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Elections en Guinée:" Nous sommes contre la reconstitution des forces vives qui a fait un mal terri





CONAKRY-Alors que le gouvernement maintien sa volonté de procéder à un nouveau recensement des électeurs, l'opposition guinéenne est plus que divisée!Pour le leader de l'Union des forces démocratiques, il n'est pas question de reconstituer les "Forces vives" et propose une nouvelle alliance de partis orientés vers le changement.Mamadou Baadiko Bah dénonce également l'attitude du gouvernement pour retarder les élections législatives qui vont mettre fin à la transition en Guinée. Au micro de notre reporter, le président de l'UFD nous explique sa vision de la scène politique guinéenne...

AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. Baadiko! Depuis un certain temps le gouvernement et l’opposition font un dialogue de sourd à propos d’un nouveau recensement des électeurs. Pourquoi certains partis politiques craignent-ils la proposition du gouvernement ?

Mamadou Baadiko Bah :
Bonjour M. Souaré! Je crois que s’il y a un dialogue de sourd c’est d’abord parce qu’à notre avis le problème n’est pas bien posé. On dit normalement dans les textes constitutionnels qu’en principe les législatives doivent avoir lieu 6 mois après la présidentielle. Donc aujourd’hui nous sommes très loin de ce délai compte tenu de ce que nous observons sur la scène et la condition essentielle pour que ces élections se tienne c’est que nous ayons une liste électorale fiable, une liste électorale qui soit crédible et acceptée par tous. Et en face de ça le gouvernement dit que l’ancien fichier est inaccessible par faute de clé électronique. Nous disons donc que personne de bonne foi ne peut accepter une telle explication. Dans le monde moderne d’aujourd’hui même les disques durs les plus fermés au monde, ceux d’Al-Qaïda par exemple on peut arriver à déverrouiller les fichiers sans aucun problème. Ces fichiers ont été remis normalement à tous les intervenants au mois de juin, en font foi les bordereaux de réception signés aussi bien de la partie guinéenne que de l’opérateur technique qui est la SAGEM. Donc ces fichiers sont à la disposition du gouvernement guinéen. Nous dire alors qu’il faut faire un nouveau recensement pour avoir une nouvelle liste ne peut pas être crédible. Ensuite quelqu’un a avancé que beaucoup de personnes ne sont pas inscrits en se fondant sur le fait que l’ancienne liste électorale issue du ministère de l’intérieur bien connue pour le recensement ayant conduit communales de 2005. Cette liste contient 5.200.000 inscrits et donc le fait que nous, après tout ce que nous avons eu, plusieurs tours d’inscriptions biométriques y compris plusieurs tournées à l’étranger, nous n’arrivons pas à avoir plus de 4 millions trois cents mille, ils en conclu qu’il y a des milliers de guinéens et de guinéennes qui ont été privés de leurs droits. Et nous ce que nous disons c’est la chose la plus simple. Le dernier recensement a été le plus exhaustif que nous ayons jamais eu en matière électorale. C’est vrai que beaucoup n’avaient pas été recensés, beaucoup qui avaient été recensés n’ont pas reçus leurs cartes mais on n’a jamais eu un recensement aussi complet. Donc les cinq millions deux cents mille il faudrait que tout le monde sache qu’il (Ndlr le fichier) contient au moins un million de fictifs qui avaient été utilisés sous le régime « Conté » pour trafiquer, truquer les élections et se fabriquer des majorités mécaniques. Donc cette idée selon laquelle il faut recommencer le recensement puisqu’il n’est pas accessible est totalement infondée et n’est pas recevable. Nous disons aussi qu’il faut qu’on cesse da faire la confusion. Le gouvernement qui vient d’être installé et qui doit s’atteler à la reconstruction a besoin de données statistiques à caractère économique, social et même sécuritaire pour savoir localiser les citoyens, savoir qui est qui, que les gens soient identifiés. Ça c’est une préoccupation qui est tout à fait normale et légitime mais qui n’a rien à voir avec l’établissement des listes électorales. Si on veut donc aller aux élections rapidement dans des délais raisonnables on n’a rien de mieux à faire que de reprendre la liste de 2010, l’actualiser, la réviser comme le demande la loi électorale, enlever tous ceux qui sont malheureusement décédés, rajouter tous ceux qui sont en âge de voter, tenir des gens qui se sont déplacés et partir dans les pays qui avaient été arbitrairement exclus alors même qu’il y a là une forte communauté guinéenne comme le Cameroun où je réside, où on a été discriminé pour des raisons que Dieu seul sait. Il faut donc qu’on arrive à régler tous ces cas d’omissions et ça peut se faire à des conditions de coût les plus abordables, à des conditions de délais acceptables qui nous permettraient donc d’aller paisiblement aux législatives en sachant qu’avant d’y aller il faudrait que chaque citoyen en âge de voter ait sa carte d’électeur en poche. Donc il faut qu’on cesse de faire l’amalgame entre le recensement général de la population qui comme je l’ai dis est une opération qui est tout à fait nécessaire pour la définition de conduite gouvernementale et la révision des listes électorales qui est une opération électorale distincte. Nous ne sommes pas informaticiens professionnels mais qu’on ne nous fasse pas avaler, qu’on cesse de nous prendre pour des idiots en disant que quelqu’un n’a pas trouvé la clé du fichier électronique, du fichier électoral guinéen.

AFRICAGUINEE.COM: Donc en quelque sorte vous craignez la fraude ou bien qu’est ce qui explique votre prise de position ?

Mamadou Baadiko Bah :
Nous ne faisons pas de procès d’intention, on fait des constats. Une liste électorale est là, elle a servie à l’élection, elle a des imperfections et quelqu’un décide qu’il n’en veut pas mais on est en droit de suspecter autre chose derrière, de suspecter des idées derrière la tête de celui s’acharne à dire qu’il faut recommencer tout dans un contexte où même le pays n’a pas les moyens. Il faudra donc qu’on tende la main ailleurs pour des aides. On ne fait pas de procès d’intention encore une fois mais les soupçons sont là.

AFRICAGUINEE.COM: Quelques jours après l’investiture du président de la république vous sembliez vous rapprocher du pouvoir en place. Qu’est ce qui explique un peu ce revirement de votre part ?

Mamadou Baadiko Bah :
Je suis désolé mais il n’y a pas de revirement ! En tant que candidat je me devais de féliciter celui qui a été élu. Et il était nécessaire dans un contexte d’opposition exacerbée de dire que nous sommes là pour reconstruire la guinée et que nous sommes disposés à travailler avec toutes les forces. J’ai aussi eu à rappeler qu’on aune histoire commune avec le Pr. Alpha Condé. On a milité ensemble, on s’est séparé sur des désaccords, ces désaccords sont toujours restés. On a eu donc à travailler ensemble de temps en temps sur l’échiquier politique, c’était juste pour marquer que nous n’avons pas la même attitude de condamnation et de rejet systématique de tout ce qui n’est pas nous même en matière de pouvoir. C’était pour dire que nous étions décidés à constituer une opposition crédible mais une opposition qui est aussi responsable et qui es prête à prendre tous les actes qui peuvent être dans le sens de l’intérêt du pays.

AFRICAGUINEE.COM: Pendant la présidentielle vous apparteniez à l’alliance Cellou Dalein Diallo. Seriez-vous prêt à former une autre alliance pour les législatives ?

Mamadou Baadiko Bah :
Je crois que là aussi beaucoup de choses doivent être dites. L’alliance Cellou Dalein Président pour nous n’existe plus. Elle s’est disloquée malheureusement le 7 novembre lorsqu’à la fin de cette élection nous avons perdu. Il faut dire qu’aujourd’hui nous sommes tous dans l’opposition et à ce titre nous avons le devoir de collaborer, nous avons le devoir de nous donner la main pour faire avancer les idées qui sont celles de l’opposition. Donc nous ne préjugeons pas de ce que nous devons faire mais il n’y a pas d’autres solutions que de collaborer sur des bases parfaitement claires. Mais il faut quand même rappeler à tous ce qui vous lirons que les législatives il y a en faite deux modes désignations des députés. Il y a le scrutin majoritaire uninominal dans les préfectures et les cinq communes de Conakry ce qui fait les 38 députés. Cela veut dire qu’en tant qu’opposition solidaire et responsable nous nous devons d’unir nos efforts pour ne pas gêner nos efforts inutilement dans ces circonscriptions, il faudrait donc pas épuiser nos forces entre nous pour qu’il y ait d’un côté le pouvoir et de l’autre côté l’opposition. Donc nous sommes entièrement conscients de cela et c’est la voie à suivre si nous ne voulons pas perdre également les législatives. Il doit y avoir donc cette solidarité, ce désistement réciproque pour gagner les législatives dans les 38 circonscriptions. Maintenant en ce qui concerne les listes il faut savoir que ce sont des listes proportionnelles et donc il est normal que chaque courant politique, chaque parti affirme sa personnalité à travers la liste qu’il présente et présenter une liste unique ne comporte aucun intérêt puisqu’en proportionnelle en nombre de voie un plus un ça fait toujours deux. Donc nous estimons qu’il y aura certainement des listes s’il y a des partis avec lesquels nous pouvons nous joindre mais ça ne veut pas être sur des bases ethniques ou régionales, ça ne peut pas être sur des bases communautaires, les listes ne peuvent être constituées que sur une base nationale.

AFRICAGUINEE.COM: L'une des questions brûlantes évoquée par le gouvernement, ce sont les audits. Quelle est votre réaction sur ce sujet?

Mamadou Baadiko Bah :
Nous l’avons toujours dit et répétés depuis 2006 qu’il y a une nécessité pour l’assainissement de la gestion de la chose publique il est nécessaire de faire des audits. Mais ces audits doivent être faits de façon acceptable techniquement et avec toutes les garanties de protection des droits des gens qui seront accusés d’irrégularités. La seule chose que nous ne voulons pas ce sont des audits à tête chercheuse, des audits qui seraient déclenchés uniquement pour disqualifier des concurrents gênants. Donc les audits nous sommes pour, beaucoup nous en ont voulu pour ça et je répète que nous n’avons rien contre les audits tant qu’on respecte les dispositions techniques maximales pour qu’ils se passent objectivement et surtout que l’Etat entre en possession de son dû. Il ne faudrait donc pas qu’on le fasse simplement pour écarter des concurrents mais pour poser des actes dans le sens de l’assainissement des mœurs publiques, arriver donc à moraliser la chose publique, arriver à mettre fin à l’impunité.

AFRICAGUINEE.COM: En attendant les législatives, peut on connaitre vos projets au niveau de l'UFD?

Mamadou Baadiko Bah :
En ce qui concerne notre parti, nous essayons de travailler à la base pour expliquer tout ce que je vous ai dis au cours de cette interview. Notre ambition en tant que formation politique est que l’UFD ait un maximum de députés à l’assemblée et que nous puissions participer à la reconstruction de ce pays. Aujourd’hui déjà nous sommes déjà en projet d’alliance avec sept autres partis politiques avec lesquels nous partageons une vue commune sur la situation et l’avenir du pays. Nous sommes donc heureux d’annoncer que cette alliance est en gestation, elle ne divise pas l’opposition, au contraire, mais nous avons besoin de clarté. Vous ne pouvez pas réunir dans une salle une trentaine de partis dont certains disent qu’ils ont de l’opposition, d’autres disent qu’ils ne sont pas de l’opposition. Cela constituerait un cafouillage comme celui que nous avons connus au niveau des forces vives. Nous devons faire une alliance de forces véritablement neuves et de forces réellement dévouées au changement.

AFRICAGUINEE.COM: Justement en parlant de l’opposition quelles solutions préconisez-vous pour la renforcer face au pouvoir du président Condé?




Mamadou Baadiko Bah :
Il faut déjà que cette opposition se définisse. Vous avez beaucoup de nos amis qui estiment qu’ils ne sont pas de l’opposition parce qu’il n’y a pas encore de législatives. Vous comprendrez alors que nous sommes dans une situation un peu compliquée. On ne peut pas se mettre à unir l’opposition alors qu’elle-même elle ne s’est pas définie. C’est pour cela nous avons dits que nous sommes complètement contre la reconstitution des forces vives qui a fait un mal terrible à ce pays en mettant en place un gouvernement qui s’est montré le plus prédateur, le plus corrompu et qui a commis des crimes économiques que la population est entrain de payer aujourd’hui. Nous ne sommes pas prêts à la reconstruction de ces forces vives là. Nous avons expliqués longuement en quoi le gouvernement issu des forces vives est responsable de la misère et de la souffrance que la population est entrain de vivre aujourd’hui.

AFRICAGUINEE.COM: Dernière question M. Baadiko. En tant que leader politique quels sont vos sentiments après les violences qui ont été enregistrées ces derniers jours à N’zérékoré ?

Mamadou Baadiko Bah :
Ça me donne l’occasion d’aborder un point extrêmement important. Quand nous parlons de réconciliation ce n’est pas un effet de mode, ce n’est pas une panacée, ce n’est pas une gadget politique que l’on agite pour se faire intéressant mais ça montre bien que les élections présidentielles ont laissé un pays déchiré où il y a d’énormes tensions communautaires et le pouvoir est vomis par une partie de la population. Aujourd’hui il appartient au pouvoir de faire tout ce qu’il peut pour montrer effectivement qu’il est là effectivement pour l’ensemble de la population et non pas contre une partie de la population. Il doit se faire comprendre par l’ensemble des administrés. C’est vrai qu’il ne pourra pas convaincre tout le monde mais il faut par des actes concrets qui doivent être posés en ce qui concerne le rapprochement entre les communautés, le pansement des plaies du passé pour arriver à une véritable conférence « vérité-justice-réconciliation » pour ressouder le tissu communautaire guinéen si non on ne pourra pas construire la guinée nouvelle dont nous rêvons. Le changement sera un vain mot tant que quelque soit la justesse de la politique qui est appliquée les gens perçoivent que cette politique est faite contre eux ça ne marchera pas. Vous ne pouvez pas arriver à redresser ce pays en tournant le dos à la moitié de la population.

AFRICAGUINEE.COM: Un dernier mot peut ĂŞtre ?

Mamadou Baadiko Bah :
Je suis donc très heureux de l’opportunité que vous me donnez. Je salue tous les internautes qui vous lisent et il faut simplement dire que notre combat pour le changement démocratique en guinée continue et nous disons que l’avenir quel qu’il soit ne peut pas être dans les choix communautaires. On le voit aujourd’hui après la fin des opérations électorales la déchirure de la société guinéenne, nous voyons donc pourquoi le système actuel, le système basé sur des choix ethnicistes ne peut pas être l’avenir de ce pays, ces pourquoi votre serviteur a été candidat, on n’a rien eu puisque justement on refusait de se réclamer d’une ethnie.

INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou

Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM

Guinée-Conakry

Tél. : 224 62 65 75 74/ 60 36 80 12

E-mail :


  Rubrique: Interview  date: 09-May-2011 ŕ 09:15:15  Partager:   :

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