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Violences en Guinée: le Général Toto dénonce des "loubards"





CONAKRY-Le ministre guinéen de la sécurité, Général Mamadouba Toto Camara a invité récemment les populations guinéennes au calme, alors que le pays attend les résultats définitifs du scrutin présidentiel du 7 Novembre, a constaté Africaguinee.com.Dans un discours officiel, le Général Toto Camara a rappelé le chemin parcouru par les Guinéens pour instaurer la démocratie en Guinée...

Déclaration du ministre de la sécurité, Général Mamadouba Toto Camara

Brave population de la Guinée,
Chùres mùres, chùres sƓurs, chers pùres et frùres,

Il y a 60 ans jusqu’en septembre 1958, la GuinĂ©e vivait sous domination Ă©trangĂšre.

La lutte pour notre indépendance a été émaillée de violences physiques et morales.

Ce conflit sociopolitique sans prĂ©cĂ©dant qui avait opposĂ© le Bloc Africain de GuinĂ©e (BAG) au Rassemblement DĂ©mocratique Africain (RDA), avait fait des victimes avant d’ĂȘtre maĂźtrisĂ©.

Septembre 1958/Novembre 2010, deux dates, deux pĂ©riodes, deux Ă©vĂšnements qui se succĂšdent, s’affrontent, se ressemblent, se contredisent, mais ne s’annulent pas.

L’une indiquant l’acquisition de notre indĂ©pendance et l’autre la naissance de la dĂ©mocratie.

MalgrĂ© tout ce qui a opposĂ© les guinĂ©ens, le 28 septembre 1958 ils se sont levĂ©s comme un seul homme pour nous conduire vers l’indĂ©pendance le 2 octobre 1958.

Voudrions nous faire du tort Ă  ceux qui ont tout sacrifiĂ© pour que nous soyons ce que nous sommes aujourd’hui ? Je n’y crois pas.

La patience, la retenue, le sens de la nation doivent nous interpeller et nous guider pour aller plus loin et en toute sûreté vers une nation unique et indivisible.

Depuis 1958, la GuinĂ©e a connu et gĂ©rĂ© des troubles, mais n’a jamais connu la guerre civile.

Nous sommes allĂ©s sauver d’autres nations. Mais le vandalisme qui n’a que pour objectif de s’attaquer aux citoyens et Ă  leurs biens, nous place aujourd’hui en conflit avec la loi et la religion.

Comment un peuple uni autour de la religion qui est une Ă©manation divine, peut ĂȘtre divisĂ© par la politique qui n’est qu’une science sociale qui unit et qui divise Ă  la fois.

Le GĂ©nĂ©ral SĂ©kouba KonatĂ©, prĂ©sident de la Transition, pendant les agressions de 2000 Ă©tait Ă  Macenta et moi j’étais Ă  GueckĂ©dou.

Pendant la guerre civile au LibĂ©ria et en Sierra LĂ©one, le GĂ©nĂ©ral KonatĂ© Ă©tait en Sierra LĂ©one et moi j’étais au LibĂ©ria.

De part et d’autre, nous avons vĂ©cu cette guerre civile au delĂ  de nos frontiĂšres.

Nous avons vu des gens tomber, agoniser avant de mourir.

La guerre qu’elle soit civile ou classique, c’est le sang qui coule.
Le sang n’a pas de prix car, l’homme n’a pas la capacitĂ© d’en fabriquer.

Connaissant profondĂ©ment les consĂ©quences d’une telle crise, nous faisons tout avec modĂ©ration pour faire prĂ©valoir l’esprit de paix et de tolĂ©rance.

Chaque guinéen, quelque soit sa confession religieuse, son appartenance ethnique et sa sensibilité politique doit faire des efforts pour accepter la tolérance et la différence.

La différence, parce que la Guinée est une diversité sociale, la tolérance, parce que nous ne sommes pas parfaits.

Notre lutte commune et sacrĂ©e aujourd’hui est de lutter contre le vandalisme qui a pris des proportions inquiĂ©tantes n’ayant aucun aspect politique et n’épargnant personne.

Nous sommes pris en otage par des ‘’loubards’’ et des bandits de grand chemin qui n’épargnent rien sur leur passage et qui risquent d’ĂȘtre une force du mal si nous ne faisons pas front commun.

Je dĂ©clare avec conviction que des gens retenus dans les locaux de la Police et de la Gendarmerie ne sont ni Ă©lecteurs, ni Ă©ligibles donc, ne rĂ©pondant au nom d’aucun parti politique.

Comment pouvons nous accepter de nous laisser, divisés par des actes de vandalismes dont les partis politiques et le gouvernement ne sont nullement responsables et dont les auteurs constituent une insécurité et une menace pour chaque guinéen.

Il n’y a pas de dĂ©mocratie sans sĂ©curitĂ©, il n’ y a pas de paix sans sĂ©curitĂ©, il n’y a pas de dĂ©veloppement sans sĂ©curitĂ©.

Conakry, le 20 Novembre 2010
Général Mamadouba Toto Camara
Ministre de la sécurité et de la protection civile


Africaguinee.com

  Rubrique: Politique  date: 24-Nov-2010 à 09:34:15  Partager:   :

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