 |
| Detail de la News |
Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères:"Je fais confiance au Général Konaté, ma

Actuellement en tournée sur le continent africain, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner a réagit positivement au discours du Général Sékouba Konaté.Pour le chef de la diplomatie française, l'espoir est permit avec le nouvel homme fort de la Guinée, même si la prudence est de mise du côté de Paris, face à la crise guinéenne.Il livre ses réactions au micro de nos confrères de RFI...
RFI:M. le ministre bonjour!Quelle est votre première réaction au discours du Général Sékouba Konaté
Bernard Kouchner
C’est une bonne surprise. Une bonne surprise pour les Guinéens. Un gouvernement de transition, un mélange imprécis mais très important entre la société civile et les politiques ou les militaires, des élections prévues et surtout après de longues années de souffrances, et ce dernier massacre insupportable ( le 28 septembre dernier à Conakry, Ndlr), une réaction de la communauté internationale qui fait plaisir. Une communauté internationale qui a je crois été bien sollicitée par la France. Mais sans les Guinéens, sans les forces vives, sans les syndicats, sans cette réaction de l’Afrique, d’abord de l’Union Africaine, de la CEDEAO, du Président Compaoré , sans la réaction de l’Union européenne, du Secrétaire générale des Nations Unies et même de la Cour pénale internationale, c'est-à -dire une unanimité après un massacre qui est d’habitude vite oublié. Jamais les massacres n’avaient atteint ce degré d’horreur, surtout tourné vers les femmes. D’habitude on tente de vite d’oublier, faire comme si de rien n’était ; et bien cette fois ci ça n’a pas marché. Et honnêtement c’est une très bonne surprise pour les Guinéens.
Qu’est ce qui a convaincu le Général Konaté de prendre ses responsabilités ?
Il hésitait beaucoup .Je ne peux pas parler à sa place. Il était ministre de la défense, chef de l’armée et autour de lui, des gens très violents faisaient régner un climat très difficile à supporter. Je comprends qu’il ai hésité, il était lui-même d’ailleurs comme membre du gouvernement, mis en question. La formidable réaction des Nations unies avec l’envoi de M. Mohamed Bendjaoui et des deux africaines (membres de la commission d’enquête internationale sur les massacres du 28 septembre, Ndlr) qui n’ont pas accepté ce massacre, mettait en cause l’ensemble du gouvernement. Je comprend qu’il ai hésité, mais il a fait son devoir, il faut le remercier.Ca devrait pas être facile et ça ne sera pas facile, parce que c’est pas fini, mais nous verrons bien.
Quand Moussa Dadis Camara avait pris le pouvoir, il y a un an, il avait suscité beaucoup d’espoirs, il avait promis de ne pas se présenter et on a vu les résultats. Est-ce que vous ne craignez pas la même chose se reproduise?
Je ne crains rien, je continue, je ne suis pas guinéen. Mais je crains pour les Guinéens. Et c’est vrai nous avons été tous, je ne dirai pas trompés mais ce sont les Guinéens qui étaient heureux que la dictature de Lansana Conté cesse et qu’un jeune Capitaine prenne le pouvoir en promettant de ne pas se présenter aux élections, donc c’était parfait et ce sont les Guinéens qui nous ont dicté notre conduite. Les partis politiques, les syndicats avaient dit que c’est une période formidable, maintenant on va vers les élections.
Et vous ne craignez pas que Sékouba Konaté reproduise la même chose ?
Je ne crains rien, sinon je serai resté inerte. Jusqu’au discours de Sékouba Konaté,je craignais pour les Guinéens, je craignais un retour et une guerre civile…
Et vous lui faites confiance ?
Oui…Je suis obligé de lui faire confiance. Je pense que c’est un effort terrible qu’il a accompli sur lui-même et que les Guinéens lui sauront gré. On verra bien la réaction populaire, comment vont s’organiser les élections dans des difficultés sans doute…mais on verra bien, je pense que ce n’est pas fini, mais c’est une très bonne surprise. Je suis très heureux pour eux !
Et vous ne souhaitez pas qu’il se présente à ces élections …
Il y a un dispositif dans la proposition du Président Compaoré qui prévoit comme la Mauritanie, que ceux qui veulent se présenter aux élections (…) doivent quitter le gouvernement de transition quatre mois avant comme ça été le cas en Mauritanie, où là aussi nous avons hésité, mais finalement je crois que nous avons eu raison, les choses ne se déroulent pas toujours pour le pire…
Interview réalisée par Christophe Boisbouviers
Source :RFI
|
  Rubrique: Interview  date: 07-Jan-2010 ŕ 13:54:04  Partager:   :  |
|
|
|
The Nun'S copyright -- design by Nun'S