
NIAMEY - L'ex-président nigérien Mamadou Tandja, détenu depuis son renversement par un putsch en février 2010, devra être libéré "après les élections", a estimé Seini Oumarou, candidat du parti de M. Tandja à la présidentielle de lundi.
"Nous considérons toujours le président Mamadou Tandja comme un prisonnier politique", a déclaré M. Oumarou, selon des propos diffusés sur une radio privée du Niger.
"Pour l'instant nous n'avons encore rien entendu qui pèse sur lui en terme de droit commun. C'est la raison pour laquelle nous avions été surpris de son transfert (mi-janvier) au pénitencier de Kollo, qui est une prison de droit commun", a-t-il ajouté.
"Il n'y a aucune raison qu'il reste en prison après les élections", a ajouté M. Oumarou, qui fut son Premier ministre entre 2007 et 2009 et représente au scrutin de lundi son parti, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD).
Au pouvoir depuis 1999, le septuagénaire Mamadou Tandja avait été renversé par un coup d'Etat le 18 février 2010.
Après avoir été retenu pendant près d'un an dans une villa dans l'enceinte de la présidence, il a été incarcéré près de Niamey mi-janvier.
Le chef d'inculpation n'a pas été précisé mais M. Tandja est visé directement dans une série de dossiers de malversations financières, selon un rapport de l'inspection d'Etat publié fin 2010.
Les Nigériens se rendaient aux urnes lundi pour une présidentielle - couplée à des législatives - destinée à rétablir un régime civil après un an de pouvoir de la junte militaire.
Concernant l'organisation du scrutin, M. Oumarou a évoqué "quelques petits manquements" mais s'est dit confiant que "les élections se déroulent normalement".
Un autre favori de la présidentielle et ancien Premier ministre de M. Tandja (2000-2007), Hama Amadou, a lui aussi pointé des "difficultés".
"Par-ci par-là , on nous signale des bulletins manquants, surtout les miens dans la région de Tillabéri (un de ses fiefs, dans l'ouest, ndlr), autant de petits problèmes", a-t-il dit à la radio.
Mais Amadou Lawal, un des vice-présidents de la Convention démocratique et sociale (CDS) du candidat Mahamane Ousmane, a assuré à l'AFP que "ces élections se déroulent pour le moment sans encombres".
Seini Oumarou, Hama Amadou et Mahamane Ousmane se sont alliés la semaine dernière en vue du second tour prévu le 12 mars, pour contrer l'opposant historique Mahamadou Issoufou, arrivé en tête aux municipales le 11 janvier.
M. Issoufou a souhaité à la radio que les élections "se déroulent dans la paix, dans la transparence" pour permettre "la renaissance" du Niger.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 01-Feb-2011 à 09:39:58  Partager:   :  |