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France:Georges Tron quitte le gouvernement

PARIS-Dans la tourmente des accusations de "harcÚlement sexuel" qui pÚsent sur lui, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Georges Tron, a démissionné de ses fonctions gouvernementales, dimanche 29 mai. En moins d'un an, il est le cinquiÚme membre de l'exécutif fragilisé par un scandale à devoir quitter ses fonctions.
C'est le ministre du budget François Baroin, ministre de tutelle de Georges Tron, qui reprend ses attributions, a annoncé l'Elysée. Cette décision dispense le gouvernement de procéder à un léger remaniement.
Quatre jours aprĂšs la rĂ©vĂ©lation des plaintes Ă l'origine de l'enquĂȘte qui le vise, Georges Tron "a informĂ© ce jour le premier ministre François Fillon de sa dĂ©mission du gouvernement", peut-on lire dans un communiquĂ© de Matignon. "Le premier ministre, en accord avec le prĂ©sident de la RĂ©publique, prend acte de cette dĂ©cision qui ne prĂ©juge en rien des suites qui seront donnĂ©es par la justice aux plaintes dĂ©posĂ©es contre Georges Tron et dont il conteste le bien-fondĂ©."
"J'EN FERAI UNE AFFAIRE PERSONNELLE"
Dans une lettre envoyĂ©e Ă Nicolas Sarkozy, M. Tron explique qu'il fera "une affaire personnelle de faire reconnaĂźtre (son) innocence en combattant les accusations vindicatives de deux anciennes collaboratrices". Dans ce courrier, que reproduit en intĂ©gralitĂ© L'Express.fr, l'ancien secrĂ©taire d'Etat poursuit : "Quoi qu'il en soit, la campagne de presse qu'elles ont provoquĂ©e - avant toute intervention de l'autoritĂ© judiciaire - a reçu un tel Ă©cho dans les mĂ©dias, que nos concitoyens peuvent me considĂ©rer comme coupable avant que mes droits aient pu commencer Ă ĂȘtre mis en oeuvre : songez, Monsieur le PrĂ©sident de la RĂ©publique, que je n'ai mĂȘme pas encore connaissance de la plainte qui me vise, la procĂ©dure ne le prĂ©voyant pas (sans doute parce qu'elle ne prĂ©voit pas non plus le procĂšs public qui m'est fait)", Ă©crit l'ancien secrĂ©taire d'Etat Ă la fonction publique.
En pleine affaire DSK, le départ de Georges Tron était attendu. Samedi matin, le Journal du dimanche indiquait que "François Fillon s'est chargé de fixer les modalités d'une démission devenue inévitable depuis les accusations d'agression sexuelle par deux employées municipales".
L'entourage de l'ancien secrétaire d'Etat à la fonction publique, un ex-villepiniste entré au gouvernement en mars 2010, avait indiqué dimanche matin qu'il quitterait ses fonctions "sans délai", si une demande en ce sens était formulée par le président Nicolas Sarkozy ou le premier ministre François Fillon.
Une maniĂšre de signifier que l'exĂ©cutif avait peut-ĂȘtre montrĂ© un peu plus prĂ©cisĂ©ment la porte de sortie Ă Georges Tron, rĂ©ticent Ă un dĂ©part spontanĂ© et qui assurait samedi n'avoir encore reçu aucune demande de dĂ©mission. L'ex-secrĂ©taire d'Etat n'a d'ailleurs pas encore accĂšs Ă la procĂ©dure et son audition par les enquĂȘteurs n'est pas imminente, selon le parquet d'Evry.
UNE TROISIĂME VICTIME ?
Deux anciennes employées municipales de Draveil (Essonne), ville dont il est le maire, ont déposé plainte pour "harcÚlement sexuel" contre M. Tron. Les deux femmes, défendues par Me Gilbert Collard, ont été entendues, jeudi 26 mai, par la police judiciaire de Versailles. Elles accusent M. Tron, adepte de la réflexologie plantaire, de leur avoir prodigué des massages de pied qui ont dégénéré en violences sexuelles.
L'enquĂȘte peut aboutir Ă un classement sans suite, Ă l'ouverture d'une instruction ou Ă un renvoi devant un tribunal correctionnel dans le cas du dĂ©lit d'agression sexuel. Selon la procureure de la RĂ©publique de l'Essonne, si les faits reprochĂ©s Ă Georges Tron Ă©taient avĂ©rĂ©s, ils pourraient ĂȘtre qualifiĂ©s d'agression sexuelle et de viol.
Dimanche, le JDD rĂ©vĂšle qu'une troisiĂšme victime prĂ©sumĂ©e se serait manifestĂ©e et devrait ĂȘtre entendue dans la semaine par les enquĂȘteurs. Il s'agit d'une commissaire de Draveil, dĂ©placĂ©e "Ă la demande" de Georges Tron en dĂ©but d'annĂ©e. Un syndicaliste policier a expliquĂ© au JDD que le secrĂ©taire d'Etat "s'est acharnĂ© sur elle pendant des mois. (...) Je ne sais pas exactement ce qui s'est passĂ© entre eux, mais je sais qu'elle a trĂšs mal vĂ©cu tout ca", a-t-il confiĂ©.
Le secrétaire d'Etat prépare déjà sa riposte. Il a indiqué par la voix de son avocat qu'il allait engager une procédure pour dénonciation calomnieuse. Dans une déclaration au Parisien/Aujourd'hui en France, il a affirmé : "Les accusations contre moi sont fantaisistes", et assuré qu'il n'aurait "aucun mal à prouver (sa) bonne foi".
JUPPĂ : "LA BONNE DĂCISION"
Alors que la classe politique vient dĂ©jĂ d'ĂȘtre Ă©branlĂ©e par l'affaire Dominique Strauss-Kahn, le ministre des affaires Ă©trangĂšres Alain JuppĂ© a approuvĂ© le dĂ©part de Georges Tron du gouvernement. "Je pense qu'il a pris la bonne dĂ©cision", a-t-il commentĂ© sur Canal+. "Je n'ai pas de leçon Ă donner mais il y a des moments oĂč il faut savoir prendre ses responsabilitĂ©s soi-mĂȘme", avait-il dĂ©jĂ estimĂ© avant l'annonce de la dĂ©mission.
Pour le président du MoDem François Bayrou, interrogé par Le Parisien dimanche, les accusations d'agression sexuelle portées contre M. Tron par deux ex-employées municipales de Draveil (Essonne), ville dont il est maire, constituent "un choc de plus" pour les Français, aprÚs l'affaire DSK.
AFP |
  Rubrique: International  date: 29-May-2011 à 17:27:24  Partager:   :  |
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