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Elections en Guinée: "Nous sommes prêts pour les législatives...", assure Thierno Seydou Bayo de la

CONAKRY-Alors que le président Alpha Condé souhaite reformer la commission électorale nationale indépendante (CENI), les Guinéens attendent toujours la date des élections législatives dans le pays. Au niveau de la CENI, "tout est prêt", selon Thierno Seydou Bayo.Pour le chef du département de l'information et de la communication de la CENI, les Guinéens doivent faire confiance à la CENI.Au nom de son institution, il a lancé un appel aux partis politiques qui souhaitent participer aux législatives.Thierno Seydou Bayo s'est confié au micro d'Africaguinee.com...
AFRICAGUINEE.COM : Le président Alpha Condé a promis récemment de reformer la commission électorale nationale indépendante (CENI) avant les prochaines élections législatives. Où en est-on exactement ?
Thierno Seydou BAYO : Je ne peux pas répondre de façon catégorique à cette question dans la mesure où le président Alpha Condé est dans son droit le plus légitime de faire une telle reforme. Dans la mesure où une institution comme la CENI doit être composée d’une autre façon maintenant. Je ne sais pas ce que le Conseil National de Transition (CNT) a prévu par rapport à ça mais je crois que les reformes sont possibles. Et c’est son droit le plus légitime.
AFRICAGUINEE.COM : Dernièrement le mouvement social a exigé un nouveau chronogramme pour fixer la date des législatives. Quelle est votre réaction par rapport à cette prise de position ?
Thierno Seydou BAYO : Vous savez, chacun est entrain de dire ce qu’il pense réellement. Moi je pense que nous ferions mieux pour dépasser cette étape aussi, l’étape des législatives parce qu’il semblerait que les bailleurs de fonds sont tellement strictes la dessus. Ils disent que tant qu’on ne fait pas les législatives on ne parlera pas de la fin totale de la transition parce qu’il faudrait aujourd’hui qu’il y ait une assemblée nationale élue pour que les institutions soient là en ce moment. Le CNT est là bien sûre, il est entrain de légiférer mais ce n’est pas son rôle et c’est l’assemblée nationale qui devrait le faire. Nous avons aujourd’hui la chance d’avoir un président de la république démocratiquement élu donc nous devons aussi faire de telle sorte qu’on est une assemblée nationale élue de façon démocratique.
AFRICAGUINEE.COM : Mais est-ce qu’au niveau de la CENI vous êtes réellement prêt pour l’organisation de ces législatives ?
Thierno Seydou BAYO : Mais bien sûre ! Nous sommes prêts ! Si c’est le même fichier. Nous avons pratiquement tout sur place bien que nous sommes entrain de les ramener aujourd’hui à Conakry. Faire les législatives serait très facile. Pour les législatives il va y avoir deux urnes. Donc nous ne ferions que compléter les deux urnes au niveau de chaque bureau de vote. Donc de ce côté je pense que nous sommes prêts techniquement. Parce que si c’est le même fichier on n’a pas beaucoup de choses à dire et à faire. Tout est déjà en place. Le personnel est aussi là nous ne ferons que réveiller nos démembrements pour commencer à faire le travail.
AFRICAGUINEE.COM : Certains estiment qu’il faut revoir le fichier électoral et régler certains dysfonctionnements avant qu’on aille aux élections. Qu’en pensez-vous ?
Thierno Seydou BAYO : Vous savez, si nous nous mettons à ça, on ne fera les élections ni en 2011 ni en 2012 parce que dernièrement nous avions à faire un enrôlement de 2 ou 3 mois octobre novembre et décembre mais on s’est retrouvé dans un enrôlement de plus d’un an de durée. Donc je pense que les gens doivent faire beaucoup attention. Si les gens pensent qu’aujourd’hui , on doit faire un enrôlement plus exhaustif on ne pourra jamais le faire. On pourra faire de telle sorte qu’il y ait beaucoup plus de personnes recensées oui, mais dire que tous les guinéens vont se faire recensés ça va être difficile. Vous verrez par exemple même à Conakry des gens qui sont à côté d’une commission administrative de recensement mais qui ne peuvent pas se faire recenser. Ils n’ont pas cette volonté ni les moyens aussi. Donc il faut d’abord qu’on change notre façon de faire. Regardez aujourd’hui le président Alpha Condé est le président de tous les guinéens. C’est parce que les gens sont allés voter qu’il y a eu cela. Donc il faut que les gens comprennent que le vote est très important pour un pays démocratique.
AFRICAGUINEE.COM : Aujourd’hui les guinéens s’interrogent sur les capacités de la CENI à organiser des élections transparentes dans le pays. D’ailleurs un parti de l’opposition vient de menacer de boycotter les législatives si les conditions de transparence ne sont pas réunies. Qu’en pensez-vous ?
Thierno Seydou BAYO : C’est toujours la même chose. C’est la même rengaine. Tout le monde dit ce qu’il pense sans apporter des preuves. C’est ça le problème en guinée. J’ai toujours demandé aux gens d’apporter des preuves de leurs affirmations mais personne ne le fait. Nous, nous avons organisé des élections les plus transparentes au monde. Je peux l’affirmer ici plus haut qu’ailleurs. Donc aujourd’hui que les gens disent qu’il n’y a pas eu ceci, il n’y a pas eu cela je les comprend parce que le plus souvent ce sont des gens qui veulent être à la place de ceux qui sont là . Quand on veut noyer son chien on l’accuse de rage. Donc c’est un peu cela. Pour ceux qui veulent des élections transparentes je crois que l’équipe qui est là peut encore faire son travail et de façon correcte.
AFRICAGUINEE.COM : Pendant la présidentielle la CENI a été confrontée à des querelles intestines. Après le départ du Général Siaka Sangaré faut-il craindre un nouveau conflit au sein de l’institution ?
Thierno Seydou BAYO : Moi je ne parlerais pas comme ça. Je dirais plutôt qu’il y a eu des principes qui n’ont pas été suivis. Vous savez quant on se met ensemble, quant on est dans une institution comme la CENI il faudrait bien que nous soyons obligés de respecter les principes. Ce sont les lois qui gèrent l’institution. Donc dès que nous passons à côté, il y aura des gens qui vont se lever pour dire non ça ne se passe pas comme ça. C’est ce qui s’est passé à la CENI. On a voulu mettre tout de suite quelqu’un à la place de feu Ben Sékou Sylla sans respecter les normes de l’institution. C’est pourquoi des voix s’étaient élevées pour protester. Heureusement aujourd’hui nous sommes revenus à la normale. Franchement si cette affaire avait perduré on n’aurait pas eu d’élections de deuxième tour. On serait toujours entrain de parler de ça. Il y avait une alliance qui disait qu’elle n’allait pas partir aux élections tant que Louceny Camara serait à la tête de la CENI. On n’a pas de reproche fondamental à lui faire de toutes les façons. Si c’était lui qui avait été là pour proclamer ces résultats, je me demande comment on serait aujourd’hui. Mais nous avons eu la chance comme la guinée a toujours eu la chance, on a pu trouver une solution et cette solution a été acceptée par tout le monde. Aujourd’hui nous pouvons dire que la querelle qui a été engagée au niveau des membres de la CENI a persuadé certains de la façon dont la CENI fonctionne. Parce que cela veut dire que la CENI ne fonctionne selon le vœu d’un petit groupe. Il faudrait que tout le monde soit d’accord. Ce qui veut dire que personne n’avait le monopole au niveau de notre institution. Moi je ne pouvais pas dire à quelqu’un vient avec moi parce que c’est moi Bayo. Et personne ne peut venir me dire aussi que toi Bayo, il faut absolument que tu viennes avec moi. Tant que ce n’est pas dans la légalité ça ne marche pas. Nous ne craignons aucune querelle. M. Louceny Camara est le président par intérim. Vous savez le Général Sangaré en partant pour la première fois avait mis HADJA Mame Camara comme présidente par intérim. Cette fois ci quant il partait il a pris une décision pour mettre Louceny Camara. Donc il est là jusqu’à ce que nous nous mettions d’accord sur ce qu’il faut faire réellement en suivant strictement les lois et règlements en vigueur en matière de présidence par intérim de la CENI. Donc je pense qu’il ne peut pas y avoir de dissension dans la mesure où nous étions à une réunion tout à l’heure et M. Louceny Camara a encore affirmé qu’il est le président intérimaire. Etant donc intérimaire il assure donc presque la plénitude ce rôle de président. Aujourd’hui c’est lui qui signe tous les chèques. C’est lui qui prend toutes les décisions concernant la CENI. C’est lui qui représente la CENI au niveau de toutes les autres institutions. Nous sommes tous d’accord et nous le suivons.
AFRICAGUINEE.COM : Selon les textes de la CENI l’intérim doit durer pendant combien de temps ?
Thierno Seydou BAYO : Les textes ne parlent pas de temps mais un intérimaire ne doit pas perdurer. Quand ça arrange tout le monde, quand ne perturbe pas les gens nous n’avons pas à bousculer les choses.
AFRICAGUINEE.COM : Justement Louceny Camara faisait l’objet d’une plainte du parti de Cellou Dalein Diallo. Pensez-vous qu’il soit habilité à présider la CENI pour les prochaines élections en Guinée ?
Thierno Seydou BAYO : La plainte a été évacuée au niveau du tribunal de première instance de Conakry 2. Louceny Camara tout comme feu Ben Sékou et Elhadj Boubacar Diallo ont été condamnés à la même peine. Nous avons donc fait appel à la cour d’appel et les condamnations ont été infirmées.
AFRICAGUINEE.COM : Quand vous dites vous il s’agit là de l’institution ?
Thierno Seydou BAYO : Oui ! C’est la CENI qui a fait appel de la décision du premier ressort au niveau de Conakry 2 et à l’appel la condamnation a été infirmée. Toutes les deux condamnations. Cela veut dire que M. Louceny Ben Camara n’est plus condamné, Feu Ben Sékou et M. Boubacar Diallo ne sont plus condamnés sur décision de la cour d’appel. On a remis sur le plateau notre immunité, l’immunité de la CENI parce que sans cela nous ne pouvons pas faire ce travail. Nous sommes des humains quand même. Nous ne pouvons pas faire de sorte qu’il y ait des infractions mais nous pouvons faire des infractions sans le savoir mais je peux vous dire qu’au sein de la CENI personne n’a pensé avant ni aujourd’hui à faire des choses qui puissent être préjudiciables à un candidat. Donc dire je suis là , je vais faire ceci, je vais faire cela ou aller carrément dans un bureau de vote prendre les urnes et les bourrer, nous ne pouvons pas le faire, nous ne pouvons pas le faire. Il y a des gardes fous, il y a des représentants de partis politiques qui sont présents dans tous les bureaux de vote. Mais nous ne pouvons pas travailler sans cette immunité et cette immunité la loi nous l’accorde.
AFRICAGUINEE.COM : Avant la tenue des législatives avez-vous un message pour les partis politiques qui souhaiteraient participer à ce scrutin ?
Thierno Seydou BAYO : Le message est simple. Vous avez lors de la présidentielle tous les partis politiques qui ont pensé avoir les 400 millions qui n’avaient aucune assise au niveau des populations se sont permis donc de se présenter. Une présidentielle est une chose sérieuse. Aujourd’hui nous sommes entrain de parler des législatives, c’est une chose très sérieuse encore. Peut-être qu’on va encore avoir 114 députés mais celui qui n’a rien, celui qui sait qu’il n’a rien ne peut avoir que zéro. Epargne donc à la CENI tout ce travail parce que plus les candidats sont nombreux plus ça causent des problèmes. Et si ce sont des candidats qui n’ont aucun poids moi je pense qu’il serait mieux de s’allier avec un autre parti et avoir la même liste. Il y a la liste nationale et il y a aussi la liste uninominale. Surtout d’ailleurs qu’avec l’uninominal c’est la personne même qu’on choisit. C’est la proximité. Donc je demanderais à ces partis de se mesurer, de savoir ce qu’il faut faire. Se dire par exemple moi je ne suis pas fort mais je vais aller avec un autre parti pour avoir peut être un député. Et généralement ce sont ces mêmes petits partis qui viennent dire après qu’on m’a triché. Les élections à ce niveau ce n’est pas de la blague.
AFRICAGUINEE.COM : Un mot pour terminer M. Bayo …
Thierno Seydou Bayo : Je dirais aujourd’hui à tous ces politiciens, à toutes ces autorités et à tous les responsables à tous les niveaux de faire attention à la CENI, de faire attention aux membres de la CENI. Nous avons fait un travail, il faut que les gens puissent reconnaître que nous avons fait un travail gigantesque. Aujourd’hui quant on pense qu’on peut nous jeter comme des mal propres, on parle mal de nous, on nous accuse d’avoir fait ceci ou cela alors que personne ne peut le prouver. Nous, nous savons tout le travail que nous avons abattu. Nous avons été responsables, nous avons été patriotes, que les gens soient capables de respecter ça au moins. Ils se mettent tous les jours à mal parler de nous. Ceux qui veulent cette place, ceux qui veulent avoir cette possibilité d’organiser des élections ils peuvent le faire autrement mais qu’ils ne se mettent pas à nous critiquer à tout moment. Qu’on reconnaisse ce que nous avons fait aussi. Moi c’est ce que je veux. Parce que sinon, nous allons dire que ce n’est pas la peine de travailler correctement. Ceux qui travaillent bien sont jetés aux tortilles. Nous sommes des guinéens aussi nous avons nos droits, nous avons nos devoirs aussi. Nous sommes des guinéens, nous ne sommes pas venus d’ailleurs. C’est ce que doivent comprendre les partis politiques, les responsables de l’administration aujourd’hui. Nous pouvons aussi nous battre comme eux. Ils doivent applaudir la CENI au lieu de nous insulter. Ça je tiens à le dire !
Une Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : 224 62 65 75 74/ 60 36 80 12
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  Rubrique: Interview  date: 14-Feb-2011 ŕ 14:50:14  Partager:   :  |
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