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Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé: Quand l'hypocrisie devient une arme...





Lundi dernier, les candidats Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé se sont serrés les pinces, sous le regard naïf et impuissant du Général Konaté. Devant les micros, Cellou et Alpha ont brillé par une hypocrisie sans borne. Chacun a promis d’agir pour la paix mais surtout (et c’est là où ça coince !),ils ont promis chacun de partager le pouvoir dans un gouvernement d’union nationale qui sera mis en place après les élections ! Un vœu pieux qui a soulagé les Guinéens et la communauté internationale, tous fatigués par cette guerre des chefs qui n’a que trop duré. Mais derrière les accolades officiels, certains signes nous montrent que Cellou et Alpha sont loin de fumer le calumet de la paix. Au contraire ! Voyons de plus près….


CENI : Une "charogne" pour des vautours affamés !

Alors que nos candidats multiplient les vœux pieux devant l’opinion nationale et internationale, Cellou et Alpha continuent de se livrer une bataille sans merci pour contrôler cette « boîte à élections », pondue par le régime du Manguè Conté.A quelques jours du scrutin annoncé le 24 octobre, nos deux candidats tirent les ficelles pour avoir un « président « marionnette à la tête de la CENI. Et la bataille est loin d’être gagnée…




Primo, cette querelle intestine à la CENI prouve une nouvelle fois, le manque de vision de nos chefs. Le vieux général Conté, pour légitimer ses résultats « soviétiques » avait fabriqué une CENI taillée sur mesure, avec à sa tête un président marionnette doté de pouvoirs énormes. L’important, ce n’était pas l’institution mais la personne qui la dirige. A l'époque, le vieux Général avait prévu que cette CENI soit partagée entre les membres de la mouvance présidentielle , les membres de l'opposition et les représentants de la société civile.Un schéma complètement inadapté au contexte politique actuel, car il n' y a plus de mouvance présidentielle, ni d'opposition!Hélas, la classe politique guinéenne est tombée dans ce piège infernal, malgré les signes de fatigue du défunt Ben Sékou Sylla, déjà contesté par l’alliance d’Alpha Condé. Comme solution donc, il faudra revoir les textes de la CENI, pour diminuer les pouvoirs du président et offrir un équilibre des pouvoirs entre ses membres , pour éviter toute fraude en faveur d’un candidat. Mais à dix jours d’un scrutin présidentiel, la tâche s’avère titanesque quand on sait que pour trouver un compromis sur les termes, ça peut bavarder plusieurs jours ! Mais la paix n’a pas de prix. Encore faut-il que les Guinéens acceptent d’en finir avec cette crise sans fin !

Secundo, après plusieurs mois d’acrobatie, et une mise sur la touche du plus « Doré » de nos ministres et son MATAP, tout le monde est unanime que c’est la CENI qui organise nos élections. Tant mieux ! Seulement, cette boîte à élections composée de 25 membres, suscite aussi des appétits, car l’enjeu financier est énorme. Il s’agit en effet de gérer un budget électoral pour le second tour de la présidentielle, estimé à 91 milliards de franc guinéen (environ 13,2 millions de dollars), selon une estimation de la CENI. Une somme suffisante pour aiguiser l’appétit de tous les vautours qui cherchent à se sucrer pendant ces élections. Et comme la confiance n’existe plus entre les membres de cette boîte, mieux vaut contrôler la présidence pour espérer quelques miettes sur le dos de nos populations. Eh oui ! Malheur à celui qui va mettre son nez dans les « affaires internes » de la CENI, on va vite crier au scandale, au nom de « l’indépendance et la neutralité » de cette boîte à élections. Évidemment, Cellou et Alpha sont conscients de cette situation, autant donc trouver un président qui n’est pas « hostile ».Comme remède, il faudra exiger une transparence dans la gestion de ces fonds à travers un audit qui sera fait dès la fin du scrutin .Mais la paix n’a pas de prix. Encore faut-il que les Guinéens acceptent d’en finir avec cette crise sans fin !




Gouvernement d’Union nationale : parler sans trop y croire !

Coincés par le Général Sékouba Konaté, Cellou et Alpha ont poursuivi leurs « négociations » avec le "Manguè de l’ombre" Tibou Kamara, pour dénouer la crise. Bien sûr, dans une belle langue de bois, nos deux candidats ont parlé de tout, sauf l’essentiel : la crise de la CENI. Devant l’opinion nationale et internationale, Cellou et Alpha ont promis chacun de partager le pouvoir avec son adversaire s’il accède au kibanyi présidentiel. Mais faut-il y croire ? Pas si sûr…

Primo, si les élections sont terminées, il est difficile d’imaginer l’un des candidats offrir des postes de souveraineté à son adversaire. La raison ? Eh bien chacun a fabriqué ses alliances en promettant des postes stratégiques à ses alliés en cas de victoire. Difficile donc d’imaginer Alpha Condé à la primature si Cellou est élu, alors que les alliés comme Sidya ou Abe Sylla ont tous mis dans la balance pour assurer la victoire de Cellou. Même scénario chez Alpha Condé s’il est élu, car Lansana Kouyaté ou François Fall aimerait bien le fauteuil de la primature sur Cellou Dalein Diallo. Bref, s’il y aura des postes à offrir aux adversaires, ils ne seront pas prestigieux. Les départements comme l’élevage ou celui des Affaires religieuses sont des « miettes » que chaque candidat peut donner à ses adversaires, sans créer un tollé parmi ses alliés. Comme remède, la démocratie guinéenne se porterait mieux, si l’alliance qui perd la présidentielle, contrôle la future assemblée nationale à l’issue des élections législatives. Un tel scénario serait bénéfique pour la démocratie guinéenne, car le président du parlement devient de facto, le numéro 2 du régime avec des pouvoirs indépendants par rapport au locataire du palais de Sékhoutouréya. Mais la paix n'a pas de prix.Encore faut-il que les Guinéens acceptent d’en finir avec cette crise sans fin !


Secundo, avec deux candidats qui ont des visions totalement opposées, des ego antagonistes, il est difficile d’imaginer une cohabitation entre Cellou et Alpha dans l’exécutif .La raison ? Eh bien il risque d’y avoir un blocage au sein de l’exécutif avec des ministres pro-Cellou ou pro-Alpha. Un scénario identique au cauchemar qui sévit actuellement au sein de la boîte à élections (CENI) qui bloque tout. Car personne n’est au-dessus de la mêlée, sauf le président bien sûr. Sans oublier, les passions ethniques qui aveuglent même nos hauts cadres qui oublient que la Guinée est une et indivisible !Comme solution, chaque candidat peut choisir une liste de « ministrables » parmi ses alliés, en sachant que le dernier mot appartient au camp adverse, qui va logiquement se tailler la part du lion dans le futur gouvernement ! Mais la paix n’a pas de prix. Encore faut-il que les Guinéens acceptent d’en finir avec cette crise sans fin !


En définitive, dans leur course à la présidence, Cellou et Alpha ont appris le cynisme qui rode autour du marigot politique guinéen. Comme de vieux crocodiles, nos deux candidats affichent un large sourire pour « mieux tuer l’adversaire ».Dans ce pénible apprentissage de la démocratie, les Guinéens assistent impuissants à cette guerre des chefs, qui risque de plonger le pays dans des troubles. Hélas, ils ont appris (trop tard ?) qu’une institution, c’est d’abord les textes, pas un individu. La confiance ? Ça vient après les textes. Pour la CENI, il est difficile d’envisager sa dissolution sans compromettre le processus électoral, car malgré ses imperfections, c’est bien la CENI qui avait organisé le premier tour, le 27 Juin. Il faudra donc revoir les textes de la CENI car un président dont les pouvoirs sont revus à la baisse, sera plus « consensuel » pour nos deux candidats, fut-il de patronyme « Diallo » ou « Condé ».Quand à l’utopique gouvernement d’union nationale, c’est un signe que nos leaders adorent mettre la charrue avant les bœufs !L’enjeu du moment, c’est ce second tour qui va marquer peut-être la fin du supplice pour les millions de Guinéens qui espèrent enfin, voire leur pays dans le cercle de la démocratie. Et il faut faire vite, car plus le temps passe, plus les nerfs sont à vifs ! En attendant, le « Tigre » Konaté doit sortir ses griffes pour calmer les animaux politiques de la jungle guinéenne !Mais ceci est une autre histoire...

A la semaine prochaine !

Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Coup de gueule  date: 14-Oct-2010 ŕ 15:30:23  Partager:   :

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