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Siré KOMARA, auteur de " MES RACINES"«On ne trouve jamais mieux que chez soi. Il vaut mieux cherch


[IMG1]Après l'Edition du célèbre ouvrage " Mes Racines", Siré Komara, récidive avec une autre édition de bande dessinée pour les tout-jeunes. Une histoire de téléphone portable. Captivant !



Africaguinee.com: Présentez-vous à nos chers lecteurs s'il vous plait...

Siré Komara: Bonjour ! Siré Komara, c'est une fille de seize (16) ans, qui vit en Egypte. Je suis guinéenne et j'ai écrit un livre (Mes racines) et cette année, j'ai pu publier un second ouvrage(bande dessinée) qui s’appelle «Le Téléphone de Siré».

Vous êtes élève, quelle classe faites-vous ? Comment parvenez-vous à concilier études et écriture?

Je passe au lycée. En fait, l'écriture et l'école, ça va de pair. C'est la même chose à mon avis. Parce que, ce que j'apprends à l'école c'est de ça que je me sers pour écrire mes livres. Donc ce n'est pas si difficile.

C'est quoi, votre premier livre, qu'avez-vous raconté là dedans ?

Le premier livre s'appelle (Mes racines). J’y explique les différentes façons de vivre en Guinée et en Egypte parce que j'ai quitté la Guinée quand j'avais 3 ans, et j'ai grandi en Egypte. J’y parle aussi de tout ce qui m’a marquée une fois dans mon pays, à savoir mes contacts avec les différents membres de ma famille, mes causeries avec ma grand-mère, et mes observations à Kankan et Conakry et le pays ; mes contacts avec mes amis et mes sentiments sur certaines de leurs réflexions. J’y explique aussi un peu la différence entre vivre à l'extérieur et vivre dans son propre pays.

Que vous a t-on dit après la publication de votre livre. Vous avez rencontré sûrement des lecteurs qui vous ont donné leur point de vue par rapport à vos écrits ?

Oui, tous les jours je rencontre de nouvelles personnes ou je reçois des emails, des mots d'encouragements, qui me disent de continuer. Parfois, des gens me demandent de les aider à écrire des livres. Donc depuis la première expérience, les choses avancent de mieux en mieux pour moi.

C'est vrai que les choses avancent, parce qu'on dit que vous avez déjà une bande dessinée, c'est quoi cette bande dessinée ?

Au début ce n'était pas une bande dessinée, c'était un projet de livre, c'était le premier livre que je devrais sortir. J'ai eu à le montrer au professeur Djibril Tamsir Niane, pour qu'il m'aide à le publier. Il m'a donnée l'idée de le sortir sous forme de bande dessinée qui s'appelle « Le Téléphone de Siré ». En fait, c'est une caricature des gens qui sont très vantards, qui aiment bien se montrer. En vérité, c'est ma propre histoire, c'est une jeune fille qui est au collège et qui voudrait faire comme toutes ses amies. Parce qu'en ce moment là, chacun avait un téléphone portable, chacun avait des objets ou choses de marque à l'école. Et elle, ses parents veulent l'éloigner de ce genre de choses. Depuis le primaire, elle demande à ses parents de lui acheter un portable. Pour être comme tout le monde.

Finalement, quand elle arrive au collège, son père lui donne un portable, mais elle n'arrive pas à se contenter de ça. Donc, elle s’empare des deux portables de ses parents pour aller à l'école et les montrer avec vanité à ses amis. Et, enfin de compte, on lui vole les deux portables. Elle est frappée d’un grand regret pour ce comportement, à savoir pourquoi elle a agi ainsi. Elle comprend qu'en fait ce n'est pas bien la vantardise, et que ce n'est pas bien de se montrer aux gens. Il faut se suffire de ce qu'on est.

Cette bande dessinée est parue quand ?

C'est paru depuis l'année dernière, mais je n'ai pas encore eu le temps de faire la promotion, et cette année je suis venue pour cela en profitant des vacances.

Vous êtes porte-parole des jeunes ou des Guinéens de l'extérieur. Comment vous vous retrouvez dans cette histoire ?

Selon ma vision, ce regard, j'espère qu'il y a beaucoup de gens en Guinée ou de compatriotes de l'extérieur qui pourront s’y reconnaître. J'espère qu'un jour en me lisant, ou en me voyant, qu'on puisse se dire Ah! Cette fille, j'aimerais bien être comme elle, ou j'ai été comme elle.

Vous êtes déjà en avance avec deux publications. Que comptez-vous faire à l'université ?

Médecine, j'aimerais bien faire la pédiatrie ou la psychologie. Ça dépend, lorsque je finirai le lycée, on verra.

Et ces études, est-ce difficile pour une Guinéenne qui est à l'extérieur ?

Non, je suis à l'extérieur depuis que j'avais 3 ans, j'arrive à m'adapter maintenant.

Que pensez-vous des jeunes qui fuient clandestinement la Guinée pour l'occident ?

Cela ne vaut pas la peine, parce que quand on s'enfuit de son pays pour aller chercher des choses en Europe, on ne trouve jamais mieux que chez soi. Il vaut mieux chercher, travailler chez soi pour faire avancer le pays. Des jeunes s'enfuient parce qu'ils n'aiment pas peut-ĂŞtre ce qu'ils vivent ici.

Justement pour faire changer la Guinée, des évènements se sont produits récemment. Ecrire “ Mes Racines”, témoigne de ce que vous ressentez pour votre Guinée natale. Surtout, comment vous êtes vous sentie pendant cette grève et ses cortèges de morts ici ?

J'ai beaucoup de peine pour les morts, je pense que d'un côté, c'est une bonne chose, ce qui s'est passé ; parce que cela nous a tous permis de nous réveiller un peu et de savoir qu'on a tous un même objectif. J'espère qu'un jour on va l'atteindre, cet objectif.

Votre dernier mot: avez vous un conseil particulier à l'endroit de la jeunesse guinéenne ?

J'aimerais leur dire de persévérer; d'avoir le courage de bien travailler pour un jour revenir bâtir ici, pour qu'on puisse un jour être fier de notre pays. C'est ce que tout le monde cherche. J'espère un jour qu'on fera tous partie de ce pacte.

Interview réalisée par Mamadi Fofana
Pour Africaguinee.com





  Rubrique: Interview  date: 26-Jul-2007 ŕ 11:17:48  Partager:   :

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