier ministre de facto", selon les juges.
Abdallah Al-Senoussi, 62 ans, pourrait quant Ă lui ĂȘtre responsable des crimes commis par les forces de sĂ©curitĂ© libyennes Ă Benghazi "du 15 fĂ©vrier au moins jusqu'au 20 fĂ©vrier", ont assurĂ© les juges.
Sous son commandement, les forces de sĂ©curitĂ© ont "infligĂ© des actes inhumains Ă la population civile, la privant gravement de ses droits fondamentaux", selon la mĂȘme source.
La révolte en Libye a fait des milliers de morts, selon le procureur de la CPI, et entraßné la fuite à l'étranger de prÚs de 650.000 Libyens et le déplacement à l'intérieur du pays de 243.000 autres, selon l'ONU.
Sur le terrain, selon un correspondant de l'AFP sur place, les rebelles se trouvaient toujours lundi Ă une cinquantaine de kilomĂštres de Tripoli.
Un seul chef d'Etat en exercice, le prĂ©sident soudanais Omar el-BĂ©chir, fait jusqu'ici l'objet d'un mandat d'arrĂȘt de la CPI. RecherchĂ© pour gĂ©nocide, crimes contre l'humanitĂ© et crimes de guerre au Darfour (Soudan), M. BĂ©chir ne reconnaĂźt pas la compĂ©tence de la Cour.
EntrĂ©e en fonction en 2002, la CPI ne dispose d'aucune force de police propre et dĂ©pend de la volontĂ© des Etats pour l'exĂ©cution des mandats d'arrĂȘt.
La Cour a compĂ©tence en Libye en vertu de la rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies du 26 fĂ©vrier, ce que contestent les autoritĂ©s libyennes qui affirment ne pas ĂȘtre "concernĂ©es" par ses dĂ©cisions, n'ayant pas ratifiĂ© le statut de Rome, son traitĂ© fondateur.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 27-Jun-2011 à 15:56:41  Partager:   :  |
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