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Transition : Vers une sortie de crise?

Ah qu’il est difficile d’être optimiste en Guinée ! Pour une fois, après moult frayeurs, les Guinéens sont très proches du changement tant attendu. Bien sûr, les aigris et les vautours de la République n’ont pas dit leur dernier mot. Pourtant, en jetant un coup d’œil sur la nouvelle donne de la transition, quelques maigres espoirs subsistent. Voyons de plus près certains signes qui annoncent la « bonne nouvelle » pour les Guinéens…
Présidence : Un « cadeau empoisonné » pour le Général Sékouba Konaté
Depuis le 15 janvier dernier, le Général Sékouba Konaté est sorti de sa réserve pour "sauver" la maison commune. Après les nombreuses gaffes de notre Dadis national, c’est son fidèle « ami » Sékouba Konaté qui est appelé à la rescousse pour prendre la « patate chaude » laissée par Dadis : le pouvoir de transition. Contrairement à son alter ego, le Général Sékouba Konaté considère la gestion du pouvoir de transition comme « un cadeau empoisonné ».Et il n’a pas tout à fait tort, car notre « Tigre » a quelques soucis…
Primo, la gestion de cette transition est une énorme corvée pour le « Tigre » Konaté. Malade (les mauvaises langues affirment qu’il souffre d’une maladie du foie) le Général Konaté n’a plus le temps de faire ses « visites » au Maroc. Dieu sait que les six mois seront durs à tenir, mais un voyage à l’extérieur suscite des risques connus par le « Tigre » qui connaît mieux la jungle que représente l’armée guinéenne. En plus, les « Pros Dadis » le surveillent comme du lait sur le feu. A la moindre erreur….devinez la suite ! Autant donc se débarrasser rapidement de ce cadeau empoisonné offert par notre Dadis national. Pourvu que ça dure...
Secundo, suite à la pression internationale, le Tigre a accepté de devenir « l’agneau du sacrefice » pour ses frères d’armes. Eh oui, nos cousins gaulois, les Ricains, et tous « ceux qui nous donnent à manger » refusent de mettre la main à la poche si notre Dadis national foule le sol de Conakry. En ces temps de disette, le Tigre a donc choisi le Kibanyi présidentiel pour six mois, histoire de récolter des sous indispensables pour payer les soldes de ses « frères d’armes » très excités. Dimanche, le Général Konaté a une nouvelle fois rappelé que nos soldats doivent rentrer dans les casernes et laisser leur place aux civils. Sinon, pas de soldes et vive la pagaille ! Cette tâche ingrate, notre Tigre souhaiterai l’abréger le plus vite possible en rendant le pouvoir, malgré les conseils de certains vautours venus jeudi depuis Kaloum pour « bénir » le Tigre. Pourvu que ça dure…
Tertio, en bon soldat, notre Tigre est conscient que ses « ennemis » pullulent à Conakry notamment dans le cercle des vautours ( Pro-Dadis, anciens dignitaires des régimes précédents etc.) qui rêvent de le faire chuter rapidement de son Kibanyi et garder le statu quo. Perçu comme un « traître » par les vautours de la République, le Général Konaté a en effet bloqué beaucoup d’intérêts égoïstes de tous ceux qui sucent les recettes de l’Etat et ….le sang de leurs compatriotes tués en toute impunité. Seulement voilà , le destin tragique de notre Dadis national lui a permit de tirer les leçons sur tous les opportunistes qui rodent autour du Chef, et qui l’entraînent inexorablement vers la chute. Autant donc faire vite et rendre ce pouvoir « empoisonné » hérité de notre Dadis national. Pourvu que ça dure…
Organes de la transition : l’adversité dans la diversité

Ils avaient rêvé d’institutions libres et indépendantes. Eh bien, les Guinéens sont (presque) servis avec la nomination de la syndicaliste Hadja Rabiatou Sérah Diallo, à la tête du conseil national de transition. Avec ses deux lieutenants (en soutane)Monseigneur Albert Guillaume Gomez de l’église anglicane , (en djellaba) Elhadj Mamadou Saliou Sylla de l’ancienne ligue islamique nationale, Hadja Rabiatou Sérah Diallo devrait apporter une bouffée d’oxygène dans l’équilibre des pouvoirs dans notre pays. Certains signes nous montrent que le CNT dont la mission principale reste la révision de la constitution, devrait bénéficier d’une marge de manœuvre utile pour sauver la transition.
Primo, au niveau de la présidence, le Général Konaté a d’autres chats à fouetter. Avec une armée aussi indisciplinée que dangereuse, notre Tigre a choisi de s’occuper de « son domaine » pour laisser aux civils la gestion des affaires courantes. Une première, quand on sait l’omniprésence de notre Dadis national qui était devenu le « sel » pour toutes les sauces guinéennes. Avec l’appui de la communauté internationale, notre Tigre va donc s’occuper de la restructuration de l’armée guinéenne qui est l’une des missions principales de la transition. La question des élections sera donc réglée par les civils. Cet « oubli » de la présidence est donc perçue comme un gage d’indépendance pour le CNT, la Commission électorale nationale indépendante (CENI)et le gouvernement de Jean-Marie Doré. Pourvu que ça dure…
Secundo, le premier ministre Jean-Marie Doré et Hadja Rabiatou Sérah Diallo sont « de vieux amis » qui se connaissent. Nos deux personnalités incarnent en effet, la rivalité profonde entre deux acteurs clés de l’opposition :les partis politiques et les syndicats. Cette rivalité remonte à 2007, lorsque les mouvements syndicaux avaient déclenché une grève générale et imposé un premier ministre de consensus (Lansana Kouyaté) au vieux Général Conté, alors au crépuscule de son régime. Une « ingérence » mal digérée par les leaders politiques qui apprécient peu le rôle des syndicats dans l’arène politique. Bien sûr, en 2009, c’est autour des leaders politiques de convoquer une manifestation, réprimée dans le sang par notre Dadis national. Finalement, syndicats et partis politiques s’unissent au sein des « Forces vives »contre notre Dadis national pour bouter son régime moribond, avec pour porte paroles :Hadja Rabiatou Sérah Diallo et Jean-Marie Doré. Sauf que les querelles intestines ont refait surface dès le départ de Dadis, où syndicats et partis politiques ont multiplié chacun des coups bas pour occuper le fauteuil de la primature promis par les accords de Ouagadougou. Déclaré « vainqueur » de cette bataille fratricide, Jean-Marie Doré (et certains leaders politiques)a multiplié tractations pour écarter les syndicats du poste stratégique , celui du département chargé de l’administration du territoire et des affaires politiques.Le fameux "MATAP" qui suscite beaucoup de convoitises. Sauf que pour trancher cette querelle intestine, le Tigre a griffé un décret nommant Hadja Rabiatou Sérah Diallo à la tête du CNT. Une nomination qui annonce de belles batailles en perspectives, avec un contrôle réciproque entre le gouvernement et le CNT. Et c’est tant mieux pour la démocratie !Pourvu que ça dure…
Tertio, la commission électorale nationale indépendante (CENI) a presque fini ses travaux. Certes son président Ben Sékou Sylla est loin de faire l’unanimité, mais le soutien financier de la communauté internationale, devrait garantir l'indépendance de la CENI vis-à -vis du gouvernement et….des partis politiques. Traditionnellement, la CENI a toujours été une machine au service du pouvoir en place, sauf que si les accords de Ouaga sont respectés, aucun dirigeant actuel de la transition ne sera candidat. Un gage supplémentaire pour rester optimiste, en priant pour que la « donne ethnique « ne vienne pas troubler les esprits au sein des membres de la CENI, même si des observateurs internationaux sont attendus lors de ces élections. Pourvu que ça dure…
En définitive, la transition avance lentement certes mais dans la bonne direction. Les Guinéens vont peut-être goûter enfin aux « délices » de la démocratie comme leurs voisins du Mali, Ghana, du Bénin, trois « bons élèves » en matière d’alternance et de démocratie. Dans ces trois pays, des « agneaux » se sont sacrifiés pour leurs peuples:Jerry John Rawlings(Ghana), Amadou Toumani Touré( Mali) et Mattieu Kérékou (Bénin).En Guinée,le « Tigre » Konaté semble être sur la bonne voie. Mais dans notre pays, où les promesses de nos chefs brillent comme les feux de pailles, il y a de quoi rester prudent. La bataille est donc loin d’être gagnée, au contraire ! Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 15-Feb-2010 ŕ 14:47:47  Partager:   :  |
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