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Politique: "L'administration est de plus en plus caporalisée par le pouvoir en place" dixit Sidya To





CONAKRY- Alors que le gouvernement a convoqué pour cet après midi une réunion de concertation avec les partis politiques en vue discuter sur des questions liées aux prochaines élections législatives le président de l’Union des forces républcaines (UFR) a réaffirmé son opposition ferme à un quelconque nouveau recensement, a constaté Africaguinee.com.

Estimant qu’une telle chose amènerait le pays à n’organiser les législatives qu’en 2012 M. Sidya Touré a aussi estimé qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser plus de 100 millions de dollars alors que les populations continuent de vivre dans une extrême pauvreté « Ce n’est pas l'idée de faire un nouveau recensement qui fait débat mais plutôt pourquoi on le fait maintenant. On ne peut pas nous demander d’utiliser 100 millions de dollars pour faire un nouveau recensement. Je pense que ce n’est pas ce qu’on a de plus urgent à faire. La reprise du recensement électoral nous amènerait à des élections en 2012 ».

L’ancien premier ministre a ensuite regretté le fait que le pouvoir en place manifeste le désir de supprimer la commission électorale nationale indépendante actuelle. Selon lui cette institution est un organe de la transition au même titre que le conseil national de la transition. Parlant justement de cette autre institution, celui qui se fait appelé maintenant le « doyen des opposants » regrettera le fait qu’elle n’émane pas de la volonté populaire. « La CENI est l’une des institutions qui font partie des organes de la transition. La CENI reste une institution de la transition. Le président intérimaire ne peut pas suspendre un membre, c’est comme si vous me disiez que le président de l’assemblée nationale a suspendu un député. C’est écrit dans la constitution que c’est la CENI qui organise les élections et non l’administration. Le président de république n’a pas le droit de supprimer cette institution ».

« Ils (les membres de la CENI Ndlr) discutent entre eux mais leurs décisions n’engagent qu’eux-mêmes parce qu'ils ne sont pas l’émanation du peuple. C’est pourquoi l’assemblée nationale doit être mise en place. De la même façon dont le président Konaté est parti c’est la même façon que le CNT doit céder la place à la future assemblée nationale » rajoutera t-il.

L’ancien allié de Cellou Dalein Diallo à la dernière élection présidentielle fustigera ensuite la « politisation » de l’administration guinéenne qui selon lui ne fait plus son travail.

Dans la même lancée Sidya Touré a dénoncé la révocation de certains maires et à leur remplacement par des délégations spéciales. Selon lui cette décision du chef de l’Etat guinéen n’a pour but que de préparer les futures élections législatives .«Le président a dissout tous les conseils communaux qui lui étaient pas favorables. L’administration devient de plus en plus politisée donc inefficace. L’administration est de plus en plus caporalisée par le parti au pouvoir. Même du temps du PUP nous n’avions pas vu cela ! » s’exclamera le président de l’UFR.

D’autres questions seront ensuite abordées par le conférencier. Des questions relatives notamment aux dernières nominations au cabinet présidentiel. Selon M. Touré on assiste progressivement au retour de tous ceux qui ont été décriés par le peuple ces dernières années. Pendant donc ce point de presse il regrettera le fait que les 700 millions de dollars payés par la société Rio Tinto et les 15 millions d’euros payés par la société de téléphonie Areeba ne soient pas pris en compte dans le volet des recettes du budget de 2011.

Avant de terminer le conférencier dira qu’il fera tout pour rencontrer très prochainement le président Alpha Condé en vue de discuter de certains problèmes avec lui.

A ce point de presse on notait la présence effective de plusieurs cadres du parti UFR et du vice président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) Bah Oury.

Il faut noter aussi qu’une rencontre se tient en se moment même entre le gouvernement et certains partis politiques qui ont bien voulu répondre à l’invitation du ministre Alhassane Condé.

Certaines formations politiques comme l’UFR, l’UFDG ou encore la NGR de Ibrahima Abé Sylla avaient refusé l’invitation estimant qu’elle devait normalement venir de la commission électorale nationale indépendante.

SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINEE.COM


  Rubrique: Interview  date: 23-Jun-2011 ŕ 16:05:38  Partager:   :

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