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Présidentielle au Burkina: 4 candidats d'opposition rejettent les résultats





OUAGADOUGOU - Quatre candidats d'opposition ont rejeté mardi par avance les résultats de la présidentielle de dimanche au Burkina Faso, affirmant que de "graves irrégularités" avaient entaché ce scrutin dont Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, était le grand favori.

"Nous, candidats de l'opposition, (...) rejetons tout résultat, aussi provisoire soit-il, qui sera prononcé" par la commission électorale "actuelle à l'issue du premier tour du scrutin présidentiel du 21 novembre 2010", indiquent dans une déclaration lue à Ouagadougou les candidats Bénéwendé Stanislas Sankara, Hama Arba Diallo, Boukari Kaboré et François Ouampoussogo Kaboré.

De "graves irrégularités" à travers le pays "entachent sérieusement la crédibilité et la régularité du scrutin", affirment-ils, réclamant "la reprise effective" de l'élection "dans des conditions régulières".

Parmi ces "irrégularités", qui s'ajoutent selon eux à "la non-légalité des cartes d'électeur", ils citent l'"existence de listes parallèles d'électeurs", des "votes multiples" de certaines personnes ou la "rétention intentionnelle" de cartes d'identité dans des "fiefs de l'opposition".

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) compte proclamer les résultats provisoires jeudi "au plus tard".

Les quatre opposants ont réclamé "la démission immédiate et sans condition du président actuel de la Céni", Moussa Michel Tapsoba, et la réorganisation de cette structure multipartite.

La mission dobservation de la Communauté économique des Etats dAfrique de lOuest (Cédéao) a jugé lundi "crédible" et "transparente" la présidentielle.

Quelque 3,2 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour ce scrutin que le président Compaoré, au pouvoir depuis le coup d'Etat de 1987, semblait assuré de remporter face à une opposition faible et divisée. Mais les Burkinabè s'étaient peu mobilisés pour cette élection sans suspense.

Les deux autres rivaux de M. Compaoré, l'opposant Emile Pargui Paré et l'indépendant Maxime Kaboré, n'ont pas signé la déclaration de mardi.

Les quatre signataires ainsi que M. Paré avaient dénoncé avant le vote des "irrégularités" sur les cartes d'électeur, qui faisaient planer selon eux un risque de fraude, et ont introduit un recours auprès de la justice pour contester la légalité de ces documents.

Après avoir envisagé un retrait de la course, ces opposants s'étaient ravisés la veille du scrutin au nom du "respect des électeurs".

A 59 ans, M. Compaoré briguait son dernier quinquennat à la tête de ce pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, l'un des plus pauvres du monde. Mais son parti a dit vouloir réviser la Constitution pour lui permettre de se représenter après 2015, suscitant des mises en garde de l'opposition.

Le chef de l'Etat n'a pas révélé ses intentions mais a laissé toutes les options ouvertes et revendiqué le seul souci de "consolider la démocratie".


Source:AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 23-Nov-2010 ŕ 19:06:03  Partager:   :

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