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Sahara:"Il faut visiter les camps de Tindouf pour recencer les réfugiés...", préconise Mme Aicha Rah

A l'occasion du Conseil des droits de l'Homme qui se tient actuellement à Genève, le dossier du Sahara continue de préoccuper la communauté internationale.Devant cette crise, Mme Aicha Rahal plaide pour les femmes et les enfants qui sont les premières victimes de ce conflit.Avec son association, elle s'affirme comme une voix pour ces femmes oubliées de Tindouf....
Africaguinee.com : Bonjour Mme Rahal. Présentez-vous à nos lecteurs?
Aicha Rahal :Bonjour ! Je suis une sahraouie marocaine. Je suis née aux Pays bas où j’ai passé presque 14 ans. J’ai terminé mes études à Laayoune, avant de créer dernièrement mon association pour aider les pauvres et appuyer le projet de sa majesté le Roi Mohammed VI sur l’autonomie du Sahara et la régionalisation du pays.
Vous présidez l’association des femmes sahraouies pour la défense de la démocratie et des droits de l’Homme. Parlez-nous de vos activités…
Nous intervenons principalement à Laayoune pour soutenir aussi les enfants. Actuellement, nous avons quatre enfants qui sont à notre charge et qui vont subir des interventions chirurgicales à Las Palmas et Barcelone grâce au soutien de certaines ONG européennes.
A côté de vos activités dans le cadre des droits de l’Homme, qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir le projet d’autonomie du Sahara ?
C’est surtout en réaction aux déclarations faites ici et là en Europe concernant le Sahara. J’ai décidé de montrer que les Sahraouis sont marocains , ceci pour que la vérité triomphe. Dans ce contexte, je souhaite que la société civile nous aide à soutenir les réfugiés sahraouis marocains qui sont à Tindouf et qui vivent dans des conditions critiques.
Avec votre association, vous résidez sur les îles Canaries. Comment réagissez-vous aux multiples déclarations des séparatistes sahraouis qui dénoncent des violations des droits de l’Homme au Maroc ?
Si les droits de l’Homme étaient bafoués dans le sud du Maroc, je n’aurais pas pu créer notre association. Donc la création de cette association, c’est pour montrer que les droits de l’Homme au sud du Maroc sont respectés et il y a des avancées notoires dans tout le royaume. Par conséquent les déclarations des séparatistes sont des allégations.
L’Espagne a une position ambiguë par rapport au Sahara. Récemment le Roi Mohammed VI a nommé Ahmedou Ould Souilem, comme ambassadeur du Maroc à Madrid. Comment réagissez-vous à cette nomination de cet ancien responsable du Polisario ?
Ahmedou Ould Souilem est un grand homme qui a compris et qui est revenu au Maroc. Il a des compétences qui lui permettent de jouer le rôle d’ambassadeur de sa majesté le Roi Mohammed VI. Par cette nomination, le Roi voulait montrer que tous les Marocains y compris les sahraouis de Tindouf ont leur place dans le Royaume.
Vous revendiquez aussi la défense du droit des femmes sahraouis. Comment vous percevez la situation des personnes réfugiées de Tindouf ?
La plupart de ces réfugiés sont de ma tribu. Ils vivent très mal dans ces camps surtout les femmes qui sont obligés d’avoir plusieurs enfants ou de se remarier plusieurs fois. Sans oublier qu’il y a des jeunes filles mineures qui sont mariées de force. Je profite de l’occasion pour remercier les ONG qui soutiennent ces réfugiés marocains à Tindouf grâce aux aides humanitaires. Par contre ces aides n’arrivent pas aux campements, elles sont généralement revendues en Algérie. Il faudrait donc que le HCR, les ONG fassent un contrôle sur la destination de cette aide humanitaire.
Récemment, la haut commissaire aux droits de l’Homme, Mme Navy Pillay a promis de suivre de très près la situation des droits de l’Homme au Sahara. Votre réaction ?
C’est une très bonne nouvelle.Ca me fait plaisir et j’espère que cette promesse sera tenue.
Par rapport aux femmes réfugiées à Tindouf, avez-vous un message pour elles ?
Je leur promets que je vais me battre pour elles. Je voyage dans beaucoup de pays, pour défendre leur cause. Ces femmes ne peuvent pas sortir de ces camps de Tindouf. Dernièrement des réfugiés ont réussi à regagner le sud marocain à Laayoune et ils sont satisfaits des progrès enregistrés dans les provinces du Sud. Beaucoup de réfugiés veulent revenir, mais ils n’ont pas les moyens.
Aujourd’hui, d’après des sources officielles marocaines, près de 8 000 réfugiés sahraouis ont quitté Tindouf pour rejoindre les provinces du sud. Qu’est-ce qui motive selon vous, cet exode massif des sahraouis pour rejoindre les provinces du sud ?
Le retour des ces réfugiés dans leur mère patrie est une preuve flagrante de l’ouverture du Maroc sur les droits de l’Homme notamment dans les provinces du Sud où ces réfugiés pourront en profiter. Ce sont ces droits qui motivent les réfugiés depuis 10 ans à travers le projet d’autonomie qui est une solution pour résoudre ce conflit.
En ce qui concerne l’autonomie, c’est une réalité dans beaucoup de pays occidentaux et le Maroc peut expérimenter cette large autonomie pour les provinces du sud. Elle permet de garder l’unité culturelle des sahraouis sous la souveraineté marocaine.
Un message pour la communauté internationale, à l’occasion du conseil des droits de l’Homme qui se tient actuellement à Genève ?
Je pense qu’il faut soutenir tous les réfugiés marocains qui sont à Tindouf. Les réfugiés qui reviennent au Maroc témoignent qu’ils ont fui par des moyens difficiles, et c’est dangereux pour les femmes et les enfants qui ne peuvent pas fuir ces camps de Tindouf. Je lance donc un appel à la communauté internationale, les ONG des droits de l’Homme pour aider ces réfugiés à quitter librement ces camps. A Tindouf, les familles sont séparées, le père ou la mère ne peuvent pas sortir en même temps avec leurs enfants. Il faut que le HCR interpelle le Polisario sur ce problème, même si l’Algérie ne laisse pas le Polisario agir librement en faveur de ces réfugiés.
Concrètement quelles sont vos attentes vis-à -vis de la communauté internationale ?
Concrètement la communauté internationale, les organisations onusiennes, les ONG doivent faire en sorte que les camps de Tindouf soient visités. Il faut un recensement, parce qu’il n’y a pas que des sahraouis dans ces camps. Il y aussi des ressortissants venus de Mauritanie, du Mali…Je souhaite enfin que la vérité triomphe sur le problème du Sahara. .
Entretien réalisé par Ismaël Barry
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 07-Jun-2010 ŕ 16:47:48  Partager:   :  |
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