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Institutions de microfinance de Guinée: Un bilan peu élogieux


[IMG1]Comment accroître l’impact de la microfinance sur les populations guinéennes ? Tel était l’objectif d’une mission d’évaluation de Africa Microfinance Network (AFMIN) conduite par l'Ivoirien Tanoe Cyrille.

C’est au cours d’un point de presse, organisé la semaine dernière, que le diagnostic a été posé.

Pour Tidiane Diandia Barry, Président de l'Association Professionnelle des institutions de Microfinance de Guinée (APIM-G), "c’est à la faveur de la prise du pouvoir par l’armée que la Guinée a connu l’émergence de la microfinance. Un investissement motivé par la libéralisation économique".

Mais, ajoute-t-il, c’est seulement à partir de 2000 que la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a pris des lois réglementant la microfinance. ‘’Actuellement, seulement 8 institutions de microfinance sont officiellement enregistrées dans le pays et sont membres de APIM-Guinée".

Parlant des chiffres, le président de APIM-G dira que toutes les institutions réunies, l'encourt crédit est de 38 milliards de francs guinéens, 20 milliards d’encourt d’épargne et plus de 200 mille clients prêts.

« Ces chiffres sont très peu pour une population estimée à plus de 9 millions d’habitants. Le secteur de la microfinance est inexploré en Guinée. Donc vierge. Notre souhait, c’est de passer de 200 mille à au moins 1 million de clients, " a-t-il ajouté.

Pour Cyrille, " la microfinance est en phase d’émergence en Guinée. On note quand même une volonté des acteurs actuels de faire avancer les choses. » Mais regrette plus loin, "le manque d’une bonne stratégie nationale de la microfinance au même titre que l’éducation ou la santé. Le gouvernement doit en faire un secteur prioritaire. Car la microfinance est un instrument efficace de lutte contre la pauvreté."

Parlant de l’évaluation proprement dite, il ajoutera qu’elle était surtout basée sur APIM-G. Ensuite, il reconnaît avoir rencontré des contacts en vue d’une plaidoirie pour une stratégie nationale. Ce qui, à ses yeux, permettra aux institutions guinéennes de répondre aux besoins des populations.

« A travers l’évaluation de APIM-G, nous avons compris comment la microfinance fonctionne en Guinée. Il faut davantage en créer et renforcer les capacités de celles déjà existantes. Ces institutions sont nées de façon spontanée. Il faut donc réglementer l’intervention des acteurs », a-til confié.

Comme soutien, l'agent de AFIM martèle que "des partenaires ont été rencontrés en vue d’insuffler une nouvelle dynamique aux institutions de microfinance en Guinée. La microfinance en Guinée est en chantier et le taux de pénétration reste très faible. Raison pour laquelle, nous demandons aux autorités guinéennes de soutenir ces initiatives."

Pourquoi la faiblesse de l’encourt client en Guinée ? Tidiane Diandia Barry parlera d’un problème de ressources et de crise d’institution.

« Dans les pays voisins, vous trouverez 20 à 40 institutions de microfinance. En Guinée, seuls le Crédit rural et PRIDE/FINANCE qui ont une entrée dans l’arrière-pays. La disparition du crédit mutuel de Guinée y a beaucoup joué. Aujourd’hui, la demande est forte mais le crédit est faible", a-t-il enfin conclu .

Mamadi Fofana
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Economie  date: 14-Jun-2007 à 16:14:41  Partager:   :

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