
CONAKRY- Alors que le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation fustigeait le silence des membres de la CENI, le directeur du service information et communication de cette institution est sortie de son mutisme ce jeudi en affirmant qu’il ne voit pas la « nécessité » d’un nouveau recensement a constaté Africaguinee.com.
Contrairement aux récentes affirmations du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation Thierno Seydou Bayo dira que le fichier électoral se trouve au MATAP et à la CENI.« Je ne vois pas pour quel plaisir des uns et des autres qu’ils se mettent à dire aujourd’hui qu’ils vont reprendre carrément le fichier. Je n’en vois pas la nécessité. Ce fichier que nous avons fait nous avons 3.800.000 bien enregistrés. Il y a 400.000 un peu mal enregistrés simplement par ce que ce n’est pas la CENI qui a recruté les opérateurs de saisie, ce n’est pas la CENI qui a mis place l’enregistrement que nous avons maintenant. En fait la CENI a trouvé qu’il y avait eu beaucoup de fautes elle a du donc rectifier » a indiqué le chef du département information, sensibilisation et communication de la CENI.
« Tous les guinéens ne sont pas quand même en musique. Nous avons donné le fichier, la SAGEM a donné le solennellement le fichier au MATAP. On a donné au ministre et au président de la CENI de façon officielle. Les deux parties ont reçus le fichier. Moi j’ai mis le fichier sur le site web de la CENI. La clé du site est avec le ministère de l’intérieur. Le site est domicilié au ministère mais le code n’est pas avec eux c’est tout le problème. Le code se trouve avec la CENI. C’est la CENI qui gère le fichier » rajouta t-il.
Selon lui les cartes alphanumériques sont beaucoup plus sûres que celles numériques. Thierno Seydou Bayo dira par la suite que ce sont les mêmes personnes qui avaient fait un mauvais travail en 1993 qui cherchent à ce qu’on reprenne le recensement. «Moi j’avais en 1993 quatre cartes d’électeurs et ça c’était des cartes alphanumériques. J’avais donc quatre cartes avec des numéros différents. Je pouvais donc voter avec ces quatre cartes d’électeurs. Ce sont les même personnes qui avaient fait cela en 1993 qui veulent reprendre le fichier. Qu’est ce qu’ils veulent en faire ? Moi je me pose cette question. Il faut prendre quelqu’un qui a fait un bon travail auparavant. Moi je pouvais donc me faire enregistré plusieurs fois et avec ces cartes alphanumériques on faisait enregistré des gens qui n’étaient plus là , certains étaient même à l’étranger mais avec le biométrique vous êtes obligés de venir vous arrêter, on prend vos empreinte et on prend votre photo. Donc si on reçoit ce qu’on a du fichier on aura un fichier propre ! » martela le patron du service de la communication de la commission électorale nationale indépendante.
Dernièrement, le gouvernement a qualifié récemment de "crime" la gestion des fonds relatifs à l'élection présidentielle, par la CENI.
« Sur le plan financer, la CENI a fait quelque chose que je qualifie de crime. J’ai le résultat de l’audit qui a été réalisé par l’Union européenne. Le gouvernement guinéen de l’époque a payé 120 milliards GNF pour organiser ces élections. Les bailleurs de fonds ont payé 30 millions USD. A vous d’apprécier si ces élections-là , que nous avons vues, méritaient de consommer tout cela, a affirmé le ministre de l'administration du territoire, Alhassane Condé lors d'une rencontre avec la présidente du conseil national de communication.
« Le second tour seulement, a consommé 70 milliards GNF. Pourtant, il y avait déjà des cartes d’électeurs, des urnes, il y avait tout … Mais nos camarades de la CENI se sont débrouillés pour présenter un budget de 70 milliards. Payés cash par le Ministère de l’Economie et des Finances.», avait ajouté le ministre Condé.
A rappeler que le gouvernement avait annoncé récemment qu’il organiserait les élections lors du dernier trimestre de cette année. Cependant il n’arrive toujours pas à trouver un terrain d’entente avec l’opposition sur un éventuel nouveau recensement.
Le 11 mai dernier, le président Alpha Condé avait réaffirmé l'intention de son gouvernement de procéder à un nouveau recensement dans les jours à venir.
"Nous voulons des élections libres et transparentes en Guinée. Nous voulons que tout le peuple de Guinée puisse désormais participer au vote. Nous savons très bien qu’à cause de l’impôt de capitation, beaucoup de Guinéens n’ont pas pu participer aux élections. Avec le recensement, il y aura la carte d’électeur et la carte d’identité", avait déclaré le président Condé.
Nous y reviendrons.
Mamadou Camara
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Interview  date: 20-May-2011 ŕ 11:43:03  Partager:   :  |