
Le Premier ministre a reçu en fin d’après midi hier jeudi une délégation du groupe international de contact composée des représentants de l’Union africaine, de la Cedeao et des Nations Unies. D’entrée, le Professeur Ibrahima Fall porte parole de la délégation a fait part de l’objet de la visite. Celui tout d’abord de féliciter les acteurs de la transition pour avoir réussi à trouver un consensus autour de la date du 19 septembre pour l’organisation du second tour du scrutin présidentiel.
Ensuite, les représentants du groupe international de contact ont salué l’engagement du gouvernement qui a dégagé une enveloppe de 20 milliards pour l’organisation du second tour. Cette mesure a réjoui les représentants de la communauté internationale car elle traduit selon le Professeur Ibrahima Fall « la volonté des autorités de la transition de conduire la transition seulement jusqu’au 19 septembre et pas au-delà ».
Et à Said Djinnit représentant du Secrétaire général des nations unies en Afrique de l’ouest d’ajouter « nous nous réjouissons de cette décision consensuelle et nous sommes venus pour voir dans quelle mesure on peut continuer à vous aider ». Toutefois, le groupe de contact a exprimé quelques inquiétudes au sujet des changements en vue du dispositif institutionnel et réglementaire pour l’organisation du second tour des élections.
A ce niveau, le Premier ministre a fait larges détails des défaillances constatées lors du premier tour du scrutin présidentiel. Au vu des ces ratés, il a été décidé, sur la base des recommandations du comité ad hoc d’impliquer davantage le MATAP dans l’organisation des élections pour aider la CENI à corriger ses lacunes. « Il faut donc que les choses soient claires et c’es t dans ce cadre que nous pensons qu’il faut donner une base juridique à l’intervention du MATAP pour que chaque acteur sache son rôle dans le cadre de la cogestion du processus ».
Convaincu de la nécessité de la cogestion, le chef du gouvernement affirme « si le MATAP est impliqué de façon claire dans le processus, nous partagerons avec la CENI les lauriers de la réussite ou alors les coups de pied de l’échec. Mais je souhaite qu’on réussisse à organiser des élections propres pour éviter à notre Pays de subir d’autres secousses, la situation économique est déjà mauvaise donc faisons tout pour ne pas qu’il y ait un autre choc qui pourrait être cette fois difficile à supporter».
Ces dispositions pourraient ainsi aider à l’acheminement à temps des urnes et au transport des résultats sans risque qu’ils ne soient altérés. Ainsi pour le Premier ministre, il n’est nullement question dans ce projet d’ordonnance de dépouiller la CENI de ses attributions ; « je serai le premier à m’opposer à ce que la CENI soit remplacée par le MATAP dont le rôle se limitera à la gestion matérielle, mais il faudrait lui en donner une assise juridique ».
Plus loin, Jean Marie Doré ajoute « nous avons un devoir face à l’histoire et tout ce que nous faisons, c’est pour améliorer le scrutin et non pas pour tricher afin que demain la légitimité du futur Président de la République ne souffre d’aucune contestation sérieuse. ».
Avec une dose d’incompréhension, Jean Marie Doré s’interroge « pourquoi, on veut nous empêcher de lever les équivoques alors que nous voulons simplement démanteler tout système de fraude dans le processus ? ».
L’autre souci exprimé par les délégués du groupe de contact international portait sur la neutralité du personnel de commandement avec le principe de cogestion. Et pour rassurer, le Premier ministre dira que « c’est vrai que nous avons reçu les Préfets et Gouverneurs auxquels on avait indiqué au départ de ne pas se mêler pour leur dire cette fois-ci de s’impliquer mais dans les limites des directives qui leurs seront données. Ils seront impliqués pour appuyer la CENI afin de garantir la transparence du scrutin et cela de façon neutre. Il faut reconnaitre que ces Préfets et gouverneurs exercent leur autorité dans des conditions difficiles. Ils ont donc posé des doléances dans ce sens et c’est ainsi que des moyens ont été mis à leur disposition ».
Toujours dans ce cadre, Ibrahima FALL dira au Premier ministre qu’ « il est essentiel que l’administration soit neutre dans le processus et le fait que vous l’ayez vous-même rappelé, nous rassure »
Quant aux accusations sur son supposé soutien à un candidat, Jean Marie Doré dira « je connais Cellou et Alpha, ce sont tous des copains à moi, je connais les défauts et les qualités de chacun d’eux, mais cela ne rentre pas en ligne de compte dans l’appréciation que je fais du processus et puis je n’ai aucun intérêt à soutenir un candidat au détriment de l’autre. Notre souci c’est la transparence des élections pour éviter le péril qui guette notre Pays ».
Par ailleurs, le Premier ministre a exprimé à la délégation du groupe international de contact international le souci du gouvernement au sujet de la fourniture à la Fossepel du matériel pour le maintien de l’ordre. A ce niveau, la représentante de la CEDEAO indiquera que des dispositions sont en train d’être prises par son institution dans ce sens.
Au terme de l’exposé du Premier ministre, le Professeur FALL de l’Union africaine dira que « nous n’avons jamais mis en doute la volonté des autorités de la transition de conduire le processus à son terme et c’est pour cela que nous sommes à vos côtés ». Et comme vous, ajoute- t-il « nous sommes également soucieux de la paix à la sauvegarde de laquelle votre gouvernement travaille ».
Cette rencontre a permis des échanges fructueux qui ont permis aux et aux autres d’être au même niveau d’information par rapport aux dispositions envisagées par le gouvernement pour obtenir un second tour de la présidentielle à la fois transparent et crédible.
Mamadou SAM, directeur de la cellule de Communication de la Primature
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  Rubrique: Politique  date: 21-Aug-2010 ŕ 13:36:55  Partager:   :  |