
TRIPOLI-Mouammar Kadhafi a déployé ses forces mardi à la frontière ouest de la Libye, ce qui fait craindre de nouvelles violences dans le pays. Le dirigeant libyen ne semble pas prendre la mesure de l'opposition qui s'est formée contre lui ces dernières semaines, tant dans la communauté internationale que parmi la population.
L'Occident demeure, lui, partagé sur la pertinence d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye et réticent à une intervention militaire, malgré le déploiement de forces maritimes et aériennes américaines dans la région. Mais la grande majorité des capitales s'accorde désormais à réclamer le départ immédiat de Kadhafi.
Au 15e jour d'un soulèvement sans précédent, le colonel Kadhafi et ses forces ne contrôlent plus guère que Tripoli, ville d'1,5 million d'habitants sur les quelque six millions que compte le pays. Mais, douze heures après l'annonce par le Pentagone du déploiement de forces américaines près de la Libye, l'armée libyenne a refait son apparition au poste-frontière de Wasen (Dahiba côté tunisien).
Mais la capacité du colonel Kadhafi à recourir à la force a diminué en raison des défections politiques et militaires. Il a perdu le contrôle des gisements de pétrole et les sanctions de la communauté internationale vont restreindre sa capacité financière.
L'opposition n'hésite plus à défier le pouvoir jusque dans les faubourgs de la capitale. Dans plusieurs quartiers, des jeunes taguent les murs de la ville de slogans anti-Kadhafi, alors que l'opposition, basée à Benghazi, se prépare à marcher sur Tripoli.
A Benghazi, deuxième ville du pays, une armée de fortune se met en place, avec la création mardi d'un conseil militaire, embryon d'une future armée. D'anciens colonels du régime forment des jeunes pour partir à la conquête de Tripoli, avec des armes prises aux bataillons d'élite de Kadhafi.
Cherchant une issue à la crise, la communauté internationale envisage une interdiction de l'espace aérien au-dessus de la Libye, afin d'empêcher l'aviation libyenne de tirer sur les civils et de détruire des caches d'armes. Mais la France et la Chine ont exprimé leurs réserves sur cette mesure défendue par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 01-Mar-2011 à 19:27:19  Partager:   :  |