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Crise: Où sont passés les sages du CNDD?





Ils s’étaient relayés au QG de la junte pour soutenir le chef du CNDD. Ils étaient repartis avec des billets de banque, certains priant pour le bon donateur. Voilà maintenant le bateau ... ivre qui prend l’eau, devant leurs yeux insidieux. Mais personne ne pipe mot.

Ils ? Ce sont bien ces nombreux sages ou de ce qui y ressemblent, venus au lendemain de la prise du pouvoir, faire des salamalecs et autres génuflexions pour saluer leur ‘’fils prodige’’ et l’encourager. Quoi de plus normal si l’homme pour lequel ils manoeuvraient était resté derrière sa parole, donc bannissant tous mouvements de soutien !

Ces sages-là étaient issus faut-il le rappeler, des quatre régions naturelles. Ils avaient abandonné champs et familles pour venir soutenir un homme inconnu, mais bien connu pour ses découles qui ont depuis, franchi l’Atlantique. Tous aujourd’hui repartis, personne ne pense - en ces jours difficiles - peut être à revenir pour convaincre l’homme fort de Conakry de libérer le plancher et d’engager des poursuites dignes contre les tueurs du 28 septembre et leurs commanditaires (il n’en sortira que grandi). Le tout sans langue de bois. Comme ils savent bien le faire lorsqu’il était question de comparer par exemple Dadis à Moise. Iskin !

Ces mêmes sages ont même contribué à cultiver la médiocrité, le jeu de prolongation dans la gestion des affaires publiques et à entretenir la haine ou la méfiance.

Et c’est comme cela, n’ayant aucun avenir à défendre, que de souvenirs à ressasser, ils ont poussé Lansana Conté à s’éterniser au pouvoir Koudaye. Pour l’accompagner dans sa fuite en avant, de la Fatiha à la pelle, sans discontinuer et dans toutes les mosquées. Pendant ce temps, les souris investies de la confiance du chef de l’Etat, piquent tout ce qui leur tombe entre les mains. Manque de lucidité aidant.

Puis vint l’invalidité de gouverner et alors s’installe le capharnaüm administratif rampant. Al faaatiha, s’égosiait-on encore dans les mosquées du pays. Mais cette fois-ci pour la santé du président gagné par des maladies. Mais, plus rien ne pouvait arrêter le cours des choses. Il fallait passer alors l’arme à gauche. La suite, chacun la connaît. Conté est donc parti, Dadis est arrivé.

Les mêmes sages ‘’alimentaires’’ reviennent à la charge. Qui a dit que l’assassin revient toujours sur son lieu de crime ? Avec cet autre homme, ce qui est frappant, on joue avec la Bible et le Coran. Sans aucune pureté corporelle et spirituelle.

Dans aucune mosquée, en effet, on évoque le départ du chef de la junte, au nom de la paix, de la stabilité et de la quiétude sociale. On se limite à quelques rares fois dans certaines maisons de Dieu, à flétrir des tares, sans jamais les nommer. Les autres groupes de sages qui se relayaient sont restés dans leurs coins, en train de lorgner, se voulant incognito.

En observant cyniquement les principaux acteurs du ring, avec un évident départ de feu. Qui avait dit que les Imams lui font honte et l’autre d’ajouter qu’il avait honte d’être musulman ? Une position qui a déclenché de fait une tempête d’indignation dans les milieux islamiques et même politiques. Vénérés sages de Guinée, dites-nous alors ce que l’Islam dit dans pareille circonstance. Et si l’Islam dit de quitter son village pour venir s’agenouiller et saluer le chef, certainement, il dit aussi que si le chef et ses courtisans sont dans la dérive, ils peuvent être interpellés, voire se faire taper le petit doigt. Vous devez réagir pour ne pas être encore comptables demain de dérives sociales et politiques. Vous l’êtes déjà avec le régime défunt. Et l’Histoire le retient. Chacun de vous a été vu à l’œuvre...

Du côté de l’Eglise, la prise de position ne souffre d’aucune confusion. Pour rappel, lorsque Alpha Condé a été arrêté, à Piné, seul Mgr Robert Sarah avait réagi à l’endroit du président paysan. « Je vous pris humblement, M. le président, libérez le Pr. Alpha Condé... » Les Imams se sont illustrés à l’époque par leur indifférence. C’est comme si l’histoire se rejetait, des décennies après. En fait, suite aux massacres et les conséquences qui en ont découlé l'archevêque de Conakry Mgr Vincent Koulibaly est sorti de sa réserve: « Il y a des politiciens qui ont trahi leur nation et ont mis leur pays aux enchères, des opérateurs économiques voraces qui détruisent tout sur leur passage. » Et d’ajouter en substance : « Ne plus recourir à la guerre et d’établir un code de bonne conduite entre ceux qui gèrent le pays et ceux qui cherchent le pouvoir. » Certes, cette position du religieux ne saurait être appréciée par certains, mais, elle vaut mieux que celle qui n’a jamais été définie par les nombreux sages qui infestaient le QG de la junte. C’est dire qu’on attend encore la réaction des Imams et des sages à propos de la situation sociopolitique de la Guinée, notre pays, notre patrie.

Fodé SOW
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Coup de gueule  date: 16-Nov-2009 à 15:45:16  Partager:   :

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