
Après le vote hier dimanche, le processus de décompte et de centralisation des résultats se poursuit en Guinée.Pour le chef de la mission d'observation électorale de l’UE en Guinée, tous les acteurs du scrutin présidentiel doivent s'impliquer pour préserver la paix sociale dans le pays.Il s'est confié au micro de nos confrères de France 24...
France24.com - Quel bilan tirez-vous du premier tour de cette présidentielle présentée comme le premier scrutin démocratique de l’histoire de la Guinée indépendante ?
Alexander Lambsdorff Nous constatons d’abord que les citoyens guinéens se sont rendus dans les bureaux de vote avec beaucoup d’enthousiasme. Bien sûr, des problèmes techniques ont été constatés, mais il fallait s’y attendre. Pour un pays sans tradition démocratique, le calendrier de cette élection était extrêmement serré, cela n’a donc rien de surprenant.
Mais le point sur lequel nous tous, observateurs internationaux, tenons à insister, c’est que le processus électoral ne se termine pas avec la fermeture des bureaux de vote. Les jours qui viennent sont au moins aussi importants que le jour du scrutin, parce que c’est maintenant que commencent le décompte, la centralisation et la préparation de l’annonce des résultats.
Quels types d’incidents avez-vous constatés, et dans quelles régions du pays ?
Il y a eu quelques problèmes en Haute Guinée [centre-est du pays], notamment. Dans certains bureaux, il manquait la liste définitive des électeurs qui devaient y voter. Dans d’autres, cette liste existait mais elle ne correspondait pas à l’électorat. Il est toutefois beaucoup trop tôt pour en conclure que ces incidents remettent en cause la crédibilité du scrutin. Nous sommes en train de les analyser, car il est crucial que le processus électoral soit accepté par tous.
Appréhendez-vous l’annonce des résultats du premier tour ?
La campagne électorale s’est déroulée dans une atmosphère sereine, j’espère que cela va continuer. L’annonce des résultats va bien sûr susciter des émotions. Il s’agit d’une réaction normale, comme il en existe dans tous les pays du monde organisant des élections démocratiques. En ce qui nous concerne, notre appel est très clair : tous les acteurs du scrutin doivent poursuivre le processus de démocratisation de manière paisible et calme.
Jean-Baptiste MAROT
Source:France 24 |
  Rubrique: Interview  date: 28-Jun-2010 ŕ 15:12:57  Partager:   :  |