
Le ministre guinéen du contrÎle d'Etat,Alhassane Onipogui a déclaré récemment que le chef de la junte , Capitaine Moussa Dadis Camara sera remplacé par un autre militaire, s'il quitte le pouvoir.Dans une interivew, ce proche du numéro un de la junte guinéenne a estimé que le massacre du 28 septembre dernier, est une "manipulation de l'opposition"....
20MINUTES.fr :Le 28 septembre dernier, 150 opposants au régime ont été tués lors d'une manifestation. La junte a été directement mise en cause. Comment expliquez-vous un tel drame?
Al-hassane Onipogui :Cette histoire du stade est une manipulation de l'opposition qui veut donner l'image d'un massacre organisĂ©. Il faut attendre que l'enquĂȘte soit terminĂ©e pour savoir ce qu'il s'est passĂ© exactement et attribuer quelconques responsabilitĂ©s. Nous dĂ©plorons ces morts Ă©videmment. Il faut savoir qu'il n'y en a pas eu 150, comme cela a Ă©tĂ© dit dans la presse occidentale, mais 58. Les chiffres ont Ă©tĂ© gonflĂ©s. Enfin, il faut savoir que cette manifestation Ă©tait interdite, il y a donc eu violation de la loi. Mais l'opposition a tout de mĂȘme voulu qu'elle se dĂ©roule sachant qu'il pouvait y avoir des dĂ©bordements.
Bernard Kouchner estime qu'«on ne peut plus travailler» avec Dadis Camara. L'union Européenne et l'Union africaine ont décidé de prendre des sanctions. Que répondez-vous?
On ne comprend pas l'attitude de l'Union europĂ©enne. Si ces dĂ©cisions sont prises en rĂ©action Ă la rĂ©pression du stade, alors je dis que cela revient Ă mettre la charrue avant les bĆufs. LâarrivĂ©e de la junte au pouvoir a permis d'Ă©viter la guerre civile en GuinĂ©e. Certes, c'est la junte militaire qui a pris le pouvoir, mais si ça n'avait pas Ă©tĂ© Dadis, ça aurait Ă©tĂ© un autre militaire. Aujourd'hui, s'il quitte le pouvoir, c'est un autre militaire qui le remplacera.
Dadis Camara avait promis, lors de son coup d'Etat en dĂ©cembre 2008, de ne pas ĂȘtre candidat Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle. AprĂšs neuf mois passĂ© au pouvoir, il n'a pas Ă©cartĂ© la possibilitĂ© de se prĂ©senter. Ne manque-t-il pas Ă ses promesses?
Oui, il avait dit qu'il ne se prĂ©senterait pas, mais si le peuple le veut, je ne comprends pas oĂč est le problĂšme. Dadis a une lĂ©gitimitĂ© auprĂšs du peuple. Tous les Ă©lus locaux veulent qu'il soit candidat. Et en ce qui concerne les candidats de l'opposition, la plupart sont empĂȘtrĂ©s dans des scandales financiers et devraient aller en prison.
Maud Descamps
Source :20minutes.fr
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  Rubrique: Interview  date: 30-Oct-2009 à 18:36:10  Partager:   :  |