
PARIS-Entre Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, ça coince. Donné partant du Quai d'orsay au prochain remaniement du gouvernement, le chef de la diplomatie française n'apprécie guère que le président Sarkozy ait mandaté son plus proche conseiller pour une mission diplomatique.
Mercredi dernier, lors du conseil des ministres, les deux hommes ont eu un échange remarqué.
Il portait sur la Côte d'Ivoire, où le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant s'est rendu dimanche dernier à la demande du chef de l'Etat. Il s'y est entretenu avec le président Laurent Gbagbo, dans la perspective du scrutin présidentiel dont le premier tour a été fixé au 31 octobre.
Echange courtois selon les uns, glacial selon d'autres
Comme chaque semaine, Bernard Kouchner a fait une communication sur la situation internationale. Le président de la République lui a alors demandé pourquoi il n'avait pas évoqué la Côte d'Ivoire. «Je peux vous en parler, même si le secrétaire général de l'Elysée pourrait le faire mieux que moi puisqu'il y était dimanche», lui a répliqué le patron du Quai d'Orsay. Selon certains des ministres présents, Nicolas Sarkozy a alors affirmé : «La situation est très compliquée (en Côte d'Ivoire), il ne faut pas engager le gouvernement, c'est pour ça que j'y ai envoyé Claude Guéant (et non le chef de la diplomatie)».
L'échange entre le chef de l'Etat et son emblématique ministre d'ouverture s'est produit en présence de Claude Guéant qui, dans le cadre de ses fonctions, assiste au Conseil des ministres sans y prendre la parole. Tous deux sont en effet chargés du compte-rendu du Conseil. Deux ministres ont rapporté à l'AFP cet échange, «courtois» selon l'un, «sans agacement», selon l'autre, entre le président et son ministre . Vendredi matin, Europe 1 a assuré qu'il avait été «glacial».
Dans son édition de jeudi, déjà , le Nouvel Observateur affirme que Bernard Kouchner s'était plaint de subir des «humiliations» des conseillers du président dans une «lettre de démission» remise le 25 août au chef de l'Etat. Dans un communiqué, Kouchner avait aussitôt réagi en réaffirmant sa «loyauté» au président, tandis que l'Elysée assurait n'avoir jamais reçu de démission par écrit.
Le Parisien-AFP |
  Rubrique: International  date: 09-Oct-2010 à 11:08:48  Partager:   :  |