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Présidentielle 2010 : la menace Dadis…

La semaine dernière, des manifestants pro-Dadis ont accueilli froidement la délégation de l’Union européenne à N’zérékoré venue “diagnostiquer” le terrain avant les élections. Bien entendu, tous les soupçons ont convergés vers le “convalescent de Ouagadougou” dont la capacité de nuisance est loin d’être terminée. A trois mois des élections présidentielles, les Guinéens, la peur au ventre, craignent le rôle nocif des “saboteurs” de la transition. D’ailleurs en visite à Abidjan chez le “Boulanger” Laurent Gbagbo, le Général Sékouba Konaté n’a pas mâché ses mots avec son homologue ivoirien pour sécuriser leur frontière commune:”Dadis m’appelle tous les jours pour m’assurer de son soutien, alors qu’il finance des groupuscules pour défier l’autorité de l’Etat dans sa région natale” (SIC).Cet aveu du “Tigre” qui règne sur la jungle guinéenne témoigne à suffisance le rôle machiavélique de notre Dadis national depuis Ouagadougou. Cependant, à y voir de très près, plusieurs signes risquent de ramener les Guinéens à leurs démons auxquels ils rêvent de s’affranchir le 27 juin prochain…
Dadis Camara : un “malade” qui peut faire mal…
Acculé à Ouagadougou avec la bénédiction de nos cousins gaulois et les ricains d’Obama, le Capitaine Moussa Dadis Camara a un rêve ultime: retarder les élections pour mieux préparer son retour en Guinée. Dans sa villa de Ouaga 2000, notre Dadis national s’active à tirer les ficelles pour mettre les battons dans les roues du “Tigre” et du gouvernement (fragile) de Jean-Marie Doré .De la mutinerie de Kaléya (où des soldats loyalistes à Dadis ont voulu semer la pagaille) à N’zérékoré, sa ville natale où des nostalgiques rêvent du retour dans le Kibanyi de l’enfant terrible de Koulé, tout est bon pour “saboter” la transition. Et notre Dadis national a ses raisons…
Primo, le retard des élections est la seule clé qui reste au Capitaine Dadis Camara pour retourner en Guinée et éviter …..les quatre murs de la Haye où Taylor est devenu locataire depuis …un moment. En effet, tout porte à croire que le futur président élu aura des comptes à rendre aux victimes des massacres du 28 septembre 2009 dont l’instigateur n’est autre que….Dadis! Sans oublier que la justice internationale attend juste le moment opportun pour « tirer les oreilles » de notre Dadis national. A moins que son “ami” Compaoré le garde encore quelques années, comme c’est le cas du sinistre dictateur tchadien Hussein Habré à Dakar chez Gorgui Wade. Attention… danger !
Secundo, rancunier devant l’éternel, notre Dadis national rêve de retourner à Conakry pour “régler ses comptes” à ceux qui l’ont volontairement “oublié” à Ouagadougou. Dans sa ligne de mire, tous ceux qui ont fait leur “allégeance” au Général Konaté sans oublier nos cousins gaulois (Kouchner qui a toujours blâmé ses crimes depuis décembre 2008).Comme alliés, notre Dadis national peut compter sur les nostalgiques des Dadis Show et les ennemis de la France-Afrique, sans oublier ses fans -fanfarons.Attention…danger !
Grognes internes: des arguments pour notre Dadis national
Ayant frôlé le pire, les Guinéens semblent adorer les situations quasi-dangereuses! A trois mois des élections présidentielles, des crises de tout bord éclatent dans le pays, au risque d’étouffer dans l’oeuf la fragile transition amorcée douloureusement le 15 janvier 2010. Et ces crises sont d’autant redoutables que les Guinéens sont habitués à ces coups de colère, dénoués de tout réalisme!Pourtant, ces grognes risquent de donner raison à notre Dadis national qui n’a pas abdiqué, au contraire !
Primo, l’économie guinéenne qui survit grâce aux recettes minières, est paralysée par les grèves à répétition dans le secteur minier, bancaire etc. Avec des caisses dangereusement vides, le gouvernement de Jean-Marie Doré avait entrepris (dans la douleur) d’augmenter les salaires de nos (paresseux) de la fonction publique de….50 %!En voulant éviter une grogne suite à une (légère) augmentation du prix du carburant, le gouvernement de Doré a ouvert la boîte de pandores:Désormais, les travailleurs venant du secteur privé veulent aussi leur part du gâteau. Tanpis si leurs entreprises sont dans une “période difficile”, ils réclament du Cash!Ainsi dans nos banques et assurances, la colère gronde tout comme dans le secteur des mines. D’ailleurs, depuis plusieurs jours, aucune banque ne veut lever les rideaux. Dans le secteur minier, l’usine d’alumine de Fria est devenue une épine dans le pied gouvernemental. Même nos “amis” Russes sont fâchés et espèrent que les autorités guinéennes vont trouver une solution rapide à ce problème, car "Moscou suit attentivement l'évolution de la situation dans les entreprises de la compagnie Rusal en Guinée, où une tentative d'usurpation de l'usine d'alumine de RusAl-Friguia par des extrémistes a été perpétrée",prévient le ministère russe des Affaires étrangères, dans un communiqué. Occupé à éteindre ces “incendies” le gouvernement Doré risque d’être dépassé par les évènements et ….reporter les élections!Pendant ce temps, notre Dadis national jubile. Attention…danger !
Secundo, le mauvais travail dans le recensement des électeurs fait grincer des dents. A l’extérieur du pays, moins de 20% des guinéens en âge de voter ont été “fichés” sur les listes électorales .En Guinée, le (grincheux) Alpha Condé n’est pas content de la CENI:” Il y a une telle pagaille sur les listes électorales qu’on se demande si ce n’est pas fait volontairement. Il y a des noms qui ont disparu. Si vous prenez la haute Guinée, il y a plus de 27% des électeurs inscrits qui ont disparus. A Siguiri par exemple il y a près de 60.000”, dénonce le leader du RPG qui craint le syndrome ivoirien avec un éternel report des élections. Bon, comment soigner ce mal lié au recensement, sans pour autant reporter les élections? Terrible équation à laquelle la CENI, le MATAP devront répondre .Mais le manque de professionnalisme (la mauvaise foi surtout) de nos “recenseurs” étouffe tout espoir que tout le monde soit inscrit. Cyniquement, des “électeurs” seront donc sacrifiés, si la date du 27 juin devra être respectée. Car sur ce terrain glissant, la moindre erreur peut conduire à des troubles et donc à un statu quo. Pendant ce temps, notre Dadis national jubile. Attention…danger !
Tertio, le projet de consitution guinéenne risque de faire jaser beaucoup de monde.Et les sujets de discorde ne manquent pas: critères d'éligibilité, pouvoirs du président, création de nouveaux organes comme la cour constitutionnelle, bref tout est bon pour.....causer, débattre et...perdre du temps, au risque de reporter les élections.Si le Général Konaté, semble "pressé" de rendre le Kibanyi, quelle sera sa réaction (sous la loupe de son entourage), quand à la réduction du pouvoir présidentiel?Autre hic, quand sera t-il de l'engagement de nos futurs "boss" de déclarer leurs biens avant de prendre fonction?Sans oublier Jean-Marie Doré, capable à tout moment de jouer de vilains tours!Ca va jaser et les discussions interminables sur la constitution risquent de freiner inévitablement, les élections!Pendant ce temps, Dadis jubile.Attention...danger!
Finalement, les Guinéens retiennent leur souffle. Le bout du tunnel est presque atteint mais les menaces, comme des vautours continuent de planer dans le ciel politique en Guinée. Depuis Ouagadougou, notre Dadis national rêve de rentrer au bercail et les multiples crises à répétition risquent d’entraver dangereusement la fragile transition. Si Dadis veut gagner du temps (ou un sursis) grâce au report des élections, les revendications (électorales), les grèves , un débat (interminable)sur la constituion, risquent de porter un coup fatal au fragile équilibre socio-politique dans le pays. D’ailleurs, Mamadi Kaba de la RADDHO a tiré récemment la sonnette d’alarme: "Nous conseillons vivement la tenue du premier tour de l'élection présidentielle à la date prévue parce que (...) des élections imparfaites sont beaucoup mieux qu'un retard; ce qui pourrait accroître l'incertitude quant à l'issue de la transition".
Pour le “Tigre”, la menace est bien réelle comme il l’avoue lui même devant la communauté guinéenne à Abidjan le 16 avril dernier. "J’appelle ceux de nos compatriotes qui voudraient entraver la marche de l’histoire de notre pays et à torpiller le processus de la transition à se ressaisir pendant qu’il en est encore temps "(SIC).Autant dire que les Guinéens sont maîtres de leur destin, à condition bien sûr de vouloir organiser des élections libres et transparentes à la date prévue.. Heureusement, un bon exemple est venu de Bamako où le président Amadou Toumani Touré a promis de rendre tablier en 2012, car selon lui:”Après le pouvoir, il y a la vie!”.A Conakry, le Général Konaté est sur la bonne voie, mais le chemin est parsemé d’embûches d’ici le 27 juin. Avec prudence, les Guinéens vont peut-être imiter leurs cousins maliens, devenus en 20 ans, les champions de l’alternance dans la démocratie !Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine!
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 21-Apr-2010 ŕ 16:53:44  Partager:   :  |
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