
48 heures avant le scrutin présidentiel les candidats en lice rivalisent pour séduire les électeurs.Pour Sidya Touré de l'Union des forces républicaines, il est le "candidat" qui rassemble tous les Guinéens au delà des divisions ethniques et communautaires...
RFI : Après 50 ans de dictature, est- ce que vous pensez que l’élection de dimanche prochain pourra vraiment être libre et transparente ?
Sidya Touré : C’est ce que nous souhaitons et je crois qu’il ne faut quand même pas beaucoup rêver, puisqu’il y’a quelques imperfections mais ça sera un très grand pas en avant par rapport à tout ce que ce pays à connu pendant ces 50 dernières années.
Vous ne craignez pas des chausse-trappes de la part des militaires au pouvoir ?
Bon franchement pas, je ne pense pas que les militaires aient l’intention de faire quoi que ce soit, c’est anormal parce que si c’était leur vœu, leur souhait, j’estime qu’ils n’auraient pas lancé ce processus jusqu’à la date d’aujourd’hui.
Vous croyez à la neutralité du Général Sékouba Konaté ?
Je crois à une volonté profonde de sa part de faire en sorte que ce pays renoue avec un système accepté par les Guinéens et par la Communauté internationale.
Si vous êtes élu, quelle sera votre première tâche ?
Je crois que c’est de faire en sorte que les Guinéens soient réconciliés. Deux choses sont essentielles aujourd’hui, le premier point c’est le consensus national qui est de faire en sorte que l’Unité nationale soit préservée. La manière dont certains partis politiques ont mené le débat n’est pas de nature à rassurer, la deuxième chose c’est le développement économique et social de ce pays. Ce pays pendant 50 ans a régressé énormément.
Vous avez été Premier ministre sous Lansana Conté, n’est-ce pas un handicap par rapport à des opposants de toujours comme Alpha Condé ?
Partout où je suis passé, je dis vraiment bien partout, les gens m’ont rappelé les trois années que j’ai passées à la Primature, qui ont été des années de stabilisation monétaire, des années de développement économique, des années de mise en place des infrastructures de base pendant cette période-là .
Certains disent que votre parti l’UFR est faiblement implanté et que votre fief de Basse Guinée ne fait pas le poids par rapport à ceux d’Alpha Condé et de Cellou Dalein Diallo. Qu’est- ce que vous leur répondez ?
Ça c’est effectivement un débat de début de campagne. Il faut savoir que le parti communautaire devait être la norme en Afrique, si je suis dans le peloton de tête alors que l’on raconte tout cela c’est parce que les Guinéens ont compris que ce communautarisme que certains politiciens mettent en avant n’était vraiment pas ce qu’il fallait à ce pays. Beaucoup d’entre eux reconnaissent que dans la situation de fragilité du pays, il vaut mieux un candidat non seulement qui a la capacité de gestion mais également qui rassemble la totalité des guinéens et qui ne s’ancre pas dans une communauté particulière.
Mais vos adversaires Cellou, Alpha et les autres disent aussi qu’ils ne sont pas les candidats d’une communauté ?
Oui, mais cela se prouve sur le terrain. Moi j’appartiens à une communauté qui ne représente que 2% de la population ethnique guinéenne. J’ai un programme que je développe depuis que le débat a commencé, et ce que je constate chez mes adversaires, c’est qu’ils sont aphones en matière de proposition.
Il y a quelques jours Sidya Touré, vous avez dénoncé les agitations de certains pays amis, faites-vous allusion à la France ?
Je faisais allusion à certains qui n’arrêtaient pas d’influer sur le processus en cours. Et certains candidats voulaient faire croire que certains pays amis allaient pouvoir les mettre au pouvoir en Guinée. Je crois que là , le holà qui a été mis autour de cela est bien pour tout le monde.
Alors certains médias guinéens ont dit que la France soutenait Alpha Condé, ce qui a été catégoriquement démenti par Paris. Est-ce à cela que vous faisiez allusion ?
Moi je faisais allusion à l’intrusion d’un certain ministre des Affaires étrangères, mais je dis ceci est terminé.
Donc vous visiez Bernard Kouchner ?
Je ne visais personne, ceux qui se sont sentis morveux se sont mouchés.
Si vous ne passez pas le premier tour, qu’est-ce que vous ferez ?
Je suis sûr que je passerai le premier tour.
Propos transcrits par Keïta Mamady de l'Indépendant
Source:RFI |
  Rubrique: Interview  date: 25-Jun-2010 ŕ 11:54:31  Partager:   :  |