[IMG1]J'habitais à l'époque, il ya cinq ans au 26 Avenue du mail à Genève où s'était déroulée la mort suspecte d'une guinéenne, nommée Sarata Diakité. Pourquoi me suis-je permis de vous écrire, c’est qu’il y a des ressemblances troublantes entre le cas Sarata et celui de Mariame Souaré, retrouvée morte il y a deux semaines aux Charmilles.
Je me rappelle qu'au 26 avenue du Mail, les policiers s'étaient présentés devant ma porte vers 6h du matin car étant voisin du jeune guinéen qui avait hébergé la défunte Sarata. Suite aux bruits des policiers, j'ai ouvert ma porte pour avoir une idée de ce qui se tramait dans le couloir. C'est ce moment qu'ils ont saisi pour me demander si je connais une fille blonde- selon les informations reçues plus tard d'un guinéen, c'est sa compatriote morte qui avait cette coiffure, donc lors de son signalement- qui habiterait dans une des chambres du couloir. J'ai répondu par la négative. Quelques minutes après ils se sont dirigés vers les étages supérieurs - si je ne m'abuse la fille habitait le 3ième ou 4ième étage- grâce à l'appel de son numéro mobile qui leur a permis de se diriger vers sa chambre. Cette chambre lui avait été remise par son compatriote qui l'avait louée à son nom car elle n'avait pas de papiers en règle pour résider en Suisse.
Après le départ des policiers vers les étages supérieurs, j'ai interpellé un de mes voisins guinéens qui se dirigeait vers les toilettes. Ce dernier me fait savoir que la fille lui a demandé de lui venir en aide car les policiers sont en train de taper sur sa porte et qu'elle a très peur.
Après cet entretien je me suis recouché avant d'être réveillé par le gyrophare de l'ambulance. Il faisait un peu sombre et je n'arrivais pas à bien identifier la personne inerte sous ma fenêtre. Je me dirigeai vers les guinéens pour leur demander de venir voir si ce n’est pas leur voisin albanais qui était mort en voulant échapper aux policiers.
À ma grande surprise le premier guinéen à me suivre dans ma chambre et à regarder par la fenêtre me confirma que c'est la fille guinéenne que les policiers cherchaient. La clarté aidant, j'ai pu l'identifier portant un pantalon, un soutien-gorge et sans chaussure avec la tête noyée dans une mare de sang. Ce guinéen, qui avait loué et mis cette chambre à la disposition de la fille, paniqua et quitta la maison.
C'est vers 9h que d'autres policiers se sont présentés pour mener une "enquête". Ils nous ont faits sortir de nos chambres et nous posaient des questions qui ne tenaient pas vraiment la route. Comme par exemple," SI ON A ENTENDU DU BRUIT VERS 3H DU MATIN PARCE QU'IL PARAIT QUE LA FILLE SE DISPUITAIT AVEC SON PETIT AMI."
Ce que je ne comprends pas dans ce problème, c'est comment les policiers ont eu ces informations et pourquoi ils étaient hors sujet?
Pourquoi leurs collègues ne leur ont pas présentés le déroulement de l'affaire qui a débuté vers 6h du matin et non à 3h du matin?
Le même jour, vers 10h du matin, je me suis dirigé vers le journal GHI (NDLR : hebdomadaire gratuit genevois) pour contacter un journaliste afin qu'il mène une enquête plus sérieuse. Mais on me fît savoir qu'il est sorti. Dans l'après-midi j'ai contacté le chargé des faits divers du journal "Le Matin"(NDLR:quotidien romand). Après lui avoir fait un compte rendu, en mettant l'accent sur le comportement des policiers, le journaliste du "Matin" me demanda si la fille avait des papiers valables. Je lui répondis que je n’en savais rien. Il commença à me tympaniser avec un discours digne d'un militant de l'UDC(ndlr :Parti d’extrême droite suisse dirigé par l’actuel conseiller fédéral Christoph Blocher) sur le fait que ces personnes viennent habiter en suisse sans papier valable.
Après s’être rendu au 28 Avenue du Mail et après contact d’une responsable de la Police, le journaliste fit de l’évènement un compte rendu de quelques lignes en mettant en évidence que le bâtiment est occupé par des requérants d’asile. Chose qui n’est pas fondée car dans cet immeuble il y avait beaucoup d’ouvriers portugais, quelques Suisses et des étudiants africains. Il n’y avait qu’une chambre qui était occupée par un requérant d’asile au rez-de-chaussée. Juste pour dire qu’un article sur la mort de cette africaine n’était pas si accrocheur pour faire grimper la vente d’un journal comme l’aurait été l’arrestation d’un africain ayant commis un viol, un vol ou un meurtre.
En revenant sur l’actualité et avec la présence d’autant de similitudes entre les cas des deux Guinéennes mortes à Genève, il me semble intéressant de voir si les policiers (ou l’un des policiers) qui étaient intervenus au 26 Avenue du mail ne sont pas les mêmes qui se seraient présentés aux Charmilles dans le cas de Madame SOUARE.
Mais aussi d’essayer de comprendre pourquoi le meurtre d’un africain est toujours estampillé «DOSSIER CLASSE» seulement en quelques jours pour ne pas dire en quelques heures. Affaire à suivre...
Témoignage de Bocar Diop
Genève-Suisse
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 05-Sep-2007 ŕ 17:19:35  Partager:   :  |