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Friguia : corruption, compromission et…galère !





« Escroc international ! », ça vous dit ? C’est par cette fameuse phrase que le président Dadis, on se rappelle, avait qualifié Anatoly Pantchenko, ancien représentant de RUSAL en Guinée. Quand les travailleurs de l’usine de Friguia étaient venus parler de leur problème au capitaine à l’époque tout nouveau, tout chaud.

Dadis en traitant Pantchenko entre autres d’escroc avait forcé l’admiration des ouvriers de Friguia qui, il faut le dire vivent la présence de Rusal à Fria comme un cauchemar interminable. « Les russes nous prennent pour des moutons. Ils n’ont aucune expertise mais sont plus payés et entretenus que nous. Nous croupissons sous la galère. Et pire, ils amènent des interprètes russes qu’ils transforment en chefs de services au bout de quelques mois », a témoigné un agent de l’usine.

La rencontre très mouvementée entre Dadis et l’ex représentant de Rusal était perçue comme une délivrance. Mais depuis, de l’eau a coulé sous le pont et les espoirs des travailleurs avec. Entre temps, Pantchenko a démissionné de Rusal, le gouvernement guinéen a nationalisé le patrimoine de Friguia, etc., mais le problème des travailleurs est resté. Il s’est même empiré.

On se rappelle que les travailleurs étaient allés chez Dadis pour revendiquer un salaire décent à l’image des autres compagnies minières comme la CBG, la SAG, Ciments de Guinée, etc. Un travailleur de CBG est au moins deux fois plus payé que celui de Friguia. Le paradoxe est enivrant. Friguia produit de l’alumine. C'est-à-dire transforme la bauxite (la terre rouge) en alumine (poudre blanche). Cependant la CBG ne conditionne que la bauxite pour l’exporter. La chance de la CBG c’est d’être avec les géants des métaux : Rio Tinto et Alcoa (Australie et USA). Le malheur de Friguia c’est d’être avec un minuscule : Rusal. Et un syndicat corrompu jusque dans la moelle des eaux.

Tenez : ce mois de novembre a été choisi par le syndicat et la direction pour ouvrir des négociations sur le salaire. Contre toute attente, la direction a renvoyée ces négociations pour le mois de janvier sous prétexte qu’il y a encore la crise. Avec les tractations entre préfecture, syndicat et russes, la date a été finalement fixée pour le 10 décembre. En réalité, le syndicat n’a pas eu trop le choix. Parce que corrompu jusque dans la moelle des eaux. Selon les indiscrétions après les dernières négociations, la direction lui a payé rubis sur l’ongle : 30 millions dont 20 pour le syndicat de Fria et 10 pour le port. Ajouté à cela un million pour chacun des membres qui a participé à cette négociation. Comme quoi, on ne s’attend pas à grand-chose des négociations qui vont bientôt s’ouvrir.

Ici, c’est devenu une tradition. Les syndicalistes mettent leurs poches pleines laissant vides celles des travailleurs qui ont voté pour eux. Qui a dit que dans la première usine d’alumine en terre africaine pour être riche il n’y a pas mille chemins à parcourir…il faut juste être syndicaliste ?

Mamadou Camara
Pour Africaguinee.com



  Rubrique: Economie  date: 23-Nov-2009 ŕ 13:25:57  Partager:   :

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