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L'homme d'affaires, Alpha Amadou Diallo, PDG de la SCF : « Je n’entretiens pas de relation d’affaire


[IMG1]Suite aux pillages de ses magasins le 12 mai dernier à Matam par des militaires et civils, le PDG de la Société de Commerce et de Financement (SCF), Alpha Amadou Diallo, ne veut plus subir et se taire. Il l’a fait savoir mercredi 20 juin, à travers un point de presse qu’il a animé.

L’opérateur économique s’est prononcé, entre autres, sur les casses qu’il a enregistrées lors des évènement des 2 et 3 février 1996, les 12 et 13 mai derniers ainsi que ses rapports avec l’armée.

D’entrée, l'homme d'affaires plante le décor en remerciant les Guinéens qui ont toujours été à ses côtés pendant les moments difficiles qu’il a connus dans le pays. Pour lui, contrairement aux années passées, la colère des militaires n’a, cette fois-ci, visiblement touché que sa société située en plein cœur de Matam. Une société dont les entrepôts ont été vidés de leur contenu par des éléments incontrôlés de l’armée et certains loubards, déclare le PDG de la SCF.

Parlant de sa richesse, Alpha Amadou confie que c’est à bas âge qu’il a été piqué par le virus argent. Et ses parents lui ont apporté bénédictions. « Finalement, dit-il, j’ai quitté la Guinée pour aller dans les pays limitrophes. C’est à la faveur du changement amorcé en 1984 que je suis rentré au pays. (...) Ensuite, nous avons été appelés par le Président de la République pour apporter notre pierre à l’édification de la maison Guinée. » Concernant le problème de riz, denrée très prisée des Guinéens, l’opérateur économique dit que son pays, la Guinée, a l'un des plus bas prix parmi les pays limitrophes. Mais, ajoute-t-il, « nous avons une monnaie faible, non soutenue et qui ne rassure pas beaucoup. »

Frappé par le pillage de ses ''avoirs'' dans la nuit du 12 au 13 mai, le numéro un de la SCF dit être étonné car « nous n’avons pas failli un seul jour à nos engagements vis-à-vis de l’armée. »

« Au lendemain de cette attaque, soutient-il, c’est la crédibilité de notre pays qui était en jeu. Ce n’est pas ce qui est arrivé à ma société qui est ici important mais ce que tout le peuple de Guinée a vécu comme désolation. »

« L’argent ce n’est pas plus important que travailler dignement », lance l’opérateur économique comme pour fermer la parenthèse.

Pour lui, il n’a pas eu la chance d’aller à l’école, mais il est pétri d’expérience pour avoir duré dans les affaires et pour avoir côtoyé les grands du monde en Afrique, en Asie, en Europe et aussi en Amérique.

Evoquant une possible plainte contre les pilleurs, Alpha Amadou est catégorique : « Nous avons constitué les dossiers et en définitive nous allons porter plainte. D’ailleurs, le gouvernement, à travers son porte-parole, n’a pas manqué de fustiger ce genre de comportement qui n’honore guère notre pays. »

Contrairement à certains opérateurs économiques, Alpha Amadou déclare que sa société est ''une société familiale''. « Si j’ai des associés, c’est ma famille », rassure-t-il.

Parlant de la flambée des prix sur le marché, le patron de la SCF indexe surtout la non stabilité de la monnaie nationale. « Sinon, ajoute-t-il, la consommation annuelle de la Guinée en riz ne dépasse point les 400.000 tonnes. »

« Tant qu’on n’aura pas une monnaie stable, les prix ne cesseront jamais de grimper. Ce ne sont pas les commerçants qui font grimper les prix. Ils ne font qu’acheter et revendre », martèle le businessman.

Interrogé sur ses relations avec le patron de Futurelec Holding, Mamadou Sylla, Alpha Amadou ne s’encombre pas de mots : « Je gère ma société ».

Et à la question de savoir qui de Mamadou Sylla ou de lui est plus riche, Alpha Amadou rétorque, « je ne connais pas et ça ne m’intéresse pas ».

Etes-vous débiteur vis-à-vis de l’Etat guinéen ? Alpha Amadou répond par un Non. « Je ne dois pas à l’Etat. A ce jour, c’est l’Etat qui me doit ».

Plus loin, le PDG de la SCF s’élève contre ceux qui l’ont accusé d’avoir pris des pots-de-vin dans l’affaire Sonatel (une société de télécommunications) à l’époque Cellou Dalein, ex Premier ministre. « J’ai été très surpris d’apprendre que j’ai pris 3 millions d’euros dans l’affaire Sonatel alors que j’étais encore très malade…Ce ne sont que des rumeurs et je dirai d'ailleurs une conspiration contre ma personne. Egalement, une autre nouvelle m’avait accusé d’avoir sorti de l’argent avec des hauts gradés de l’armée en l’absence du Premier ministre et de son ministre des Finances. Alors que c’est le Premier ministre lui même qui avait ordonné le décaissement. C’est vraiment étonnant ».

Evoquant l'affaire du riz livré aux militaires, Alpha Amadou dit qu’il a eu ce marché il y a seulement 2 ans: « Chaque mois, je livre 3500 tonnes de riz par mois. Soit 70.000 sacs. »

On vous accuse d’être dans des combines avec des hauts gradés de l’armée, qu’en est-il exactement? Alpha Amadou rejette en bloc cette accusation et soutient dur comme fer qu’il n’a pas de relation avec les responsables de l’armée.

« Je n’entretiens pas de relation d’affaires avec un haut gradé de l’armée. Ce sont les contrats qui nous lient. C’est une seule fois que j’ai rencontré l’Intendant général de l’armée à l’époque (…) Et j’ajoute que je n’ai jamais facturé l’armée pour quoi que ce soit comme certains le font croire ». Et d’ajouter que « nous devons encourager les opérateurs économiques qui créent de l’emploi. »

Mamadi Fofana
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com



  Rubrique: SociĂ©tĂ©  date: 21-Jun-2007 ŕ 17:48:31  Partager:   :

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