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| [IMG1]Le 12 avril 2007, le gouvernement guinéen annonce sa volonté de procéder à la révision de toutes les conventions minières pour « défendre les intérêts du pays ». La place accordée à cette nouvelle par la presse nationale et internationale témoigne de l’importance de cette décision pour la Guinée comme pour ses partenaires internationaux. La nouvelle équipe gouvernementale dirigée par un premier ministre de consensus affiche une détermination bienvenue. Toutefois cette décision appelle des précisions de nos responsables politiques quant à sa mise en oeuvre. En effet, moins d’une semaine après cette annonce, la confusion s’est installée au sujet des modalités et du calendrier de révision des conventions. Un audit préalable La décision prise par le gouvernement était attendue de longue date par le peuple guinéen. Bien que les revenus provenant des ressources minières constituent la première source de revenus de l’économie nationale ce secteur est peu connu de l’opinion publique. Les données existantes sont éparses et incomplètes; les responsables politiques ne rendent pas publics leurs arbitrages. Ceci plaide en faveur d’un audit du secteur minier qui l’évaluerait sous ses aspects fiscal, juridique, minier, économique, social et environnemental. Ce travail permettrait de disposer de données fondamentales pour se prononcer, telles qu’une liste exhaustive des conventions minières précisant les conditions de leur délivrance ou une étude du régime légal applicable et de son bien fondé par rapport à ceux en vigueur dans des pays disposant d’importantes ressources minières. Une concertation nationale De plus, nous recommandons au gouvernement de ne pas discuter plus avant avec les compagnies minières sans s’assurer de l’appui du peuple de Guinée et de ses représentants. La quasi-totalité des observateurs notent que ce secteur pâtit d’une mauvaise gouvernance. Or, la gouvernance n’est pas le monopole du gouvernement. C’est pourquoi la révision des conventions minières ne devrait pas être envisagée sans consulter au préalable un large spectre de parties prenantes (employés des groupes miniers, opérateurs économiques, populations riveraines des mines…). Une évaluation uniquement technicienne pècherait par manque de pédagogie. Elle serait également une opportunité perdue de rendre la parole aux guinéens qui ont rendu la nomination de ce gouvernement possible grâce à leur détermination. Par ce biais, on porterait à la connaissance du plus grand nombre les données de base du secteur et on responsabiliserait les citoyens en développant un exercice original de démocratie participative. Cet exercice de démocratie apporterait des gains politiques et symboliques sans commune mesure avec ses coûts. De fait, le choix d’une approche reposant sur une large consultation initiée par le gouvernement et menée par une instance neutre aurait l’avantage combiné de susciter l’approbation des citoyens et d’envoyer un signal fort aux partenaires internationaux quant à la résolution de la Guinée à changer de gouvernance. Elargir le débat, arrêter un calendrier et une méthode de consultation de la société civile et des citoyens permettraient en outre de ne pas voir ce dossier clé pris en otage par des divergences d’interprétation entre le gouvernement et l’assemblée ou des considérations politiciennes. Enfin, initier un large dialogue national sur une question fondamentale pour le développement de notre pays à un tournant de son histoire convaincra sans doute nos bailleurs de fonds - qui sont les avocats inlassables d’une transparence accrue ainsi que de la contribution de la société civile à la gouvernance- de l’émergence d’une nouvelle ère en Guinée. Mamadou Diallo et Yacine Diallo Pour Africaguinee.com .diallo |
|   Rubrique: Dossier du Jour  date: 21-Apr-2007 ŕ 13:58:41  Partager: |
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