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Tentative de coup d'Etat au Libéria:les libériens s'inquiètent....


[IMG1]Les inquiétudes des Libériens ont été ravivées après l'annonce en début de semaine d'une tentative de coup d'Etat contre le gouvernement de la présidente Ellen Johnson Sirleaf, dans ce pays fortement marqué par une série de guerres civiles meurtrières dans les années 1990.

George Koukou, ex-président de l'Assemblée nationale libérienne, et Charles Julu, ancien chef d'état-major de l'armée, ont été inculpés vendredi de "trahison" après avoir été arrêtés le 17 juillet parmi au moins six suspects dans de cadre de l'enquête sur une tentative de coup d'Etat, selon le gouvernement.

Les deux hommes sont accusés d'avoir été à l'initiative de cette entreprise de déstabilisation des institutions en place.

Une vidéo a notamment été montrée aux journalistes libériens jeudi, dans laquelle on peut reconnaître quatre personnes, dont Charles Julu et d'anciens officiers de l'armée, discuter des détails du coup d'Etat.

Selon des sources proches de l'enquête, des responsables du gouvernement actuel ont aidé à financer ce plan.

Ces évènements préoccupent de nombreux Libériens, qui tentent péniblement de tourner la page de presque trois décennies de troubles institutionnels, dont une série de guerres civiles entre 1989 et 2003.

"Il est vraiment triste d'apprendre que certaines personnes veulent renverser le gouvernement après ce que nous avons traversé pendant 15 ans", déplore Jackson Spear, responsable d'une ONG ouest-africaine, la Fondation internationale pour la dignité humaine.

"Cela devient vraiment grave et je ne pense pas que le gouvernement doive prendre cela à la légère", estime quant à lui William Lewis, un important homme d'affaires.

De son côté, le gouvernement de Ellen Johnson Sirleaf, élue démocratiquement fin 2005 avec le soutien de la communauté internationale, fait son possible pour relativiser la portée de l'évènement.

"Nous appelons la population à demeurer calme. Tous doivent poursuivre leurs activités normales. Ceux qui voulaient commettre (le coup d'Etat) ont déjà été arrêtés", soulignait vendredi le ministre de l'Information Lawrence Bropleh.

De l'avis d'un diplomate africain, les coups d'Etat sont habituellement perpétrés dans un contexte de grogne populaire contre les autorités, mais selon lui, ce n'est pas vraiment le cas actuellement car le gouvernement "fournit beaucoup d'efforts" pour sortir la population d'une extrême pauvreté.

"Même si (le coup d'Etat) était fondé, il serait complètement irrationnel considérant qu'un important contingent de troupes des Nations unies est déployé dans le pays", souligne encore le diplomate.

La Mission des Nations unies au Liberia (Minul), qui compte près de 14.000 militaires, a pris en main la sécurité du pays depuis 2003, date de la fin de guerres civiles qui ont fait quelque 270.000 morts en 14 ans.

Charles Julu, chef d'état-major de l'armée sous la présidence de Samuel Doe (1980-1990), s'était rendu célèbre en 1995 par une tentative avortée de coup d'Etat contre le gouvernement d'union dirigé par Amos Sawyer.

Il s'était alors emparé du palais présidentiel et auto-proclamé président avant d'en être délogé quelques minutes plus tard.

Il avait été condamné à sept ans de prison avant d'être libéré après un an passé en cellule, officiellement "dans l'intérêt de la réconciliation et de la paix."

George Koukou, président de l'Assemblée nationale sous le gouvernement intérimaire de Gyude Bryant (2003-2005), est un ancien proche de l'ex-président Charles Taylor, aujourd'hui traduit en justice à La Haye pour crimes de guerre devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL

Africaguinee.com
Source:AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 21-Jul-2007 à 22:09:31  Partager:   :

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